OUAGADOUGOU (SIWEL) — Blaise Compaoré a été chassé par la jeunesse burkinabé le 31 octobre. A Ouagadougou, la place de la Nation est redevenue la place de la Révolution…comme l’avait baptisée Thomas Sankara. Certes les manifestants de Ouagadougou, sont trop jeunes pour avoir connu celui dont l’assassinat, en 1987, porta au pouvoir le « frère Blaise ». Mais 27 ans après sa mort, l’ombre de Sankara plane sur la chute de celui par qui est venue la mort et qui ne devra sa pitoyable fuite qu’à ses protecteurs de la Françafrique. Ce sont ces derniers qui lui ont assuré une exfiltration « sans drame » vers la Côte d’ivoire, pour le mettre à l’abri de la fureur populaire chez Alassan Ouattara, un autre exemplaire de leurs pions africains .

 

Les manifestants burkinabés qui ont chassé Blaise Compaoré sont trop jeunes pour avoir connu Thomas Sankara mais c’est bien l’ombre de l’homme intègre du Burkina, celui dont la devise était « la patrie ou la mort », qui planait sur la chute du « frère Blaise ». Celui-ci a été chassé comme un vulgaire malfaiteur par une jeunesse en furie se réclamant de l’héritage de Sankara, brandissant son portrait et reprenant à son compte le slogan de « la patrie ou la mort !».

De son sanglant accès au pouvoir à sa fuite « sans drame », Blaise Compaoré doit tout à la France. C’est à la France que le « frère Blaise » devra son exfiltration du Burkina Faso chez son doublon de la Côte d’Ivoire, son camarade Alassane Ouattara. Et, effectivement, après avoir soutenu le contraire, François Hollande revient sur sa première version et reconnait finalement que la France avait bien aidé à évacuer…« sans drame » le président Blaise Compaoré. Après tout, la France devait bien ça à celui qui a débarrassé la Françafrique de la révolution burkinabé, liquidé Thomas Sankara et « rectifié » la politique sankariste pour ramener le Burkina dans le "bienveillant" giron de la Françafrique.

Les efforts de Blaise Compaoré pour effacer la mémoire de Sankara ont échoué et l’héritage du révolutionnaire africain reste vivant, la preuve en est que les manifestations qui ont déchu Compaoré arboraient les portraits et les slogans de Sankara. Mais, la chute de Compaoré permettra-t-elle pour autant de faire éclater la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara ?

Si les chances de faire éclater cette vérité ont peu de chance d’aboutir, il n’en demeurera pas moins que Blaise Compaoré restera à jamais frappé du sceau de l’infamie, celui du crime et de la trahison, tandis que Thomas Sankara, restera à jamais synonyme d’intégrité, d’honneur et de dignité. Le synonyme d’un espoir africain qui, en seulement 4 ans de règne, aura fait parvenir son pays à l’auto-suffisance alimentaire en tournant le dos à la Françafrique…Thomas Sankara l’aura payé de sa vie mais il reste vivant dans la mémoire africaine.

mel,
SIWEL 101544 NOV 14

PIÈCE JOINTE : Voir cette vidéo édifiante qui mets en scène les rôles de Thomas Sankara, de la France et de Blaise Compaoré. La vidéo est intitulée « Le film de l’assassinat de Thomas Sankara par Blaise Compaoré »

https://www.youtube.com/watch?v=XHp-hz8Xn2Q https://www.youtube.com/watch?v=XHp-hz8Xn2Q

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