PARIS (SIWEL) — Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, l’une des 130 victimes des attentats islamo-terroristes de Paris le 13 novembre dernier, était elevée dans une famille mixte par une mère française d’origine kabyle et un père juif marocain, Hélène avait, comme son frère Jonathan et sa sœur Zahra, « la tolérance dans le sang ».

 

Après les attentats de janvier, à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher, « elle avait fait le tour de tous les sites pour y déposer une fleur » avant de manifester en famille le 11 janvier.

Des lèvres rouges. Très rouges. Ainsi surgissait Hélène Muyal-Leiris. A 35 ans, elle était « très coquette, très élégante », raconte Zahra Muyal, sa sœur aînée. « La plus belle femme du monde », telle que l’a immortalisée Antoine Leiris, son mari et père de son fils, auteur de « Vous n’aurez pas ma haine », lettre aux terroristes qui a fait le tour du monde.

Une distinction qui était « tout sauf superficielle », précise son aînée. Comme souvent le sont les sœurs, Hélène était Zahra « en mieux » : « plus généreuse, plus loufoque, plus artistique », dotée d’un « grand sens de la repartie ». De l’élégance qui la caractérisait, Hélène Muyal-Leiris avait fait son métier. Maquilleuse-coiffeuse pour des photographes ou pour le cinéma, elle transformait les visages.

« Elle a été fauchée dans un moment de plénitude », observe Zahra Muyal. « Elle avait réussi à régler certaines choses et semblait avoir plus confiance en elle. » « Elle était heureuse dans sa vie de femme, dans sa vie amoureuse, et de maman d’un petit garçon de 17 mois, qu’elle adorait. » Lui non plus, promet son père, les terroristes n’auront pas sa haine.

"Vous n’aurez pas ma haine", c’est la réponse d’Antoine Leiris aux terroristes qui ont volé la vie de son épouse, Hélène, le soir du 13 novembre au Bataclan, privant son fils de 17 mois, Melvil, de sa mère à jamais. Dans un message publié sur sa page Facebook le 16 novembre, le journaliste à France Bleu, livre un message poignant que nous reproduisons ci-dessous :

“Vous n’aurez pas ma haine”
Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.
Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.
Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.
Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

Au lendemain de la triste nouvelle, Nathan et Holly Renfro, des amis du frère de la victime, ont organisé un appel au don pour envoyer un orphelin à l’université et aider la famille à faire face à tout souci financier présent ou futur.
A ce jour, près de 11 000 $ ont été récoltés
Tous les dons iront à Antoine Leiris, l’époux de la défunte Hélène Muyal-Leiris.

wbw,
SIWEL 052353 DEC 15

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