CONTRIBUTION (SIWEL) — Pour Marzouk M, indépendantiste kabyle, « Le concept d’autodétermination ne peut être évoqué dans le droit international que dans une revendication exclusivement indépendantiste ». Ci-dessous sa contribution.

 

Lutter pour une autonomie et une indépendance au même temps c’est éliminer automatiquement l’évocation du concept d’autodétermination. Cela représente aussi une ambiguïté de taille, de fait que cette perception ne rentre ni dans une logique nationale ni dans le moule du droit international. Par conséquent cela aboutira à assumer son projet en sourdine dans une Algérie qui méprise la notion même du droit.

D’autre part, mettre dans la même formule deux objectifs parallèles et qui ont deux procédés différents, ne peut pas faire avancer la revendication elle-même. Un seul choix ultime peut être retenu pour la question Kabyle : Autonomie ou Indépendance.

I) – Soit compter sur soi-même dans le cas de réclamation d’une autonomie pour résoudre la crise politique et identitaire Kabyle-Algérienne. De cet angle de vision, il est possible de discuter d’autres possibilités de reconfiguration politique à l’interne (autonomie sous toutes ses formes, indépendance, fédéralisme…). Rester dans le contexte Algérien nécessite absolument de prévoir et de compter sur ses propres moyens pour y parvenir.

Il est aussi à rappeler que le MAK a déjà exploré cet axe à travers le projet d’autonomie de la Kabylie. D’autres partis politiques Kabyles comme le RCD est déjà passé par là via sa proposition d’une régionalisation modulable, le FFS aussi à travers sa tentative de démocratiser l’Algérie par une revendication d’une constituante. Tous ces projets sont vus se verser complètement dans des voies barrées par l’Algérie.

II) – Soit façonner sa stratégie politique pour avoir des appuis extérieurs (internationaliser le problème de la Kabylie), donc revendiquer l’indépendance pour poser la problématique sur le concept d’autodétermination (autodétermination des peuples à disposer d’eux-mêmes) tel qu’il est défini ce concept dans l’article 1, alinéa 2 du droit international.

La lecture objective de l’histoire Kabylo-Algérienne d’un point de vue politique est claire : une déviation de la ligne internationale pour la question Kabyle représenterait un suicide politique, puisque ceci conduira à l’isolement et à l’étripage à huis-clos tel que c’est le cas des précédentes luttes.

Enfin, en tenant compte des bilans historique, socio-culturel, identitaire et intellectuel, qui distinguent nettement un antagonisme idéologique entre la Kabylie et le reste de l’Algérie, rester dans le contexte Algérien (revendiquer un quelconque autre statut que l’indépendance) c’est non seulement consentir et protéger le maintien du système Algérien actuel, mais aussi soumettre la Kabylie sous la tutelle Arabo-islamique. Les Kabyles n’accepteront jamais un quelconque consensus d’aliénation programmée.

Ni l’autonomie, ni un autre statut abracadabrant ne pourra protéger notre avenir dans une Algérie qui tire vers le bas. Sauf le choix de la liberté pourra garantir un avenir de prospérité, de progrès et d’épanouissement à notre peuple. Tôt ou tard, la Kabylie libre vaincra. L’histoire jugera les positions des uns et des autres.

Marzouk M.
SIWEL 172045 JAN 17

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