CONTRIBUTION (SIWEL) – « Lorsque nous sommes combattus par l’ennemi, c’est une bonne chose, car c’est la preuve que nous avons établi entre l’ennemi et nous une ligne de démarcation qui est claire et nette. Si cet ennemi nous attaque avec violence, et que c’est sous les couleurs les plus sombres qu’il nous dépeint, alors c’est encore mieux, car cela prouve que non seulement nous avons établi clairement cette ligne de démarcation, mais aussi que nous avons remporté des succès remarquables dans notre action »

 

Cette belle citation est de MAO TSE TOUNG, et qui connait MaoTse Toung ? Un grand homme qui a su sortir son pays de la domination de l’occident et celle de l’ignorance pour le projeter dans une longue période d’ascension qui fait de la chine de nos jours un conquérant à l’échelle planétaire dans bien des domaines.

Lorsqu’on fait une rétrospective des événements qu’a vécu le MAK ces dernières semaines, on se rend compte que cette citation est celle qui illustre le mieux l’étape que le mouvement souverainiste kabyle traverse. Le pouvoir colonial algérien ne peut plus continuer d’ignorer la question kabyle et de faire la sourde oreille aux véritables problématiques que le MAK pose a travers une activité intense de sensibilisation sur le terrain et sur les réseaux sociaux.

De nos jours, le débat sur la Kabylie et son avenir est le sujet cardinal qui prend la part du lion dans toutes les discussions des cafés et des salons kabyles, algérois et même de l’autre coté de la méditerranée chez notre forte communauté établie à l’étranger. Des débats de fond comme ceux-là, le pouvoir algérien n’en connait pas trop, lui qui est habitué à la roublardise et à l’esbroufe au lieu du débat pour faire passer des lois et des projets , lui dont les mouvements politiques qui se sont créés et ceux qu’il a lui-même créé ont cultivé l’art de poser les questions secondaires pour en laisser l’essentiel afin d’induire les peuples d’Algérie en erreur pendant des décennies, pendant qu’il vide les caisses de l’état algérien à la même vitesse qu’il vide les têtes de gens de tout bon sens.

Le MAK a réussi et réussit encore à acculer ce régime à la réaction, et les sorties peu commodes du« wali » de Tizi-Ouzou ces dernières semaines et la gaucherie avec laquelle il s’en prend à ce mouvement montrent clairement que les TSARS d’Alger sont affolés, mais quelle conclusion peut-on tirer de ces retournements de situation ?

La première c’est que le MAK/GPK, et avec leurs deux responsables FERHAT MEHENNI et BOUAZIZ AIT CHEBIB, ont réussi a renverser le jeu politique dans cette région du monde, et ce pour la première fois depuis la glorieuse épopée du FLN/ALN. Et dans le cas où le régime colonial algérien ne mène pas la danse et ne joue pas au marionnettiste, il a du mal à suivre les évolutions de l’échiquier, alors il ne trouve plus de moyens pour devancer son adversaire( ou ennemi dans ce cas), et les moyens dont il a usé jusqu’à présent ne payent plus devant la détermination des hommes et des femmes incorruptibles et dont l’engagement est désintéressé, la preuve c’est qu’il se demande d’où le MAK a puisé les ressources financières pour réussir un tel congrès« très coûteux » à ses yeux, mais il oublie que la détermination des gens peut contourner l’obstacle de l’argent. Mais comment peut-il savoir cela, lui qui est habitué à organiser des cérémonies qui coûtent la peau des fesses pour en sortir avec des scènes de violence comme on l’a vu dans la dernière mascarade du FLN à la coupole d’Alger ( une manifestation politique dont nous reviendrons pour éclairer l’opinion sur ses véritables enjeux). Lui qui est habitué à arroser les partis politiques avec les milliards des petites gens pour qu’ils sortent enfin avec la conclusion de participer aux mascarades électorales qui lui renouvellent son certificat de vie.

La deuxième c’est l’engagement très indéfectible du MAK sur le terrain qui leur fait le plus grand mal, car faire de la politique dans les villages, avec les gens qui subissent réellement les supplices d’un système qui cultive l’ignorance, la rumeur et la diffamation, est le moyen le plus sûr de leur faire prendre conscience de la possibilité de construire un autre destin plus paisible et plus digne pour leurs enfants, ajoutant à cela l’impossibilité de ce régime à briser la souveraineté de nos villages malgré tous les stratagèmes utilisés rend la répression difficile voire impossible dans les montagnes de la dignité qui entourent le célèbre Djerdjer.

La troisième et la plus importante, c’est le réveil culturel kabyle et l’incapacité du régime algérien à le détourner, surtout avec le tarissement des ressources financières tirées des pétrodollars. On assiste ces dernières années à un rejaillissement très important de l’attachement des kabyles aux valeurs qui jadis étaient le socle de notre harmonie et de notre vivre ensemble. On a l’impression que nos aïeuls ressuscitent depuis Jugurtha à Mouloud Mammeri en passant par la Fadma n Soumer, si Moh ou Mhand et Taous Amrouche. Des associations qui célèbrent jusqu’au moindre trait de notre riche étendu culturel :on célèbre les figues, le nopal, la robe kabyle, le village, l’olivier, la femme kabyle…etc. On est allés même jusqu’à ressusciter la tradition de « Amager n Tefsut » ou la rencontre du printemps, une tradition que tant de générations ont perdu de l’esprit. Et l’éveil culturel d’après ce que l’histoire nous a appris (car nous contrairement au régime des caïds d’Alger on apprend l’histoire pour mieux connaitre la géographie) est souvent suivi de l’éveil politique qui balaie sur son passage tous les usurpateurs et tous les charlatans aussi forts soient –ils.

On est allé du célèbre Mao pour faire le parallèle avec la Kabylie, si la différence en surface n’est pas à comparer, notre vouloir d’émancipation et notre amour pour la justice et la liberté n’a rien à envier à cette Chine qui tient tête aux grands de ce monde. Et tant que notre combat pour la liberté continue de s’inspirer toujours de ceux qui ont porté l’humanité vers le haut, notre voie restera impossible à étouffer.

Mouloud Hamrani étudiant en Master Chimie et Cadre du MAK

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