AMITIÉ QUÉBEC-KABYLIE, JOURNÉE NATION DES PATRIOTES

QUÉBEC/CANADA (SIWEL) — À l’occasion de la célébration de la Journée nationale des patriotes, une soirée de commémoration a eu lieu au siège de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, où a eu lieu la première levée mondiale du drapeau kabyle, en présence d’invités de marque. Monsieur Rachid Bandou, président de l’Association Amitié Québec-Kabylie, présent à cette émouvante soirée, avait prononcé un discours patriotique qui relate la bravoure des patriotes québécois de 1836-1837 qui ont lutté pour la démocratie et la liberté et dont douze d’entre eux ont été pendus par des forces militaires de la monarchie anglaise de l’époque. Non sans faire également le lien avec les patriotes de la Kabylie qui ont été tués par les forces armées algériennes lors des tristes événements des années 1980, 1981 et 2001.

Bonsoir tout le monde,

Je tiens d’abord à remercier madame la présidente et monsieur le directeur général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal de m’avoir invité à prendre la parole à la rencontre d’aujourd’hui. Une rencontre qui entre dans le cadre des activités de la Journée nationale des patriotes instaurée en 2012 par un des patriotes québécois des temps contemporains en l’occurrence le défunt Premier ministre Bernard Landry. Un patriote estimé de toutes et tous, dont beaucoup de Québécois issus de l’immigration kabyle, et dont un grand parc lavallois porte le nom. Un parc où est d’ailleurs située la nouvelle Allée de la Kabylie.

La raison de ma présence parmi vous aujourd’hui, c’est de contribuer à honorer également la mémoire des braves patriotes de notre Québec adoptif, jeunes et moins jeunes, des années 1700-1800. Des patriotes qui ont lutté pour la liberté de leur peuple et pour des valeurs devenues aujourd’hui universelles. Douze d’entre eux ont été sauvagement exécutés par pendaison. Ces héros qui ont sacrifié leurs vies pour ces valeurs, que des dictateurs de la planète continuent de piétiner à notre époque, sont les suivants :

21 décembre 1838

Joseph-Narcisse Cardinal – avocat et député

Joseph Duquet – notaire

18 janvier 1839

Pierre-Théophile Decoigne – hôtelier et notaire

François-Xavier Hamelin – cultivateur

Joseph-Jacques Robert – cultivateur

Ambroise Sanguinet – cultivateur

Charles Sanguinet – cultivateur

15 février 1839

Charles Hindelang – officié militaire

Le Chevalier de Lorimier (François-Marie-Thomas) – notaire

François Nicolas2 – instituteur

Amable Daunais – cultivateur

Pierre-Rémi Narbonne – peintre et huissier

Lors de leur exécution, ces héros qui ont laissé leurs noms dans l’histoire du Québec, s’avancèrent tous courageusement d’un pas ferme sur la plate-forme d’où leurs âmes devaient s’envoler vers l’au-delà. Parmi eux, ceux qui avaient décidé de laisser, avant leur départ, des paroles qui sont encore vivantes de nos jours. Telles par exemple celles exprimées par le Chevalier de Lorimier, le plus connu à notre époque, et le jeune Charles Hindelang, agé de 29 ans, qui parut le premier sur cette plate-forme, avec la même grâce et la même assurance qu’il aurait pu montrer dans un salon. Il s’avança au-devant de l’échafaud et adressa au peuple un discours émouvant dans lequel il avait déclaré que la cause dans laquelle il s’était engagé et pour laquelle il allait sacrifier sa vie était une cause noble et juste. Et ce, tout en s’adressant au gouvernement anglais de l’époque pour lui dire qu’il n’avait pas le droit de l’exécuter. Il quitta alors ce monde en scandant Vive la liberté.

C’est exactement le même geste, sous une forme différente, qu’avait posé au mois d’avril 2001 en Kabylie le jeune Kamel Irchane, âgé de 27 ans, alors qu’il participait aux manifestations publiques qui entraient dans le cadre de la commémoration des tristes événements des Printemps kabyles d’avril 1980 et 1981. Des événements, dénoncés par les médias occidentaux, qui avaient généré la mort de centaines de victimes innocentes parmi des milliers de manifestants pacifistes. Avant de rendre l’âme, alors qu’il était criblé de balles, il avait écrit sur un mur le mot liberté avec son propre sang.

Le mot liberté exprimé donc de façons vocale et écrite par des jeunes héros dont le seul tort était de revendiquer le droit de leurs peuples à être eux-mêmes.

Permettez-moi de vous lire également le message que monsieur Ferhat Mehenni, président du Gouvernement provisoire de la Kabylie en exil en France, nous a envoyé à cette occasion et que voici :

’’ La Journée des patriotes québécois est celle d’une ardente mémoire que nourrissent les sacrifices de générations de près de deux siècles en faveur de la liberté et la démocratie. La Kabylie qui reprend en min sa vie patriotique, sous7 l’occupation militaire du pouvoir colonial algérien, salue le peuple ami du Québec et les patriotes épris de liberté à travers la planète ”.

Je clôture mon intervention avec les paroles que l’écrivain, dramaturge et ami Karim Akouche avait prononcées dans son intervention à l’Assemblée nationale lors des débats sur la Charte de la laïcité : Le peuple québécois est un exemple d'espoir pour les Kabyles et ces derniers sont un exemple de courage pour les Québécois. Alors, en associant l’espoir au courage et à la solidarité, les peuples kabyles et québécois arriveront à accéder un jour à leur liberté.

Vive le Québec libre, vive la Kabylie libre et la marche vers la liberté continue.

SIWEL 311855 MAI 21