Economie

Indépendance : De la nécessité d’un «Plan Marshall» pour reconstruire la Kabylie

ECONOMIE (SIWEL) — Après la pluie, il y a le beau temps. Après un long cauchemar, La Kabylie bientôt finira par en sortir, et reverra le jour sous de meilleurs auspices. Après toute destruction, il y a urgence de reconstruction. Pour tout effort de reconstruction, il faudra des moyens appropriés.  La Kabylie n’est pas la seule à subir le sort de destruction. D’autres contrées dans le monde ont subi le même sort, voire pire. A titre d’exemple, l’Europe voisine  a été réduite en ruines par l’Allemagne Nazie pendant la deuxième guerre mondiale. L’aide stratégique Américaine matérialisée par le Plan Marshall fut le moyen approprié pour reconstruire l’Europe. Pourquoi pas un plan Marshall similaire pour reconstruire la Kabylie ?

Qu’est-ce que c’est le Plan Marshall ?

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe est en ruines.  Le plan Marshall est un plan d’aide économique qui a été proposé le 5 juin 1947 par le secrétaire d’État George Marshall. Les États-Unis seront amenés à participer massivement à la reconstruction du vieux continent.

Le plan Marshall, connu aussi sous les noms : « Programme de rétablissement européen » et « European Recovery Program : ERP », a été qualifié par la critique d’acte extraordinaire de générosité stratégique, et d’une arme économique stratégique. Le plan Marshall  consomme la rupture de l’Europe en deux blocs Est/Ouest (occident), connus aussi comme blocs  communiste/capitaliste

Le plan Marshall est la première pierre inaugurale de l’union européenne telle qu’elle est connue de nos jours.  George Marshall  a été consacré Prix Nobel en 1953 suite à la réussite extraordinaire de son plan.

Objectifs du Plan Marshall?

Le plan Marshal a des objectifs politiques  et économiques. Les objectifs politiques ont pour but d’empêcher l’expansion des communistes. Inquiets des progrès du communisme en Europe, les États-Unis veulent empêcher qu’un pays comme la France ne devienne communiste en y facilitant la renaissance économique. Les Soviétiques sont bien évidemment contre cette aide. Les objectifs économiques ont but de faciliter leurs (USA) propres exportations. Les USA avaient tout intérêt à reconstruire l’Europe pour trouver des débouchés à leurs propres produits et exportations.

L’Allemagne responsable de la guerre, pourquoi elle ne paie pas?

Au départ, les USA avaient envisagé une opération appelée plan Morgenthau, qui visait à faire payer la reconstruction de l’Europe à l’Allemagne. L’idée a été vite abandonnée pour ne pas reproduire les mêmes erreurs qu’après la première guerre mondiale. A l’issue de la première guerre mondiale, l’Allemagne a été défaite et humiliée. Même impuissante, elle a été sommée de payer les frais de reconstruction. L’Allemagne s’est retrouvée dans une situation chaotique, terreau fertile qui a donné naissance au régime Nazi et l’une des mèches qui ont déclenché la deuxième guerre mondiale. Les USA, ne voulant pas refaire le même scénario, ont opté pour  la stratégie d’un plan d’aide Américain.

Comment est née  l’idée du plan Marshall ?

En 1947, après des années de guerre, l’Europe est exsangue et peine à se reconstruire. Dans le même temps, les États-Unis et la Russie ont entamé une lutte idéologique et d’influence qui devient ce que l’histoire a appelé la Guerre froide. Le facteur déclenchant du plan est la Grèce, victime d’une violente guerre civile entre communistes et libéraux, et menacée de tomber sous la coupe des premiers. Les communistes tentent notamment de s’imposer en Turquie, ce qui inquiète les Américains. Ils pensent alors aider financièrement ces pays pour éviter l’instabilité politique. Finalement, ils ne se contentent pas de cette solution, le secrétaire d’État George C. Marshall annonce la création d’un plan d’aide financière destiné à tous les pays qui le souhaitent.

Quel est le bilan de la 2eme guerre mondiale ?

En 1945, une grande partie du continent européen est ravagée par la guerre. Les nazis ont pillé les ressources de la France, de la Scandinavie et de l’Europe de l’Est. Les bombardements ont réduit en cendres de nombreuses villes allemandes (Dresde, Cologne, Berlin…) ou polonaises (Varsovie). Londres a subi la guerre aérienne à outrance et des centaines de milliers de logements ont été détruits. En France, on ne compte plus les villes martyres (Le Havre, Brest…). Une grande partie des canaux, des infrastructures portuaires, des ponts, des voies ferrées sont hors d’usage. De nombreux civils sont sans-abri.

La situation des États-Unis est différente : le territoire américain n’a pas subi de dommages (à part l’attaque de Pearl Harbor). L’agriculture, les réserves d’or et les infrastructures industrielles de ce pays ne sont pas affectées et le pays avait vendu du matériel militaire dans le cadre du « Cash and Carry », notamment à la France au début du conflit, ce qui contribua au relèvement économique des États-Unis.

Comment est conçue la solution du  plan Marshall ?

L’Europe est à reconstruire. Ses infrastructures ont beaucoup souffert. L’appareil productif a été partiellement détruit ou surexploité et mal entretenu pendant les hostilités. On meurt de froid et on ne mange pas à sa faim en Allemagne, les barrières économiques et les restrictions de commerce avec ce pays forcent ses partenaires commerciaux habituels à détruire des surplus agricoles. Il faut donc rétablir des circuits normaux et éviter que l’investissement ne soit sacrifié à l’urgence d’alimenter les populations.

Il s’agit aussi de trouver des débouchés pour les produits américains. Les États-Unis ont connu pendant la guerre une forte croissance liée à l’industrie de guerre et la question à l’étude depuis 1941 à Washington est de savoir comment maintenir le plein emploi après la guerre.

La solution mise en place sera, via le plan Marshal :

  • de trouver des débouchés à l’étranger financés par des prêts remboursables en dollars
  • Ces prêts sont émis via la banque mondiale et contrôlés via le FMI (accords de Bretton Woods)
  • Les pays européens ruinés  sont contraints à accepter que des conditions soient liées aux prêts du FMI.
  • L’une des conditions de l’époque était que les dettes contractées par le pays recevant cette aide ne soient plus émises dans la monnaie du pays mais en or ou son équivalent en dollars dont le prix était de 34 $ l’once d’or.
  • Ces prêts en dollars sont la garantie pour les États-Unis de ne pas avoir de perte de valeur si les pays emprunteurs dévaluent
  • d’autre part les dollars dépensés pour acheter des produits autres qu’américains finiront toujours par revenir aux États-Unis pour acheter des biens américains.

Enfin la doctrine Marshall matérialise la crainte des Américains que les institutions démocratiques occidentales ne s’effondrent au profit de l’URSS communiste. Par l’aide financière, les États-Unis cherchent à prévenir l’accession au pouvoir des partis communistes en Europe de l’Ouest. Les Américains estiment que la pauvreté de l’Europe, qui fait le lit du discours communiste, doit être résolue.

Quels sont les pays qui ont  reçus l’aide Américaine ?

Dès 1947, 16 pays européens acceptent l’aide des Américains : Autriche, Belgique, Danemark, Irlande, France, Grande-Bretagne, Grèce, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse et Turquie. En fait, tous les pays qui ont échappé en 1945 à l’occupation soviétique. En 1949, ils seront rejoints par la République Fédérale Allemande.

Quels sont les pays qui ont refusé l’aide Américaine ?

La Russie refuse  l’aide et ne bénéficiera pas du plan Marshall pendant la guerre froide. À l’instigation de Staline, les États d’Europe centrale occupés par l’Armée rouge refusent le plan Marshall : la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie, l’Albanie, la République démocratique allemande (RDA), la Mongolie et Cuba, la Yougoslavie. La Tchécoslovaquie est un moment tentée d’accepter. Mais un coup d’État communiste la remet dans le « droit chemin ».

Quel est le montant de l’aide totale ?

Au total, le plan Marshall représente 13 milliards de dollars en 1947. Il est  l’équivalent de 230 milliards d’euros  en 2012.

Quels sont les pays les mieux aidés ?

Sans doute, la France et l’Angleterre sont les plus aidées par le plan Marshall. La Grande-Bretagne en récupère 26 %. La France en récolte 23 %,

Comment s’est faite la répartition de cette aide à travers les  pays aidés ?

Les Européens mettent en place le 16 avril 1948 une organisation supranationale : l’OECE (Organisation européenne de coopération économique), l’actuelle OCDE. L’OECE était chargée de la gestion de la répartition et l’affectation des aides. Le tableau suivant  montre la répartition selon les pays, en dons et en prêts.

Les figures suivantes montrent la répartition en millions de dollars et la répartition par secteurs.

Quels sont les objectifs assignés à l’OECE  (Organisation Européenne de Coopération économique)?

Elle est l’ancêtre de l’OCDE.  Elle est fondée le 16 avril 1948 par 18 membres de l’Europe occidentale. Sa création est une condition du Plan Marshall. Elle eut la charge:

  • De répartir les crédits accordés par le Plan Marshall entre les pays de l’Europe occidentale.
  • De contribuer à la libéralisation du commerce et des échanges monétaires
  • De renforcer de la coordination économique entre les pays membres.
  • Coordination de l’effort de reconstruction de l’Europe occidentale

Quelles étaient les réalisations de l’OECE ?

L’OECE a pu libéraliser le commerce de la moitié des échanges privés, dans les secteurs de base (biens alimentaires, matières premières) et les biens manufacturés. Elle a contribué ainsi au mouvement général d’abaissement des barrières aux échanges commerciaux dans le cadre du GATT, sans toutefois parvenir à créer une union douanière.

L’OECE accomplit également un important travail d’harmonisation et d’échange d’informations statistiques. Ella a permet en outre la conclusion de plusieurs accords sectoriels :

  • en septembre 1950, l’Union européenne des paiements qui permet de créer un cadre multilatéral de compensation monétaire, obligatoire et automatique, entre États membres, en lieu et place du réseau d’accords bilatéraux conclus entre États membres.
  • le clearing est fondé (comme au FMI) sur une grille de parités fixes (étalon-or), et s’appuie sur les moyens techniques de la BRI. L’UEP favorise le rétablissement de la confiance monétaire entre participants et la reprise des échanges commerciaux. Il permet la convertibilité partielle des monnaies européennes entre elles.
  • En 1958, la convertibilité avec le dollar est rétablie et l’UEP est dissoute.
  • En 1952, fondation d’une Agence européenne de productivité qui contribue à former les travailleurs européens aux normes de productivité (fordisme) prévalant aux États-Unis. L’AEP est financée pour l’essentiel par les États-Unis ; son budget atteint jusqu’à 40 % de celui de l’OECE.
  • en octobre 1953, création d’une Conférence européenne des ministres des transports,  organisation internationale à part entière ayant eu, pour l’essentiel, un rôle modeste comme forum de débats.
  • en 1957, création d’une Agence européenne pour l’énergie nucléaire (ENEA), devenue en 1972 l’Agence de l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE.

Comment se fait le montage de l’aide ?

Les milliards débloqués sont un prêt accordé par des banques américaines avec une garantie des États-Unis.

Le mécanisme retenu consistait à fournir un crédit à un État européen. Ce crédit devait servir à payer des importations en provenance des États-Unis.

L’État européen bénéficiaire encaissait, en monnaie locale, le produit des ventes de ces importations sur son marché national, ainsi que les droits de douanes afférents.

Parallèlement cet État devait octroyer à des agents économiques nationaux (entreprises ou administrations) des crédits destinés à des investissements d’un montant deux fois supérieur (effet multiplicateur) au crédit qu’il avait lui-même reçu.

L’État européen bénéficiaire devait en outre faire la preuve qu’il autofinançait sa part, sans recourir à la création monétaire, donc au moyen de l’impôt ou en recourant à des banques.

Par ce montage, les États-Unis encourageaient un effort significatif d’équipement et d’épargne en Europe.

Le plan Marshall était-il une réussite ?

La reconstruction européenne, relativement rapide, fut largement stimulée par l’aide américaine. L’économie américaine évita la récession à cause d’une surproduction massive qu’aurait pu entraîner la cessation des hostilités

Entre 1948 et 1951, le PNB de l’Europe de l’Ouest a fait un bond de 32 % (passant de 120 à 159 milliards de dollars)

La production agricole a augmenté de 11%. La production industrielle a augmenté de 40 %.

Le plan Marshall avait-il des émules ?

Sauver la planète Terre : l’Écologie et l’Esprit Humain  est un livre publié en 1992 par Al Gore. Le livre est devenu un best-seller dans plusieurs pays.Cet ouvrage inclut un « Plan Marshall Global » pour traiter des problèmes de l’environnement.

Les pays touchés par Ebola appellent à un plan Marshall pour soutenir leurs économies (Liberia,  Sierra-Léon, Guinée) ont demandé à l’UE de mettre en place un plan Marshall pour Ebola.

En 2005, la Région wallonne a nommé son plan de redressement économique : « actions prioritaires pour l’avenir de la Wallonie », mais il est plus connu sous le nom de « plan Marshall pour la Wallonie ». À la différence du plan de l’après-guerre, qui consistait à injecter de l’argent extérieur, le plan wallon traduit la volonté d’impulser de l’intérieur un rebond rapide par l’exécution de mesures fortes.

Quid de la Kabylie ?

Effectivement, il y’a lieu de se poser toutes les questions sur la faisabilité d’un plan Marshall équivalent dédié à la reconstruction de la Kabylie indépendante. Un projet bien préparé est à moitié fait, disent les experts. L’œuvre de l’indépendance de la Kabylie est en soi un projet extraordinaire.

L’œuvre de la construction de la Kabylie en vue de bâtir un état viable, postulant à un statut de puissance régionale, en est un autre projet monumental. Il faut réunir toutes les compétences et toutes les conditions nécessaires pour bien préparer le projet avant son exécution.  L’approche de construction de la Kabylie via un plan Marshall doit être bien préparée pour garantir le succès. Quels pourraient-être ses objectifs ? Comment l’organiser ? Quels seront les partenaires économiques susceptibles de participer au plan ? Comment démarcher et convaincre les partenaires ? Comment solliciter l’aide de la communauté internationale ? Quelles peuvent être les stratégies gagnant-gagnant ? Comment identifier les projets et les investissements ? Comment faire les appels d’offres ? Comment sélectionner les porteurs de projets ? Comment contrôler les projets ? …

Dans quel état se trouve la Kabylie de nos jours ?

Sans détour, la Kabylie est dans un état catastrophique. La Kabylie est victime d’un sabotage économique depuis la fausse indépendance en 1962. La Kabylie a beaucoup d’atouts, mais tout reste à reconstruire. Actuellement, tout a été fait méthodiquement pour que la Kabylie soit dépossédée de son économie. Il n’y a pas d’économie viable. Pour se rendre à l’évidence, il faut aller dans l’ouest  Algérien (Tlemcen, Oran) et comparer. La Kabylie n’a jamais été bénéficiaire d’un projet économique structurant. Sous le régime Algérien, la Kabylie est contrainte à vivre sous un statut de colonisé, pataugeant dans la pauvreté, l’indignité et l’humiliation chaque jour que dieu fait.

Quels pourraient-être les objectifs du plan Marshall pour la Kabylie?

Idem, les objectifs devront être politiques et économiques. L’objectif prioritaire est sans aucun doute la reconstruction de l’économie de la Kabylie en vue de bâtir un pays viable et fort économiquement, répondant aux normes internationales les plus modernes. Les objectifs doivent  être « SMART » (Spécifiques, Mesurables, Ambitieux, Réalistes, Temporels). Il faut se donner tous les moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs. Le Japon, après 1945, lui a fallu trente ans pour devenir la 2eme puissance  économique mondiale. Idem, la Kabylie devra se donner un espace-temps de vingt à trente ans pour devenir la puissance régionale qui compte en méditerranée, la région qui devra prospérer de nouveau.

Les objectifs politiques devraient être l’enracinement des valeurs universelles de justice, de démocratie, des droits de l’homme, de la laïcité dans cette région du monde. La Kabylie devra contribuer au rétablissement  de la paix entre les deux rives de la méditerranée, redorer le blason de l’Afrique du Nord pour devenir le prolongement du monde développé et civilisé. Elle devra, en outre, contribuer à l’éradication de l’idéologie arabo-islamiste fasciste et obscurantiste, et le bannissement de la culture du terrorisme et de la violence dans la région. La Kabylie devra amorcer aussi le processus de libéralisation des peuples Amazighs, et l’africanisation de l’Afrique.

Est-ce que l’Algérie doit contribuer au financement de la reconstruction Kabyle ou faire partie du plan ?

La question mérite d’être posée. Dans un monde responsable et raisonnable, respectueux, du droit international, l’Algérie a une part à jouer pour reconstruire l’Algérie. Mais hélas, l’Algérie ne fait pas parti de ce monde. Elle n’est ni responsable, ni raisonnable, ni respectueuse de quoi que ce soit. Elle empêchera toujours la Kabylie de se hisser vers le haut. Elle fera en sorte de la tirer vers le bas, voire de l’exterminer. Donc, la réponse est non. La Kabylie ne devra rien attendre de l’Algérie. Plus vite le cordon ombilical coupé, plus vite sera le mieux. La Kabylie se reconstruira avec le peuple Kabyle et avec la communauté internationale civilisée, démocratique et éprise de justice.

Quel est le profil des pays qui peuvent aider ou faire partie du plan ?

La Kabylie souhaitera être amie avec tous les pays qui le souhaitent. La Kabylie acceptera  l’aide d’où qu’elle vienne, pourvu que ses intérêts ne sont remis en cause ou menacés.  Selon les données actuelles, il est plus probable de recevoir de l’aide venant des pays épris de justice, et adeptes des valeurs universelles, des pays démocratiques. Il est beaucoup plus plausible de la recevoir des pays qui n’ont pas beaucoup d’intérêts avec l’Algérie, ou ayant des intérêts contradictoires.  La Kabylie comptera également sur les pays comme l’Ecosse, la Catalogne et le Québec  s’ils arrachent leurs indépendances.  La communauté internationale à tout intérêt à aider la Kabylie. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un droit international noble, qui glorifie ses défendeurs. Le peuple Kabyle, un peuple multimillénaire, qui vit sous une domination arabo-islamiste, doit sortir de ce cauchemar pour apporter sa touche au bien être de la communauté internationale.

Comment concrétiser ce plan Marshall pour la Kabylie ?

Ce projet, arme économique stratégique,  doit être conçu et mis en œuvre par les institutions de l’Etat Kabyle, aidées par la communauté  internationale. Le parlement Kabyle sera la première institution à jouer un rôle majeure dans cette démarche. Il aura la charge de mettre en place l’organisme, équivalent à l’OECE, à qui échoira la gestion du plan d’aide. L’équivalent de l’OECE, qu’on nommera ici OPMK « Organisation du Plan Marshall Kabyle », sera composé de toutes les compétences et les forces vives Kabyles origines de toutes les villes et villages de Kabylie. L’OPMK regroupera en son sein toutes les branches sociales et économiques, les experts sectoriels,  les économistes, les experts juridiques, les experts diplomatiques etc…

La seconde institution majeure qui veillera sur ce projet est la Banque de Kabylie, qui doit être dotée de sa propre monnaie locale. Comme l’était la Plan Marshall, c’est à la banque Kabyle de recevoir les dons et les prêts, venant des partenaires locaux et étrangers, en monnaie locale Kabyle. Sous effet multiplicateur, la Banque Kabyle accordera les prêts aux agents économiques locaux ou étrangers répondant favorablement aux appels d’offres nationaux et internationaux des projets sélectionnés par l’OPMK.

Quelles seront les prérogatives de l’Organisation du Plan Marshall Kabyle (OPMK) ?

L’organisation du Plan Marshall Kabyle sera l’organisation compétente pour la gestion du plan. Elle doit représenter toute la Kabylie  en exclusivité. Elle doit recenser toutes les potentialités économiques de la Kabylie. Elle doit recenser tous les besoins vitaux village par village, ville par ville, couvrant tous les secteurs (éducation, énergie, agro-alimentaire, industrie, sécuritaire, produits manufacturés, immobilier, services, etc…). Elle doit en quelques sortes établir le fameux SWOT : Quelles sont les forces ? Comment les renforcer ? Quelles sont les faiblesses ? Comment s’en débarrasser ?  Quelles sont les opportunités qui s’offrent à la Kabylie ? Comment en profiter ? Quelles sont les menaces ? Comment se protéger ?

L’OPMK devra élaborer le schéma directeur de ce quoi être une puissance économique régionale. Qui va produire quoi ? Ou produire ? Avec qui produire ? Comment produire, fini, semi-fini ? Importer quoi ? Importer d’où ? Exporter quoi ? Exporter où ? Alliances ? Des stratégies « glocal » (penser globalement, agir localement) gagnant-gagnant peuvent aider à répondre à toutes ces questions et matérialiser un schéma directeur stratégique.

Le schéma directeur, ainsi construit, sera décliné en une série de projets,  de programmes et d’investissements, dont les cahiers des charges et le cadrage sont décrits dans les appels d’offres nationaux et internationaux à destination de potentiels souscripteurs. Les budgets seront évalués en conséquence.

A l’international, l’OPMK chargera les délégations diplomatiques pour démarcher les pays étrangers potentiellement apte à aider la Kabylie soit en dons soit en prêt dans le cadre des stratégies gagnant-gagnant. Elle devra entrer en contact également avec les organisations internationales comme l’ONU, le FMI, la Banque Mondiale, les différentes banques de développements, etc…

En Kabylie, l’OPMK devra travailler avec la banque Kabyle et les autres banques privées pour accorder des crédits (avec effet multiplicateurs à déterminer selon la conjoncture) aux agents économiques privés et publiques, locaux et étrangers, sélectionnés. Sans oublier également, le travailler avec le trésor public Kabyle pour la collecte des revenus imposables.

nbb
SIWEL 301957 Mar 17

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