Xavier Driencourt regrette la non-réouverture du Centre culturel français de Tizi-Ouzou

01/05/2012 - 14:56

ALGER (SIWEL) — L'ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt (au centre), en poste d'août 2008 à avril 2012 a déclaré la veille de son départ regretter que certains dossiers qui lui tenaient à coeur n'aient pas été autorisés par le gouvernement algérien.


Xavier Driencourt (au centre) en visite à une fabrique de fromagerie à Aghribs, Kabylie, le 04/01/2012
Xavier Driencourt (au centre) en visite à une fabrique de fromagerie à Aghribs, Kabylie, le 04/01/2012
Xavier Driencourt a déclaré lors de la cérémonie organisée en son honneur le 25 avril à l'ambassade de France à Alger : « Un dossier que je regrette ne pas mener à bout, c’est la réouverture du centre culturel de Tizi-Ouzou. Nous avons un projet architectural, un projet administratif dont j’espérais poser la première pierre en été qui permettra l’installation dans cette ville d’une antenne de l’Institut français pour répondre à la demande locale. »

Les 4 autres Centres culturels français (CCF) du pays avaient rouvert leurs portes au public depuis la fin des années 1990 : Annaba, Constantine, Oran et Tlemcen. Seul le CCF de Tizi-Ouzou reste fermé.

Les autorités algériennes refusent de donner leur accord à cette réouverture réclamée depuis plusieurs années notamment par les étudiants et les élus de cette ville de Kabylie. Officiellement, le refus du gouvernement algérien est motivé par des questions de sécurité. Mais en réalité, la réouverture du CCF de Tizi-Ouzou buterait sur des considérations politiques.

Les autorités françaises avaient informé à maintes reprises le gouvernement algérien que tout est prêt pour procéder à sa réouverture. « Ce sont les autorités algériennes qui refusent », affirme à SIWEL un proche du dossier au sein de l'ambassade de France.

En avril 2011, le dorénavant ancien ambassadeur avait déclaré : « Le Centre culturel français à Tizi-Ouzou existe juridiquement. Je m’y suis rendu, il y a quelques jours, pour voir si l’on peut le réactiver ».

« La majorité des étudiants qui s'inscrivent chaque année sur le site internet de Campus France pour la poursuite de leurs études supérieures dans les universités et écoles françaises sont originaires de Kabylie », explique un conseiller diplomatique à l'ambassade de France à Alger. Les étudiants et les lycéens de la wilaya de Tizi-Ouzou et celle de Bejaia sont obligés de se déplacer jusqu'à Alger pour accéder aux services offerts par le Centre culturel français.

SIWEL a rencontré un jeune Kabyle qui avait parcouru quelques 200 km pour se rendre au CCF d'Alger, il nous a confié que : « le Centre culturel français de Tizi-Ouzou ne reverra jamais le jour et cela avec la complicité de l'état algérien, car tout le monde sait que la majorité des demandeurs de visas d'études sont des Kabyles et ce sont les seuls qui réussissent notamment au test de français. »

Un arrêté du 22 décembre 2011 publié au Journal Officiel de la République Française le 30 décembre 2011 stipule la transformation des 5 centres culturels français en un Institut français d’Algérie et ce, à partir de janvier 2012. Ainsi, le « Centre culturel français d'Alger » devient : l'« Institut français d'Algérie » avec ses antennes à Annaba, Constantine, Oran, Tlemcen et Tizi-Ouzou, qui malgré qu'il soit fermé, continue d'exister officiellement au niveau de son ministère de tutelle, le ministre français des Affaires étrangères.

Le passage de Xavier Driencourt en Algérie est intervenu dans un contexte marqué par des relations difficiles entre Alger et Paris. Les polémiques se multiplient des deux côtés de la Méditerranée au sujet de la colonisation française en Algérie.

« Je souhaite beaucoup de bonheur au peuple algérien. J’ai dit à plusieurs ministres que l’Algérie mérite mieux que l’image qu’elle donne parfois », conclut Xavier Driencourt qui rentre à Paris pour occuper le poste d’inspecteur général du ministère français des Affaires étrangère. Il cède sa place à André Parant, 56 ans, conseiller du président Nicolas Sarkozy pour les affaires africaines, et qui avait dirigé la délégation française à la Conférence internationale sur le Sahel qui s'était tenue en septembre dernier à Alger.

wbw/bbi
SIWEL 011456 MAI 12




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