Un militant du MAK et sa femme allemande bloqués 3 jours à la frontière algéro-tunisienne

30/12/2015 - 18:10

FRONTIÈRE ALGÉRO-TUNISIENNE (SIWEL) – Depuis trois jours et trois nuits, Ahmed Amroui, militant du MAK et fondateur de la première école Kabyle « Akham Tamusni», en compagnie de sa femme Monika, sont arbitrairement retenus par les services dit de "sécurité" algériens à la frontière algéro-tunisienne.


Un militant du MAK et sa femme allemande bloqués 3 jours à la frontière algéro-tunisienne
Venant d’Allemagne, où ils résident, pour aller fêter Yennayer chez eux, ce couple se rendait en Kabylie en transitant par la Tunisie. Arrivés au poste frontière entre l'Algérie et la Tunisie, le couple est retenu 3 jours et 3 nuits par les services de sécurité algériens.

Selon Ahmed Amrioui, contacté par téléphone par un journaliste de Tamurt.info, le motif de cette rétention relève plus de la provocation. En effet, selon les propos de la victime : « Dans les premiers temps, les agents ont exigé que ma femme de nationalité allemande soit escortée par les services de sécurité algériens jusqu’à At Yahya Musa à Tizi Wezzu, sous prétexte que depuis l’assassinat du ressortissant français Hervé Gourdel en Kabylie, tous les étrangers sont soumis à une escorte policière une fois rentrés en Algérie ». Or, précise la victime, « depuis trois jours, on dors dehors à la belle étoile et personne n’est venue nous escorter ».

La victime décrit également les conditions de leur rétention « On dort dans la voiture. Ici, c’est un pénitencier à ciel ouvert : Il n y’a ni sanitaires, ni hôtel, ni rien. Les conditions sont intenables et on ne sait pas combien de temps va durer cette rétention arbitraire », a déclaré Ahmed Amrioui à Tamurt.info. Le couple est âgé et ne peut pas supporter les conditions d'une telle rétention à un poste frontalier.

Le second motif évoqué ensuite par les agents du DRS algériens était d'obliger le couple a présenter un justificatif de change de monnaie bancaire en devise; « un change obligatoire d’une valeur de... 10 euros ! » précise Ahmed Amrioui qui a été finalement autorisé à prendre un taxi pour rallier la ville tunisienne la plus proche et effectuer cette ridicule opération de change qui n'était au final qu'une provocation de plus, vu la somme exigée...

Enfin, une fois le change obligatoire de 10 euros effectué, le couple n’est pas pour autant libéré. Des amis d’Ahmed Amrioui, dont Lyazid Abid et Hsen Ammour, ont alors contacté l’ambassadeur d’Allemagne à Alger, H. Hichert, pour intervenir et mettre fin à ce calvaire imposé à un couple âgé.

L'ambassadeur d'Allemagne a pris attache avec les deux “otages” et a promis d’agir dans les plus brefs délais. Ne trouvant aucun motif valable pour retenir le couple, les services du DRS algériens ont probablement tenté de pousser Ahmed Amroui à réagir négativement à leur provocations pour trouver un motif à l’emprisonner, voire à le poursuivre en justice.

Lyazid Abid, lui aussi établi en Allemagne, en sa qualité de vice président du Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad) a décidé avec ses collaborateurs d’alerter les instances internationales devant cette injustice infligée à ce couple militant du MAK. Notons qu’Ahmed Amroui, du village d’At Yahya Musa, le village de Krim Blekacem, est habitué aux provocations des services de sécurité algériens à chaque rentrée en Kabylie, mais cette fois-ci ils ont poussé le bouchon un peu plus loin que d'habitude sans doute pour intimider les activistes kabyles... c’est mal connaître les militants kabyles dont ils connaissent pourtant la profondeur des convictions

Source Tamurt

SIWEL 301810 DEC 15



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