Tunisie : une jeune femme violée par deux policiers est poursuivie pour atteinte à la pudeur

27/09/2012 - 14:19

TUNIS (SIWEL) — Depuis le 23 octobre 2011 et l'arrivée au pouvoir des islamistes, il y a beaucoup d'affaires de harcèlement sexuel, moral et financier. Lorsqu'ils voient une femme moderne, ils estiment être en droit de demander des comptes et les femmes victimes sont ensuite condamnées", a estimé l'avocate de la jeune femme violée.


Le coupable, c'est la victime.PH/DR
Le coupable, c'est la victime.PH/DR
Selon une information rapportée par plusieurs médias tunisiens et français, au début du mois de septembre, un jeune couple se fait agresser par trois policiers et est par la suite accusé d'atteinte à la pudeur.

La jeune femme est violée par deux policiers pendant que le troisième retient le fiancé. Le couple décide de porter plainte contre les trois policiers mais l'affaire se retourne contre eux car, selon le ministère de l'Intérieur, le couple a été surpris dans une "position immorale" juste avant le viol. Ce sont donc, les deux jeunes gens qui sont poursuivis pour atteinte à la pudeur malgré les démentis catégoriques du couple victime de l’agression policière. C'est en réalité la simple présence d'un couple non marié dans un espace public qui est jugé immoral et non pas le viol, commis de surcroît par des agents de l'ordre.

L'avocate des victimes, qui doit accompagner ses clients le 2 octobre prochain, espère que l'affaire sera classé "sans suite" parce qu'ils risqueraient d'écoper de 6 mois de prison ferme. En effet, depuis la révolution tunisienne, les femmes sont régulièrement victimes de violences policières du fait du discours tenus par le parti Ennahda vis-à-vis des femmes, préparant ainsi le terrain à de telle attitudes.

Depuis l'arrivée au pouvoir d'Ennahda, un parti islamiste que d'aucun qualifient de modéré, plusieurs ONG dénoncent le comportement de la police à l'égard des femmes, qui seraient régulièrement harcelées pour leur tenue vestimentaire ou leur simple présence nocturne. Il y a lieu de signaler que, suite à un large mouvement de contestation, les islamistes d'Ennahda ont abandonné lundi dernier leur projet d'inscrire dans la constitution tunisienne la "complémentarité" des sexes en remplacement du Code de statut personnel (CSP) de 1956 qui garantissait l'égalité des sexes dans plusieurs domaines.

zp,
SIWEL 271419 SEP 12




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