Tribunal de Tizi Wezzu: Deux manifestants d’Ihasnawen devant le juge aujourd’hui

24/02/2014 - 20:09

IHASNAWEN (SIWEL) - Tous les habitants d’Ihasnawen de la commune de Tizi Wezzu se sont rassemblés ce matin devant la cour de Tizi Wezzu. Ils réclament la libération de deux jeunes de ce village arrêtés le 19 février dernier par les services de sécurité lors des affrontements qui ont secoué ce village. Ils ont été placés sous mandat de dépôt depuis et de lourdes charges sont retenues contre eux.


Le tribunal délictuel de Tizi-Ouzou a ouvert aujourd’hui, en début d’après-midi, le dossier portant sur les émeutes provoquées le 17 de ce mois par les jeunes du grand village Ihsnaouène, commune de Tizi-Ouzou. A la barre, trois prévenus, en l’occurrence les nommés Sofiane Annane, Ali Sahli et Khaled Athmane. Les deux premiers cités sont en détention depuis la journée du 17 février au soir alors que le troisième a comparu libre.

Devant la cour, plusieurs dizaines de jeunes gens du village Ihsnaouène, parmi lesquels se trouvait, par solidarité, le président du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït-Chebib, ont tenu un rassemblement en guise de soutien aux prévenus. La sœur De Soufiane Annane, qui a pris part à la manifestation, a déclaré à Tamurt.info que son frère a été arrêté injustement par les services de sécurité puisqu’il n’avait absolument rien à voir avec ces manifestations. « Il a été arrêté exactement à 19h30 pendant qu’il se trouvait à la maison », affirme notre interlocutrice qui ajoute que l’arrestation de son frère a été musclée. Mlle Annane a parlé de coups donnés par les policiers à son frère en sus de l’avoir fait tomber au sol avec brutalité. Avec émotion, notre interlocutrice décrit son frère comme l’exemple du citoyen « tranquille » puisque en dehors de son métier de cuisinier qu’il a toujours exercé avec abnégation, il s’adonne à sa passion favorite : la pratique du sport.

Quant aux faits qui se sont produits au cours de cette journée du 17 février dans la matinée, les jeunes gens d’Ihsnaouène ont procédé à la fermeture de l’autoroute traversant la rocade sud et à proximité du village d’Ihsnaouène. Plus tard, dans la soirée, les brigades antiémeutes se sont déplacées au village où selon les témoignages des manifestants ont fait dans la provocation des habitants puisque « des bombes lacrymogènes ont été même lancées sur les balcons des habitations ». S’agissant de la colère des jeunes d’Ihsnaouène d’où leur décision de bloquer l’autoroute, elle repose sur un fait notable : la trahison dont ils victimes de la part des autorités quant à la construction d’un stade de football.

Un membre du comité du village d’Ihsnaouène, le nommé Arezki Ibaroudène, a déclaré à Tamurt.info que le terrain existe car son propriétaire, un certain Annane, a non seulement accepté de le vendre à l’APC pour en faire un stade mais il n’a demandé aussi qu’un prix selon la fourchette des Domaines, c’est-à-dire un prix raisonnable. « Il se trouve que quand nous avons le président de l’APC de Tizi-Ouzou à ce sujet, affirme Arezki Ibaroudène, il a manifesté de grandes dispositions pour nous donner satisfaction. Hélas, quand nous sommes retournés à l’APC quelques jours plus tard pour nous enquérir des suites du dossier, on nous a, à notre grande surprise, fermé la porte au nez. Nous avons essayé dès lors de nous adresser à l’administration de la wilaya. Nous avons également trouvé les portes fermées. Personne n’a daigné nous écouter. Le chef de daïra a essayé de nous épauler mais a trouvé des résistances. En fin de comptes, les gens font partie de l’autorité nous ont tout simplement demandé de trouver la solution autrement ».

En ce qui nous concerne, nous avons mené une petite enquête au sujet de ce terrain. Et d’après nos résultats, il se trouve que ce terrain, promis pour être un stade de football au profit de la jeunesse d’Ihsnaouène, est convoité par des prédateurs du foncier. Il se trouve cependant que son propriétaire répondant, rappelons-le, au patronyme d’Annane ne veut pas le céder à personne d’autre que les la jeunesse d’Ihsanoune car son usage obéit à la noblesse sportive. Il n’en demeure pas cependant qu’en dépit de la position claire du propriétaire, les prédateurs du foncier ne se laissent pas aller au découragement. Ils ont même osé actionner les leviers de l’administration « pour arriver à leur fin ». S’agissant enfin du procès, son issue sera connue demain.

Saïd Tissegouine - R.Moussaoui








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