Tamazight « langue nationale » et « discrimination linguistique » cohabitent « harmonieusement » en Algérie

13/11/2013 - 16:57

DJAAFRA (SIWEL) — Depuis que Tamazight est langue nationale, son enseignement ne s’est jamais aussi mal porté. Tamazight, première langue de l'Afrique du Nord, est effectivement en régression permanente depuis que l’Etat a décidé de la « nationaliser » après le massacre du printemps noir. Les institutions algériennes phagocytées par l’idéologie arabo-islamiste n’ont jamais voué que haine et mépris à Tamazight. Depuis plus d'une une année les enseignants de Tamazight exerçant dans la commune de Djaafra ne sont pas payés et encore moins titularisés par l’académie coloniale de Bordj Bou Araridj. Le Mouvement kabyle MAK et le collectif des étudiants et diplômés de Tamazight appellent à un sit-in le 10 décembre 2013 si la situation de ces enseignants n’est pas régularisée d’ici-là.


« Heureux les martyrs qui n’ont rien vu ! ». Plus ça va et mieux on comprend le sens de la célèbre phrase du Maquisard Bessaoud (PH/DR)
« Heureux les martyrs qui n’ont rien vu ! ». Plus ça va et mieux on comprend le sens de la célèbre phrase du Maquisard Bessaoud (PH/DR)
La langue arabe, qui a débarqué en Afrique du Nord avec son contingent de guerriers conquérants, a un statut de langue obligatoire. En plus du caractère facultatif de l’enseignement de Tamazight, les directeurs d'établissements, en complicité avec le ministère de l'éducation algérienne, dont ils sont les serviles obligés, usent de tous les moyens mis à leur dispositions pour inciter les parents d’élèves à dispenser leurs enfants d’une « matière qui ne leur sert à rien ». Et cela afin que le régime algérien puisse par la suite, et preuve à l’appui, prétexter son refus de poursuivre l’enseignement de Tamazight par le fait que ce soit les élèves et les parents qui rejettent cet enseignement et non pas l’Etat qui en assure sa « protection » et sa promotion depuis sa nationalisation, non sans avoir, au préalable, assassiné 128 kabyles et fait plusieurs milliers d’handicapés, au cours du Printemps Noir. C’est donc à cela que le sang des martyrs a servi…Plus ça va et mieux on comprend le sens de la célèbre phrase du maquisard Bessaoud quand il disait « heureux les martyrs qui n’ont rien vu ! ».

Ce que subissent les enseignants de Tamazight dans la localité de Djaâfra, département de Bordj Bou Areridj, est un exemple de cette politique de discrimination à l'égard de l’unique langue authentique de l'Algérie. En effet, depuis plus d’une année, 4 enseignants sont privés de leurs salaires. Ils ne sont pas payé depuis septembre 2012 et le directeur d'études de ce que l’on nomme « l'Académie de BBA » refuse même de les recevoir, jugeant inutile de perdre son temps avec des pseudos enseignants qui n’avaient qu’à enseigner l’arabe. Si tel avait été le cas, ils ne seraient effectivement pas dans cette situation.

Les enseignants de tamazight sont des « laissés pour compte ». L’administration arabo-islamique se comporte comme une l’entité coloniale qu’elle est vis-à-vis des indigènes amazighs et les responsables de « l'Académie » œuvrent à pousser ces enseignant à abandonner leur poste de façon à mettre un terme à l'enseignement de Tamazight dans ce département qui est historiquement kabyle mais qui ne doit surtout pas le rester, colonialisme oblige !

Pourtant, selon la réglementation de l’administration algérienne, ces enseignants auraient dû être titularisés après 9 mois d'exercice, comme tout enseignant quelle que soit la matière enseignée, mais tamazight est étrangère chez elle, c’est exactement cela le colonialisme. Ces enseignants sont ignorés et aucun inspecteur de l’académie coloniale arabo-islamique algérienne ne daigne s’occuper de leur cas. Mais fallait-il s’en étonner, si les colons se souciaient de leurs indigènes, cela se saurait…

Les victimes de cette flagrante discrimination raciale continuent pourtant d'enseigner sans percevoir leur salaire depuis une année. Courageusement, par principe, ils refusent de jeter l’éponge et refusent de voir tamazight disparaître à Djaafra, comme le souhaite l’académie de BBA, conformément au plans du ministère algérien de l’éducation.

Face au mépris d’une administration ouvertement coloniale, ces enseignants ne savent plus quoi faire pour faire valoir leur droit. Leur « crime » consiste à ne pas céder au chantage et à la discrimination raciale et cela l’Etat algérien compte bien leur faire payer pour leur apprendre à persister à enseigner une langue qui gêne le colonialisme arabo-islamique ; et ce, en dépit des pressions et des discriminations dont ils sont l’objet depuis une année .

Alertés sur cette affaire, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et le collectif des étudiants et diplômés de Tamazight ont unanimement dénoncé l’infâme attitude discriminatoire d’une pseudo académie qui se fait le relai du despotisme arabo-islamique en terre amazighe avec la bénédiction du gouvernement de Sellal, encore un bachagha, dans l’effort constant et acharné de dékabylisation de Djaâfra et de BBA en privant les enfants kabyles d'accéder à leur langue maternelle.

Le MAK et le collectif des étudiants et diplômés de Tamazight apportent leur soutien indéfectible aux victimes et exigent leur réhabilitation immédiate dans leurs droits. Ils appellent à l'organisation d'un Sit-in le 10 décembre 2013, à l'occasion de la journée internationale des droits de l'homme, devant le siège de l'Académie coloniale de BBA si les autorités concernées ne réparent pas cette injustice basée sur une discrimination raciale de nature coloniale et qui n'a que trop duré.

cdb,
SIWEL131657 NOV 13





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