Sarkozy contre la venue du prédicateur Youssef al-Qaradawi en France

27/03/2012 - 10:19

PARIS (SIWEL) — L'allié d'Alger dans la "réconciliation nationale", l'imam Youssef al-Qaradawi, n'est pas le bienvenu sur le sol français a estimé Nikolas Sarkozy qui a interdit sa venue en France. L'imam-prédicateur était l'invité du congrès de l'Union des organisations islamiques de France.


Yusuf Al Qaradawi déjà banni des territoires américain, britannique et israélien. (PHOTO : AFP)
Yusuf Al Qaradawi déjà banni des territoires américain, britannique et israélien. (PHOTO : AFP)
Interdit de congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) par Nicolas Sarkozy, Cheikh Youssef al-Qaradawi, 86 ans, l'imam dont les émissions sur la chaîne de télévision al-Jazeera sont très suivies dans le monde musulman est d'origine égyptienne, réfugié au Qatar depuis quarante et un ans.

Cheikh al-Qaradawi s'est fait remarqué dernièrement par ses propos antichiites, et ses appels virulents contre le régime de Bachar el-Assad en Syrie et la minorité alaouite qui le soutient.

Ses « discours ne sont pas compatibles avec l'idéal républicain », a déclaré Nicolas Sarkozy hier lundi 26 mars, sur France-Info. Il a précisé qu'il avait pris soin d'indiquer à « l'émir du Qatar lui-même que ce monsieur n'était pas le bienvenu sur le territoire de la République française» (NDLR : le prédicateur bénéficie d'un passeport diplomatique qatari). Pour Nicolas Sarkozy, Cheikh Hamad al-Thani, al-Qaradawi est un pion essentiel dans le sponsoring que son pays exerce désormais sur les islamistes au pouvoir en Égypte et en Tunisie, liés aux Frères musulmans, dont est issu Youssef al-Qaradawi.

L'émission hebdomadaire « La charia et la vie » sur la chaîne Al-Jazeera enregistre une forte audience dans le monde arabe. Le prédicateur y aborde les thèmes comme l'internet, le crédit bancaire, la musique contemporaine, mais également les conditions pour effectuer « le djihad ». Le prédicateur est connu pour ses interventions et ses prêches qui viennent asseoir les orientations politiques des gouvernants et influencer l'opinion publique. Au Qatar, il lui avait été demandé de plaider dans les mosquées en faveur du vote féminin.

En Algérie, il fut l'allié de Bouteflika dans sa politique de réconciliation nationale avec les islamistes.
Le pouvoir algérien l'avait même dépêché en Kabylie, en mars 2006, pour renforcer le gouvernement algérien qui avait voté une loi avec le soutien des partis islamistes, loi se rapportant sur la réglementation de l'exercice de la religion en Algérie dont le but serait d'endiguer la prolifération des confessions autres que l'islam dans des régions comme la Kabylie, où de nombreuses églises avaient vu le jour.

cc/bbi/wbw
SIWEL 271019 MAR 12




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