Ravah Arkam appelle à l'union : "Commencer par exister, et de manière forte, en tant que nation kabyle"

07/10/2016 - 08:23

PHILADELPHIE, USA (SIWEL) — "On ne compte qu’avec ce qui existe. Pour être une nation forte, il faut être une communauté animée de la volonté affirmée de vivre ensemble dans la cohésion. Une communauté liée par la culture, l’histoire et un destin communs, confiante en elle-même." Pour parer aux événements malsains que réservent le pouvoir colonial algérien à la Kabylie, Mas Ravah Arkam pour qui "l'unification est nécessaire", a tenu à faire partager son opinion sur la situation et les enjeux de notre avenir :


Ravah Arkam repésentant la Kabylie lors de la XVème session de l’instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones, au siège de l'ONU, à New-York, le 19/05/2016 (PH/DR)
Ravah Arkam repésentant la Kabylie lors de la XVème session de l’instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones, au siège de l'ONU, à New-York, le 19/05/2016 (PH/DR)
Pour la comprendre, il est nécessaire de s’ y arrêter, pour s’imprégner des éléments qui ont conduit à son apparition, les examiner, se les approprier, les intégrer afin d’envisager plus sereinement l’avenir, sur lequel pèse encore de lourdes incertitudes.

Faute d’accomplir cette nécessaire introspection, nous courons le risque de ne pas en tirer toutes les leçons, en nous obstinant, de manière persistante, à rester enfermés dans un conflit idéologique, partisan et tribalisme, nourri par l’ignorance et le ressentiment, où s’affrontent des émotions, des mémoires, des perceptions, des imaginaires et des contre-vérités.

Cette attitude en dit davantage sur nous-mêmes, sur notre indépendance d’esprit, notre probité, dans notre rapport à la politique et à la morale sociale, que ne le peut notre discours, souvent marqué par le sceau de la duplicité intellectuelle, de l’ignorance, de la rancune et de la désinformation (déformation de la réalité, lutte d’influence, d’intérêts privés et politiques). Elle dévoile la véritable nature de notre rapport à la Kabylie, aux autres, et à l’intérêt général.

La réflexion qui s’impose à nous, pose la question des finalités de notre action politique et citoyenne, de notre combat idéologique, de nos postures intellectuelles et de nos attitudes morales. Il s’agit, de vérifier s’ils trouvent un bon accord avec notre intérêt collectif, en tant que nation.

Or, le sens de notre existence, en tant que nation, découle en grande partie de nos expériences communes, autant dire de notre histoire. C’est pourquoi, nous avons besoin de nous y référer, pour nous procurer le moyen de définir un projet de société consensuel dans ses fondamentaux, susceptible de prédéterminer notre futur, donc de préparer notre avenir, afin que les prochaines pages de notre histoire, ne s’écrivent plus comme par le passé, contre notre intérêt collectif, au bénéfice des intérêts particuliers et privés de certains individus et groupements politiques (enjeux de pouvoir et d’enrichissement personnel). La notion même d’intérêt collectif est faible, parce que trop vague, abstraite et générale, dans la définition de son contenu.

Celui-ci nous impose des devoirs et des obligations, au rang desquels notre examen de conscience et une évaluation d’étape. Nous devons aller chercher en nous-mêmes, et non à l’extérieur, les raisons profondes de notre situation actuelle, car il ne faut pas se tromper, celle-ci résulte de nos actions, de nos choix, de nos attitudes et de nos comportements. Nous devons avoir la force et l’honnêteté de faire face avec lucidité et objectivité, à la fois, à notre passé récent, mais aussi, aux situations nouvelles qui s’offrent à nous, comme étant autant d’opportunités de conjurer ce sombre épisode de notre histoire.

Il est encourageant de savoir que nous avons le pouvoir d’infléchir positivement la trajectoire de notre histoire et que nous possédons la capacité de façonner notre avenir. Il n’y a pas de fatalité, et d’une certaine manière, nous n’avons que ce que nous méritons. Notre histoire n’est pas que notre mémoire, le substrat de notre subconscient collectif, elle est aussi un marqueur, qui nous donne la mesure de notre évolution.

C’est une prise de conscience et un acte de foi en l’avenir, car nous avons connu dans un mouvement de balancier, le bonheur et le malheur, pour nous indiquer, sur la base du bilan de cette expérience, la direction à suivre.
Il nous revient dans cette perspective, de croire en la Kabylie, en sa force et en son âme, de croire au génie et à la sagesse de son peuple, en sa capacité à se relever, à se dépasser, pour regarder vers l’avenir.

M. Ravah Arkam
Militant des droits de l'homme

SIWEL 070823 OCT 16



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