Rachid Bouksim du festival du film amazigh marocain : « Le mouvement kabyle m’inspire à chaque instant »

01/10/2013 - 12:33

AGADIR (SIWEL) — Militant infatigable de la cause amazighe et ami du mouvement kabyle, Rachid Bouksim, commissaire du Festival international Issni N’ourgh du film amazigh d’Agadir au Maroc revient dans cet entretien sur les conditions dans lesquelles s’est déroulée la dernière édition du festival. Cette activité dédiée au cinéma amazighe a été privée, par les autorités marocaines par un financement attendu pour sa tenue.


Rachid Bouksim, commissaire du FIFINA. PH/DR
Rachid Bouksim, commissaire du FIFINA. PH/DR
SIWEL : Vous avez organisé le Festival international du film amazigh, et ce malgré le maigre financement dont vous avez bénéficié, quelles sont les circonstances dans lesquelles se sont déroulées les activités ?

Rachid Bouksim : Je ne vous cache pas que les éditions antérieures se sont déroulées dans des circonstances, je ne dirais pas que c’était copieux, mais dans les règles de l’art, juste pour résumer les conditions favorables où immergeait le Festival Issni N’Ourgh International du Film Amazighe – FINIFA -. La 7ème édition était pour le staff Issnioui un évènement accablant voire persécuteur, vu la rancune manifestée par nos instances sensées veiller sur la chose culturelle au Maroc. Pourtant, la direction du festival a étalé un programme fertile et audacieux au profit du public Gadiri et pour le large public qui assiste de plus en plus au FINIFA. Un symposium a été organisé sous le thème : cinéma, politique et littérature auquel, ont participé divers intervenants représentant l’intelligentsia moderne œuvrant dans la seigneurie de la pensée, la critique et l’art, en provenance de Catalonie, d’Algérie, des îles canaries, de France, de Suisse et du Maroc. Aussi, des ateliers thématiques ont été programmés coiffant plusieurs sensibilités artistiques, à savoir la langue et la critique cinématographiques, les techniques de graphisme, le scénario et la co-production. Les festivaliers ont tous contribué – par-dessus le marché – à l’élaboration de la charte nationale d’Agadir pour le film Amazigh qui reste le chef d’œuvre de la 7ème édition du FINIFA.

Pourquoi votre festival n’a pas bénéficié de sommes exigées pour son organisation ?

Nous sommes victime de la vision jacobine qui règne dans les rouages de nos institutions, surtout celles de tutelle. Le ministère de la communication et le CCM ainsi que la commission chargée de subventionner les festivals sont en deçà de la constitution récemment révisée et qui est en faveur de l’amazighité du pays ; surtout les prescriptions de l’article 5 de ladite constitution. La commission a décidé donc de nous allouer une somme de 50.000.00 DH qu’on considère comme une subvention indigne, alors que la même commission a subventionné deux autres festivals basés à Agadir avec des sommes beaucoup plus importantes. Et selon des propos émanant des responsables de cette commission, notre festival est loin d’être un festival en bon et due forme, mais notre question est toujours vive, quels sont les critères de la commission chargée de subventionner les festivals sur lesquels elle se base pour subventionner les festivals ?

Y’a-t-il une volonté d’étouffer cette voie ?

Écoutez, le recours à la justice reste toutefois, la meilleure voie pour éradiquer ce fléau engendré par les instances de tutelle. D’ailleurs, la 7ème édition du FINIFA cette année a constitué une protestation contre l’attitude du ministère et du CCM et de leur commission.

Vous ne pensez pas que le Festival est un carrefour de rencontre des Amazighs, et c’est pour cela que les autorités marocaines tentent de le saborder ?

C’est difficile de diaboliser les autorités marocaines, en faite pas tout l’autorité, c’est comme si vous considérer que les incidents qui surgissent de temps en temps des provinces ou des wilayas, ici et là, et qui sont généralement mal vu en point de vue de droits humains, portent atteinte à l’amazighité. Disons plutôt, qu’il s’agit de mentalités archaïques qui gèrent les dossiers stratégiques du pays tel le dossier amazigh, qui consiste un champ primordial, et comme disait Habib ELMALIKI – l’ex ministre de l’éducation marocaine – « dans l’amazigh, on n’a pas droit à l’échec ».

Quels sont vos liens avec le Festival du film amazigh algérien, tout en sachant que le festival algérien est géré par le pouvoir d’Alger ?

Nos relations avec les organisations algériennes remontent à des décennies, et je serai franc avec vous, beaucoup de choses ont été faite par les poches de résistances au changement pour entraver ces relations mutuelles entre nous, mais notre conscience été plus forte que les agendas de ses mouchards. On persiste toujours, et on continue à nouer d’autres relations, surtout avec les festivals œuvrant dans le domaine du cinéma, et comme tu viens de citer, avec le festival du film amazighe «FCNAFA».
Concernant, la gestion dudit festival, je ne me permis pas de me mêler à la cuisine interne de nos confrères organisateurs. Mon souci, reste pour toujours, la promotion du cinéma amazighe et à travers le cinéma, c’est toute une identité qui y persiste.

Avez-vous des projets pour le cinéma amazigh ?

Ma préoccupation majeure à l’heure qu’il est, est bien entendu la continuité du FINIFA et la préparation de la 8ème édition pour l’année prochaine. Le fonds d’aide Issni N’Ourgh pour le film amazigh, qui a financé deux films lors de sa première édition, va continuer ses recherches et ses exploits en vue d’alimenter d’autres projets cinématographiques marocains. N’oublions surtout pas le projet de la charte national pour le film amazigh qui comporte énormément de sous projets, à savoir des créations de beaucoup d’instances régionales susceptible de donner élan au cinéma amazigh.

La Kabylie, un des pionniers du combat amazigh revendique son autodétermination, que vous inspire cette revendication ?

D’abord, je dois signaler que l’écart qui sépare le mouvement amazigh au Maroc de celui d’Algérie dépasse les 50 ans, ce qui rend presque impossible d’approcher l’expérience marocaine en se référant de l’expérience algérienne. Mais, le mouvement en Kabylie reste pour moi un répertoire incontournable qui m’inspire chaque instant.

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SIWEL 01 1233 OCT 13





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