Patrimoine de la Wilaya 3 : la Kabylie trahie - LE HOLD-UP D’HIER A ALIMENTÉ LA DICTATURE D’AUJOURD’HUI

14/04/2014 - 22:30

KABYLIE (SIWEL) - "Voila 4 ans que cette histoire a été rendue publique. En dehors du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK), aucune voix du gouvernement, ni de l’opposition et ni d’objecteurs de conscience n’a réagi.

Aujourd’hui, les peuples d’Algérie qu’on invite encore à participer à la kermesse présidentielle ont le droit de savoir qu’est-il advenu du trésor de la wilaya 3 et où sont passés les autres comptes des structures de la Révolution qui avaient, rappelons-le encore et encore, toutes, une complète autonomie financière en matière de collecte et de mise à disposition ?

Cette interpellation s’adresse à Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis, Louiza Hanoune, Rébaïne Ali Faouzi, Moussa Touati et Abdelaziz Bélaïd."

Siwel publie l'intégralité de cette déclaration-interpellation signée par un groupe de patriotes kabyles.


Patrimoine de la Wilaya 3 : la Kabylie trahie

LE HOLD-UP D’HIER A ALIMENTÉ LA DICTATURE D’AUJOURD’HUI

En remettant à Ben Bella l’épargne de guerre de tout un peuple péniblement thésaurisée durant des années de misère et de privations, les responsables de la Kabylie de l’époque ont financé la propre perte de leur région. Mais le pire n’est pas dans ce geste qu’on peut attribuer à la limite à une candide naïveté, le plus grave est qu’il ait été compris par le clan d’Oujda qui a pris le pouvoir avec violence comme un signe de soumission. Suite à cette compromission au détriment de peuple kabyle, la Kabylie est devenue le souffre-douleur éternel et la vache à traire occasionnelle du système.

Il faut reconnaitre cependant que le dilemme n’était pas facile à trancher pour les responsables de la wilaya 3 d’alors. Deux alternatives se présentaient à eux :
- ou bien partager le pactole entre les chefs et les cadres militaires, option qui allait entraîner immanquablement une série interminable de dénonciations, de réclamations, d’aigreurs et de règlements de compte ;
- ou alors le remettre à la représentation de l’état, faisant ainsi preuve de nationalisme et d’unité nationale. C’est la deuxième option qui a été choisie par le colonel Mohand Oulhadj Akli. À plus et mieux informés sur cette affaire, nous laissons le bénéfice du doute au profit de ceux qui ont pris cette décision.

Mais le scandale est ailleurs !
Lorsque, le samedi 28 août 2010, un ancien colonel de l’ALN, fils du dernier commandant de la wilaya III, dépositaire des archives a accepté de rendre public le reçu des versements du patrimoine de la wilaya III, publiés dans El Watan de cette date, il ne pensait pas détenir la preuve d’une forfaiture générale perpétrée par Ben Bella et le clan d’Oujda.
En effet, alors qu’un véritable trésor composé d’argent, de bijoux, de lingots d’or et de diverses donations a été remis contre quitus à la présidence de la République, autrement dit à Ben Bella par les responsables de la Wilaya III, aucune autre structure organique de la Révolution n’a fait de même.
Pour rappel, les démembrements structurels de la Révolution qui avaient tous l’autonomie financière étaient :
- la Wilaya 1 : Aurès-Nemenchas ;
- la Wilaya 2 : Nord-Constantinois ;
- la Wilaya 3 : Kabylie ;
- la wilaya 4 : Algérois
- la Wilaya 5 : Oranie ;
- la Wilaya 6 : Sud.
A cela s’ajoute la Zone Autonome d’Alger (ZAA) et la Fédération FLN de France.

Le pactole remis le 31/12/1964 par la Wilaya 3 à ses propres bourreaux comptait, sans être exhaustif :
- 4 millions de Nouveaux-Francs,
- 46 lingots d’or d’un kilogramme chacun,
- 44 pièces d’argent de 5 francs.
- une paire de bracelet d’or,
- un tour de cou avec une pièce de 50 francs en or,
- 84 pièces d’or de 10 francs,
- 9 278 pièces de 20 francs en or.

Ce trésor provient des cotisations et donations des citoyens kabyles au profit de ce qu’ils croyaient être la révolution qui allait leur apporter la liberté et la prospérité. En retour, la Kabylie a laissé encore sur le carreau près de 500 citoyens, tués par les troupes fraiches et guillerettes du clan d’Oujda qui ont enfin trouvé l’heureuse occasion de tirer un baroud, même si c’est contre ceux qui étaient censés être des frères d’armes.

Après la première révélation publique (El watan du 28 août 2010) de cette affaire d’état avec preuves écrites à l’appui, des personnalités du Gouvernement et de partis politiques auraient réprimandé son auteur par téléphone sous prétexte de risquer de réveiller « la fitna entre Algériens ».
La belle affaire ! On convoque une fois de plus la religion pour absoudre une forfaiture et le nationalisme pour justifier un gangstérisme d’état de Ben Bella dont les manières ont été annoncées lors du congrès de Tripoli en mai 1962 à l’adresse de Ben Khedda, le Président du GPRA d’alors. Certains de ses sbires sont encore vivants dont un certain Abdelaziz Bouteflika qui a été son ministre des AE dans le gouvernement 3 (2 septembre 1964 – 19 juin 1965).

Voila 4 ans que cette histoire a été rendue publique. En dehors du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK), aucune voix du gouvernement, ni de l’opposition et ni d’objecteurs de conscience n’a réagi.

Aujourd’hui, les peuples d’Algérie qu’on invite encore à participer à la kermesse présidentielle ont le droit de savoir qu’est-il advenu du trésor de la wilaya 3 et où sont passés les autres comptes des structures de la Révolution qui avaient, rappelons-le encore et encore, toutes, une complète autonomie financière en matière de collecte et de mise à disposition ?

Cette interpellation s’adresse à Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis, Louiza Hanoune, Rébaïne Ali Faouzi, Moussa Touati et Abdelaziz Bélaïd.


Kabylie, le 12 avril 2014

INAZVAYEN,
GROUPE DE PATRIOTES KABYLES






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