Nomination d’un nouvel Exécutif : un non-événement pour la Kabylie

06/09/2012 - 18:17

KABYLIE (SIWEL) — La nomination d’un nouvel Exécutif est passé inaperçu en Kabylie. « C’est un non-événement pour la région », ont indiqué pour Siwel des citoyens de la région rencontrés par nos correspondants.


Bouteflika et son premier ministre amusant la galerie. PH/DR
Bouteflika et son premier ministre amusant la galerie. PH/DR
A Vgayet, la nouvelle semble ne pas attirer l’attention des citoyens. Vaquant comme d’habitude à leurs occupations quotidiennes, ces citoyens « n’attendent pas grand-choses d’un pouvoir hermétiquement fermé et historiquement condamné », a souligné un sexagénaire de la ville d’Aqvu.

Même réaction à Tazmalt, Ighil-Ali et Sidi Aïch, la totalité des citoyens abordés par Siwel abondent dans le même sens, en soulignant que cela ne les intéresse pas pour autant.

« Nous les Kabyles, ne nous sommes que de simples sujets dominés par un pouvoir militaire », à déclaré Djamel, militant d’un parti politique fortement implanté dans la région. Pour cet étudiant, « il faut impérativement mobiliser les citoyens de la région autour d’une idée salvatrice, qu’est l’exigence d’un statut particulier pour la région ».

Aux accents « auto-déterministes », notre interlocuteur a ajouté qu’il était militant du FFS. Un parti qu’il quittera suite à la participation de cette formation aux dernières législatives. « Le FFS n’a aucun droit de légitimer un pouvoir illégitime ».

A El Kseur et Vgayet-ville, hormis quelques curieux qui se sont rués sur les étals de la presse pour s’informer de la nouvelle équipe mise sur place, Mehdi, un buraliste de la ville des Hammadites s’est dit très « déçu par l’équipe désigné après plusieurs mois d’atermoiements ». Ce pays mérite un « meilleur pouvoir », disait-il, avant qu’un client n’assène, dans le même sens, « ces gens ont trahi le sang des martyrs ».

A Tubirett, l’annonce d’un nouvel Exécutif n’est ressentie que comme une chose ordinaire par les citoyens. « Hier, un jeune chômeur a été condamné à plusieurs mois de prison ferme », pour avoir « saccagé un portrait de Bouteflika », rappel ce syndicaliste.

Il a, tout de même souligné qu’avec le départ d’Ould Abbès, ministre de la Santé et Boubekeur Benbouzid, ministre de l’Education, « on a le droit d’espérer, même pour un laps de temps, une nouvelle gestion de ces secteurs ».

« Pourquoi les ministères de souveraineté sans toujours dominés par les anciens du MALG ? », s’est interrogé Hamid, correspondant local d’un journal. Pour ce pigiste, il est tout à fait normal « que les citoyens tournent le dos à ce genre de question, vu la déception et la trahison dont ils sont victime depuis l’indépendance du pays ». Et d’ajouter que « seule une révolution citoyenne peut venir à bout de ce pouvoir qui corrompe même le FMI et l’OTAN ».

A Tizi-Ouzou « seuls les relais locaux de la mafia d’Alger étaient sur le qui-vive » avant l’annonce du nouveau gouvernement, a expliqué Omar, fonctionnaire dans une administration. Pour lui, « le départ de certains ministres signifie la fin des avantages pour plusieurs clients et larbins », a-t-il ajouté.

Massinissa, un jeune chômeur rencontré à Larbaâ Nat Yiraten n’y va pas par trente six chemins pour dire toute l’inimitié qu’il a contre ce pouvoir. « Il faut que les Kabyles comprennent qu’ils auront rien avec ce pouvoir sauf des balles explosives, des feux de forêts, de la manipulation et de la répression », a-t-il indiqué, avant de souligner que « seule l’autodétermination de la Kabylie est à même de nous assurer un minimum de transparence dans la gestion des affaires publiques ».

Karim, son ami, receveur de bus, ne partageant pas cette idée, prône, quand à lui « un soulèvement de tout le pays contre le pouvoir », pour le déloger.

Une idée qui a fait réagir ironiquement Massinissa qui a ajouté que « les Algériens ne s’unissent que pour défendre des peuples étrangers et jamais leurs intérêts ». Karim a répliqué que : « c’est ce pouvoir qui a provoqué cet état de fait. Massinissa, le verbe vif répond : « On a perdu assez de temps à attendre les Algériens prendre conscience de leur réalité, donc, on ira sans eux ! ».

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Siwel 061817 sept12





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