Nafa Kirèche, ministre du GPK, répond à Said Sadi " Nous sommes fiers de structurer l’espoir des kabyles"

14/05/2015 - 17:40

DIASPORA (SIWEL) — "Le printemps berbère 2015 marque, comme je l'ai déjà dit, un tournant dans l'Histoire de la Kabylie et de l'Afrique du Nord en général. Nous avons beaucoup semé depuis 2001. Cela a permis à la Kabylie de rester vivante. Les kabyles ont, pour la première fois depuis l'indépendance, un horizon d'espoir. La répression du régime, la violence des islamistes et la trahison des élites et partis politiques kabyles ont failli tuer définitivement l'âme kabyle. J'en profite pour apporter une précision importante dans notre combat. Ce que nous voulons, c'est sauver "l'âme" de la Kabylie, empreinte de liberté, d'égalité, de fierté, de dignité et d'honneur. Contrairement à Sadi, et à nos détracteurs en général, pour qui l'important est d'ordre matériel quitte à jeter la Kabylie par dessus bord. Les kabyles comprennent de plus en plus cet enjeu. Et cela nous rend optimistes."


SIWEL : Monsieur le Ministre, Said Sadi a utilisé des mots très durs contre le MAK et le GPK. Il a ainsi estimé que le projet de libération de la Kabylie est "sans issue" et que vous "structurez le désespoir" des kabyles. Quelle est votre réaction ?

Ecoutez je répondrais à ce Monsieur que le concept d'autodétermination est trop important pour que Sadi le liquide en quelques phrases assassines. Tout le monde sait que cet homme est de toutes les façons impossible à suivre et à comprendre. La Kabylie, ce sont lui et ses alliés qui l'ont conduite dans l'impasse.

Par le passé, il a dit s'être "trompé de société". Je pense pour ma part que le peuple kabyle ne s'est pas trompé en prenant ses distances avec lui. Il a également déclaré que "l'intégrisme, c'est comme la mort, on n'en fait l'expérience qu'une fois".

Aujourd'hui, le voilà allié des islamistes avec lesquels il échange des douceurs tandis qu'il retourne son fusil contre les indépendantistes kabyles. C'est probablement pour défendre le concept de "laïcité" avec les tenants de la Charia...contre le peuple kabyle.

Il avait promis de se raser la moustache si Bouteflika, dont il revendiquait l'amitié quelques années auparavant, était réélu après son premier mandat. S'erait-il à l'époque fait piéger par le DRS qui lui avait promis que l'homme d'Oujda ne serait pas reconduit dans ses fonctions ? Ce qui veut dire que, quand cela l'arrange, il est prêt à s'accommoder des manoeuvres des services secrets algériens...
Tous ceux qui étaient ses compagnons de lutte depuis le printemps berbère ont été contraints de partir à cause de son comportement destructeur et de son narcissisme qui en fait un véritable gourou.

Je n'évoquerais pas l'affaire Matoub et le harcèlement subi par la femme, la mère et la soeur du chanteur. Ce sont des femmes, elles sont vulnérables, ce que les dirigeants du RCD ont bien compris.
Alors je ne sais pas si notre chemin est "sans issue".

L'Histoire n'est pas écrite à l'avance. L'avenir de la Kabylie sera ce que les kabyles décideront d'en faire. Nous leur ouvrons un chemin vers la fierté et la dignité. L'impasse, nous y étions depuis longtemps. A cause notamment de Saïd Sadi.

La question est de savoir comment en sortir. Si Sadi pense qu'une alliance avec les islamistes, c'est structurer l'espoir, c'est qu'il a perdu quelques neurones en chemin.

Les kabyles semblent en tous les cas déjà avoir fait leur choix...

Le printemps berbère 2015 marque, comme je l'ai déjà dit, un tournant dans l'Histoire de la Kabylie et de l'Afrique du Nord en général. Nous avons beaucoup semé depuis 2001. Cela a permis à la Kabylie de rester vivante. Les kabyles ont, pour la première fois depuis l'indépendance, un horizon d'espoir.

La répression du régime, la violence des islamistes et la trahison des élites et partis politiques kabyles ont failli tuer définitivement l'âme kabyle. J'en profite pour apporter une précision importante dans notre combat. Ce que nous voulons, c'est sauver "l'âme" de la Kabylie, empreinte de liberté, d'égalité, de fierté, de dignité et d'honneur.

Contrairement à Sadi, et à nos détracteurs en général, pour qui l'important est d'ordre matériel quitte à jeter la Kabylie par dessus bord. Les kabyles comprennent de plus en plus cet enjeu. Et cela nous rend optimistes.

Comment percevez-vous concrètement cette adhésion ?

Grâce à l'action de Bouaziz Ait-Chebib et des militants en Kabylie, le MAK a atteint son rythme de croisière. Il a réussi à mener à bien la structuration du mouvement dans toute la Kabylie, ce qui n'était pas évident.

A l'étranger, le GPK continue également son travail diplomatique et des portes qui, jusque là nous étaient fermés, s'entrouvrent. L'agenda du président de l'Anavad est très chargé. Il a beaucoup de sollicitations. Cela traduit l'évolution positive du combat de la Kabylie pour sa liberté.

Nous sommes fiers d'avoir structuré l'espoir des kabyles.

Pour revenir à Saïd Sadi, celui-ci a rencontré la Diaspora en France récemment. Est-ce anodin ou y a-t-il volonté de court-circuiter votre action ?

Said Sadi et ceux qui l'activent savent ce que représente la Diaspora Kabyle et l'importance qu'elle revêt politiquement et économiquement pour la Kabylie. Le GPK est en exil et est désormais bien implanté en son sein. La Diaspora penche de plus en plus vers l'autodétermination.

La grande majorité du tissus associatif kabyle de l'étranger est acquise aux thèses indépendantistes. Cela semble inquiéter le régime algérien, dont fait moralement partie Saïd Sadi.

SIWEL 141740 MAI 15




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