Menaces algériennes sur les marches du 20 Avril en Kabylie : Le Gouvernement provisoire kabyle interpelle les instances internationales

11/04/2016 - 23:19

EXIL (SIWEL) — Le président du Gouvernement provisoire kabyle, Ferhat Mehenni, a adressé une lettre ce lundi à plusieurs institutions internationales (Ban Ki moon SG de l'ONU, Jean-Claude Junker président de la Commission européene, Barack Obama président des Etats-Unis d'Amérique, François Hollande président de la France, Idris Déby président de l'Union africaine, Bert Koenders président du Conseil de l'UE, François Alfonsi président de l'Alliance libre européenne, Donald Tusk président du Conseil européen et Vladimir Poutine président de la Fédération de Russie) les alertant de la répression programmée par le pouvoir algérien contre les manifestants pacifiques en Kabylie, à l’occasion des marches traditionnelles qui auront lieu le 20/04/2016 dans les villes de Tuvirett (Bouira), Vgayet (Bougie, Béjaïa) et Tizi-Wezzu (Tizi-ouzou).

Nous reproduisons ci-après la lettre adressée au SG de l'ONU :


ANAVAD AQVAYLI UΣḌIL
GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE
PROVISIONAL GOVERNMENT OF KABYLIA

PRÉSIDENCE


À MONSIEUR BAN KI MOON
SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU

VIOLATION DES DROITS HUMAINS EN ALGERIE
DEMANDE DE PROTECTION DES MANIFESTANTS KABYLES

Mas Amaray n Tuddsa n Leǧnas yeddukklen, Azul,

Monsieur le Secrétaire général de l’ONU,

J’ai l’honneur de solliciter en urgence la protection des Nations Unies contre la répression programmée par le pouvoir algérien en Kabylie, à l’occasion des marches traditionnelles qui auront lieu le 20/04/2016 dans les villes de Tuvirett (Bouira), Vgayet (Bougie, Béjaïa) et Tizi-Wezzu (Tizi-Ouzou).

Depuis 1980, à la date symbolique du 20 avril, la Kabylie fait entendre sa voix en affirmant ses droits et ses revendications qui, au fil des décennies, ont évolué. N’ayant reçu pour seules réponses que le déni et la répression, la Kabylie est passée de timides doléances culturelles (droits linguistiques et identitaires), à la demande d’une autonomie régionale en 2001.

Le Gouvernement Provisoire Kabyle en exil, l’ANAVAD, proclamé le 01/06/2010, porte maintenant l'exigence du peuple kabyle à son droit inaliénable à disposer de lui-même. Je vous adresserai, dans ce sens, un Mémorandum dans les deux mois qui viennent.

Monsieur le Secrétaire général

Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie est aujourd’hui la force politique qui a le soutien de la majorité des Kabyles. C’est sous sa bannière que sont organisées toutes les marches du 20 avril de ces dix dernières années.
Depuis les tragiques événements du « Printemps noir » (2001-2003), ayant fait près de 130 victimes et des milliers de blessés, la répression du pouvoir colonial algérien a cédé le pas à l’insécurité et à l'instrumentalisation du terrorisme « islamiste » en Kabylie.

La répression est de nouveau apparue en 2014. Vous pouvez la visionner en suivant ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=jXp-h6L1BjQ

Pour faire face aux succès diplomatiques du Gouvernement provisoire kabyle, Alger recourt à la manipulation pour ruiner l’audience de l’Anavad et porter atteinte à l’image de la Kabylie. En effet, les services algériens ont planifié et exécuté l’assassinat du joueur camerounais Albert Ebossé le 23 aout 2014 avant d’enlever et de tuer l'alpiniste français, Hervé Gourdel, un mois plus tard. Après que ces opérations de manipulation de l'opinion publique aient été déjouées grâce à la vigilance du peuple kabyle et le sens du devoir de la presse internationale, c’est de nouveau à la violence contre la Kabylie que songent ceux qui décident et agissent au nom de M. Bouteflika.

Brahim Merad (Wali de Tizi-Ouzou), Ali HADAD (homme d'affaires, patron à la fortune douteuse) et Ould Ali El Hadi (ministre), sont mis à contribution, par une circulaire du Premier Ministre algérien Abdelmalek Sellal, datée du 18/02/2016, sont mis en avant pour agiter le spectre d’un nouveau bain de sang en Kabylie.

C’est en raison de la gravité de la situation que je vous écris pour vous demander d’user de votre influence et de votre autorité afin de faire respecter les droits humains en Kabylie et prévenir les dangers qui pèsent sur les manifestants kabyles.

Pour notre part, nous tenons les quatre fonctionnaires cités ci-dessus pour directement responsables de toute violence qui surviendrait lors de ces marches pacifiques. La Cour Pénale Internationale sera saisie de chaque crime commis par leurs hommes de main durant cette journée mémorable.

Nous appelons à la plus grande vigilance et invitons tous les citoyens à marquer cet événement par leur présence massive. Nous invitons toutes celles et tous ceux qui le peuvent, à prendre des photos et à filmer ces marches historiques afin de mettre à nu et déjouer le complot ourdi contre la Kabylie et son peuple épris de paix et de liberté.

Monsieur Ban Ki Moon,

J’ose espérer qu’il est encore temps d’agir pour la paix et que les menaces proférées ne sont que des menaces en l’air. Le peuple kabyle descendra massivement dans la rue pour exprimer pacifiquement sa profonde aspiration à la maîtrise de son destin.

Je suis sûr que l’homme de paix et de diplomatie que vous êtes ne ménagera aucun effort pour faire renoncer Alger à sa soif de violence et de sang contre le peuple kabyle.

Veuillez, Monsieur Ban Ki Moon, agréer mes salutations les plus distinguées.

Tanemmirt

Exil, le 11 avril 2016

Pour l’Anavad
M. Ferhat Mehenni,
Président du Gouvernement provisoire kabyle


SIWEL 112319 AVR 16



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