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Meeting du MAK à Illulen Umalu : «L’enjeu dans ces élections est dans le taux de participation et nulle part ailleurs »

27/11/2012 - 14:04

ILLULEN UMALU (SIWEL) — Le MAK a choisi la commune d'Ilulen Umalu, pour animer son dernier meeting de rejet des élections du 29 novembre. Le meeting, qui a débuté aux environ de 16h, a vu se succéder à la tribune plusieurs membres du mouvement autonomiste pour développer, face à une assistance nombreuse, les raisons « évidentes » du rejet des élections locales.( actualisé)


M. Bouaziz Ait Chebib lors d'un meeting en Kabylie. PH/SIWEL
M. Bouaziz Ait Chebib lors d'un meeting en Kabylie. PH/SIWEL
C’est Massinissa Saidani, membre de la coordination locale (Ilulen Umalu), qui a entamé le meeting en condamnant la répression qu’a subie le village de Boubhir. « La répression qui s’est soldée par l’arrestation de 4 villageois, sortis défendre les intérêts de leur village contre l’utilisation inappropriée d’un terrain pour l’enfouissement de déchets techniques, démontre encore une fois la poursuite de la politique haineuse du régime raciste d’Alger envers la Kabylie » a-t-il rappelé. Il a déclaré que sa coordination apportait un « soutien inconditionnel aux habitants de Boubhir qui n’ont pas commis d’autre crime que celui de défendre leur environnement. L’écologie est, certes, une notion étrangère à l’Etat voyou de Bouteflika, mais nous sommes déterminés à ne pas lui faciliter son action de nuisance en Kabylie. » A-t-il poursuit.

Massinissa Saidani a conclu son intervention par cet appel « Nous appelons les citoyens kabyles à rejeter massivement ces élections de la honte », en soulignant avec émotion « Pendant que l’Etat poursuit tranquillement la destruction de notre territoires, on voudrait en plus qu’on aille voter et légitimer un ordre colonial ».

Ce fut ensuite au tour du Secrétaire national à l’organique, Mahmoud Chebri de prendre la parole. Ce dernier s’est insurgé contre « les pratiques de certains candidats qui n’ont rien trouvé de mieux comme argument que d’utiliser le nom de Ferhat Mehenni pour gagner des voix dans sa commune natale ». « Manquent-ils à ce point d’arguments pour utiliser le nom du président du GPK pour amener les citoyens d’Ilulen Umalu à aller voter ? » ceux qui se sont présenté ici, dans cette commune et qui ont, à juste titre, salué le combat et le parcours de Ferhat Mehenni, auraient du rejeter cette mascarade électorale au lieu d’apporter leur caution à un pouvoir criminel ». Puis, Mahmoud Chebri revenant sur la composition de certains candidats en lice, a conclu son allocution par « la médiocrité de la majorité des candidats est une autre preuve que ces élections n’ont aucune importance en elles-mêmes, ce qui compte pour ce régime corrompu, c’est juste un semblant de participation mais le peuple kabyle rejettera leur mascarade comme il a rejeté les précédentes ».

Puis ce fut autour de Hsen Graichi, membre du Conseil universitaire de Tizi Ouzou, de démontrer à l’assistance qu’en réalité personne ne croyait, ni à l’utilité locale, ni à la crédibilité de ces élections, à commencer par ceux qui y participent. Considérant certainement que les autres partis n’avaient même pas à être mentionnés, il mentionnera que « dans leur programmes respectifs, le RCD et le FFS affirment que le nouveau code communal est un code anti-démocratique portant gravement atteinte à la paix civile et à la bonne gouvernance », précisant par ailleurs que cela ne pouvait « qu’encourager le clientélisme et la corruption ». Et pour étayer ses propos, il a procédé à la lecture de certains passages des programmes de ces deux partis en lice à l’APW. Il a interpellé les camarades du RCD qui « parlent sans cesse d’anti-kabylisme mais sans aller jusqu’au bout de leur logique en assumant la seule solution qui convienne à la situation : l’autonomie de la Kabylie » a-t-il fait remarquer. Revenant sur les affrontements entre les « forces de répression » et les citoyens de Boubhir, , il a condamné « un acte d’agression envers des citoyens soucieux de leur environnement » et a rappelé que « l’Etat algérien qui n’a pas aucune notion de protection de l’environnement, détruit san vergogne la riche nature de la Kabylie et va jusqu’à porter atteinte à la santé publique avec des projet comme CET portant atteinte à la santé publique ». Il a salué « la conscience écologique des citoyens largement en avance sur les responsables des collectivités locales qui n’ont rien fait ni pour arrêter ce type de projet, ni pour défendre leurs administrés contre la répression étatique, mais qui n’hésitent pas, à venir les solliciter en tant qu’électeurs »

Pour Hsen Graichi « une élection politique, quelle soit de dimension nationale ou locale, doit permettre l’émergence des compétences et non des médiocrités, comme nous le constatons pour la énième fois ». Il a insisté que le fait que depuis le temps qu’il y a des élections, si voter servait à quelque chose, ça se saurait ; Or, depuis 1990 la Kabylie ne fait que s’enfoncer davantage dans un marasme social, économique et sécuritaire sans précédent ». Il a terminé son intervention en appelant les kabyles à « s’occuper plutôt de leurs affaires courantes le 29 novembre au lieu de perdre leur temps dans un bureau de vote, au seul bénéfice d’un régime anti-kabyle. La seule élection qui puisse avoir du sens en Kabylie, c’est le référendum d’autodétermination. »

Intervenant en dernier, Bouaziz Ait Chebib, président du MAK, a entamé son discours en rappelant que « seules les valeurs séculaires d’entraide et de solidarité de la Kabylie lui ont permis de ne pas se rabaisser à mendier une aide de la part d’un Etat raciste qui œuvre ouvertement à sa destruction ». Il est par ailleurs revenu sur « les dérapages et les luttes intestines suscités par la campagne électorale, sur instigation du régime d’Alger qui se délecte de voir des kabyles réclamer la liquidation d’autres kabyles. Citant Ali Laskri dont il condamné les graves propos, il fera remarquer que « son appel au pouvoir assassin d’Alger pour endiguer le MAK n’engage que sa petite personne, dès lors que nous entretenons des rapports fraternels avec la base du FFS ». « Il est hors de question que ce régime pervers nous entraine dans une lutte fratricide avec le FFS» a-t-il dit. « Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’il est honteux que le plus vieux parti d’opposition soit réduit, par la voix d’un individu, à solliciter un régime criminel pour anéantir un mouvement kabyle dont le seul tors est de vouloir libérer la Kabylie du joug arabo-islamiste » a-t-il rajouté.

Revenant à Ali Laskri, il lui fera remarquer que l’opposition ne s’improvise pas au grès des retournements de vestes : « comme il y des maquisards du 19 mars[date du cessez-le feu entre l’Algérie et la France coloniale en 62], il y a aussi des démocrates de1989 ». Le président du MAK a tenu à remettre les choses à leur juste place en rappelant que « Durant les années qui ont débouché sur le printemps amazigh, Ali Laskri était un membre actif de l’UNJA », une organisation gouvernementale que la jeunesse kabyle des années 80 connait bien. « C’est dans ces années-là que les jeunes étudiants kabyles se faisaient tabasser dans les cités universitaires algéroises, quand ils n’étaient pas assassinés par les futurs émirs du GIA, comme le regretté Kamel Amzal » a-t-il dit, poursuivant « c’est aussi dans ces années-là que les vrais démocrates étaient traqué par le pouvoir, comme ce fut le cas de Ferhat Mehenni arrêté plus de 12 fois par le même pouvoir que cet individu appelle aujourd’hui au « secours » pour le débarrasser d’un mouvement démocratique laïque et résolument kabyle pour la simple raison qu’il avance sur le terrain de la reconquête de ce qui fait l’âme kabyle : la liberté, l’honneur et la dignité ».


Puis, revenant à la participation des partis kabyles, le président du MAK relève « le kabylisme conjoncturel » qui précède les élections. Il ajoute que « malgré les multiples déclaration de "dimension nationale", la participation de nos partis kabyles "dits nationaux" ne leur a jamais rien rapporté comme voix au niveau national ». Fustigeant les mascarades électorales, Bouaziz Ait-Chebib dira que « La seule chose récoltée de ces participation est l'apparition du FLN en Kabylie et qui, comble de l'hypocrisie, ose parler d’une" Kabylie prospère" ». Il fera ensuite un ultime appel à un sursaut kabyle « Nous appelons nos frères et nos sœurs du RCD et du FFS à assumer pleinement et sans complexe leur kabylité. La Kabylie a besoin de tous ses enfants pour bâtir tous ensemble une Kabylie libre, démocratique et laïque »

Bouaziz Ait-Chebib est ensuite passé au plus méprisé des commis de l’Etat, « l’inamovible Ouyahia qui redécouvre sa langue maternelle à Tizi Ouzou après s’être fait rabroué par une petite journaliste haineuse qui l’a rappelé à l’ordre en le sommant de s’exprimer dans la langue officielle, la " lugha wataniya" ». Le président du MAK a poursuivi son élan sur Ouyehya en l’accusant d’avoir un « un discours à la carte, pour se faire une virginité de circonstance ». « Le bien nommé "Agujil n wawal " n’a pas eu honte de venir s’exprimer en kabyle ». « Taqvaylit deg-wul macci deg-yiles kan" » a précisé le président du MAK en concluant « Aucun kabyle digne de ce nom ne peut accorder de crédit à un larbin de cet acabit. Son nom est à jamais entaché par sa servilité et son zèle.Son nom est banni à jamais par le peuple kabyle »

Abordant le sujet de l’officialisation de tamazight brandie par certains pour légitimer leur participation à ces élections, il s’est interrogé sur la crédibilité d’une officialisation dans le cadre d’un régime profondément raciste. Il a estimé à ce propos que « Tamazight n’a pas besoin d’une fausse officialisation sous un régime colonial qui n’a fait que s’en emparer officiellement pour mieux la confisquer ». « Qu’en est-il de Tamazight langue nationale ? Qu’en est-il de la chaine dite amazighe ? » s’est-il interrogé. « Tamazight, est un droit élémentaire. Elle a besoin d’avoir son propre Etat pour la protéger, la promouvoir et la développer. Ce n’est certainement pas un Etat raciste qui l’interdit dans l’enceinte de l’APN qui va la promouvoir ».a-t-il dit pour conclure sur cette question.

Justifiant le rejet des élections prôné par le MAK, Bouaziz Ait Chebib, a rappelé tous les articles du code communal qui « semblent être ignorés par les candidats en lice ». Citant les expressions du RCD et du FFS telles que " le nouveau code communal prouve à quel point les élus ne sont que des sous fonctionnaires des wali", selon l’expression du RCD ou encore " les communes sont de simples poste avancés du système" selon l’expression du FFS, Bouaziz Ait-Chebib reste stupéfait face à une telle incohérence et « se demande comment on peut participer après avoir condamné de cette manière le nouveau code communal », concluant que le bon sens aurait voulu qu’ils « luttent contre ce code communal avant les élections. » et que « leur participation était une soumission à ce qu’ils qualifient eux-mêmes de "code pénal bis pour les élus" », « Sans compter que ce n’est pas en étant dans 5% des APC et 2 APW que les partis kabyles changeront quoi que ce soit ».

Le président du MAK est ensuite passé aux « partis gouvernementaux, le FLN, le RND et à leurs supplétifs islamistes qui n’ont strictement rien à avoir avec la Kabylie ». Bouaziz Ait-Chebib à mis en garde contre l’intrusion de ces partis « nuisibles et étranger à la Kabylie qui se sont introduits dans la région à la faveur de pseudo-élections ». « Ils ne sont rien d’autres que des machines électorales au service du régime raciste d’Alger sans aucun ancrage local » à-t-il lancé avant de faire un appel fraternel en direction du FFS et du RCD qui « restent des partis kabyles malgré eux ». « Nous les invitons à placer l’intérêt de la Kabylie qui les a enfanté au dessus des ambitions électoralistes et à œuvrer avec nous dans le sens de la libération du peuple kabyle ».

Avant de clôturer le chapitre des élections, le président du MAK a rappelé que « l’enjeu de ces élections n’est pas dans les résultats, ni dans les élus. L’enjeu est dans le taux de participation et nulle part ailleurs ! Le pouvoir à juste besoin de faire croire que le peuple a voté». Et, poursuit-il « comble de la bassesse, le président du conseil constitutionnel algérien n’a rien trouvé de mieux que d’employer comme argument électoral "un appel aux algériens à participer massivement aux élections comme meilleur moyen de contrecarrer l’agression israélienne sur Gaza ", comme si, pour un bulletin de vote mis dans l’urne, il y a un palestinien vengé ». Concluant par un « À l’évidence, le ridicule ne tue pas »

A la fin du meeting, le président du MAK a rappelé la nécessité absolue pour tous les kabyles, quelle que soit leur formation politique de soutenir publiquement les touaregs du MNLA dans leur combat pour l’Azawad. Il a renouvelé le soutien inconditionnel du MAK au MNLA dans sa lutte contre le colonialisme dont ils sont victime depuis plus de 50 ans et contre les groupes terroristes que l’on a installés sur leur territoire pour les spolier de leur victoire. Il a par ailleurs condamné l’attitude de la communauté internationale « qui appelle un peuple épris de justice et de liberté à abandonner son idéal et tous ses sacrifices pour rester dans le giron de son oppresseur ». Enfin, le président du MAK a appelé au rassemblement prévu à Tizi Ouzou pour le jour de la visite du président français, Français Hollande, pour signifier, à travers lui, à l’ensemble de la communauté internationale que les peuples autochtones ne sont pas dupes.


aai/zp
SIWEL 271404 NOV 12




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