Maroc : les manifestations amazighes autorisées dans le centre mais interdites dans le Souss et le Rif

04/02/2013 - 17:26

AGADIR (SIWEL) — Cela faisait trois mois que la coordination Tawada préparait l’organisation de 3 grandes marches prévues pour le 3 février 2013 à Rabat, à Agadir, dans le Souss et à El Hoceima dans le Rif pour les droits linguistiques, culturels et identitaires des amazighs au Maroc. Mais les 3 manifestations n’ont pas été accueillies de la même manière par le Makhzen. Autorisée à Rabat dans le centre mais interdites à Agadir dans le Souss et à El Hoceima dans le Rif. La Coordination Nationale Tawada avait appelé les amazighs de ces 3 villes à investir les rues pour exiger la reconnaissance du Nouvel An Amazigh comme jour férié, la libération des prisonniers politiques amazighs, la réhabilitation des symboles de la résistance comme Mohand Ben Abdelkrim, l'arrêt des expropriations des terres et surtout la réappropriation des mines, des exploitations de gaz et de minerais en Afrique du Nord, des ressources marines et des biens qui appartiennent au peuple amazigh.


Rabat le 3 février 2013, marche pour les droits des Amazighs. (PH/DR)
Rabat le 3 février 2013, marche pour les droits des Amazighs. (PH/DR)
Rabat est la seule ville où la manifestation n’a pas été interdite, le Makhzen a certainement tablé sur le fait que la capacité de mobilisation serait moins importante que dans le Souss ou dans le Rif où les marches ont été interdites. Pourtant, la manifestation de Rabat a été une belle réussite, elle a drainée environ 2000 personnes selon les participants. Il n’en a pas été de même à Agadir et à El Hoceima où les manifestations n’ont pas eu le même accueil de la part du Makhzen. Les manifestants ont été chargés par les forces de répression marocaines, environ 300 manifestants ont été arrêtés et il y aurait plusieurs centaines de blessés.

Cependant, malgré les interdictions de manifester à El Hoceima et à Agadir. Les manifestants amazighs ont quand même réussi à marcher à El Hoceima, tandis que la marche d’Agadir s’est transformée en rassemblement.

Les revendications des Amazighs du Maroc étaient centrées sur ces points essentiels :

• La reconnaissance dans la constitution marocaine de Tamazight, et non de l’islam, comme fondement de l’identité marocaine. L’Islam étant une religion et non une identité
• La libération immédiate et sans condition des détenus amazighs
• La solidarité avec l’Azawad et le refus de la recolonisation de l’Azawad
• la reconnaissance du Nouvel An Amazigh comme jour férié,
• la libération des prisonniers politiques amazighs
• la réhabilitation des symboles de la résistance comme Mohand Ben Abdelkrim
• l'arrêt des expropriations des terres et surtout la réappropriation des mines, des exploitations de gaz et de minerais en Afrique du Nord, des ressources marines et des biens qui appartiennent au peuple amazigh


A Agadir :

Au matin du 03 Février 2012, les autorités marocaines avaient déjà investi les rues principales menant au lieu de rendez-vous des manifestations. Les forces de répressions du Makhzen ne laissaient pas le temps aux manifestants d’arriver qu’ils étaient déjà embarqués. La manifestation a été très énergiquement interdite. Avant 11 heures, on dénombrait déjà plus d’une centaine de manifestants arrêtés et plusieurs centaines de drapeaux amazighs confisqués.
Les manifestants d’Agadir ont tenté de transformer la manifestation en rassemblement mais ils ont subi le même sort que pour la manifestation. Rappelons qu’à Agadir, il ya une grande affaire de spoliation des terres des populations population autochtones à «TADOUART».

A El Hoceima:

La manifestation d’El Hoceima a aussi été interdite. Un barrage de gendarmerie a été mis en place sur la route menant de Nador à El Hoceima. A un bus venant de Nador, les gendarmes ont expliqué qu’ils avaient eu la consigne d'arrêter les bus endirection d’El Hoceima. Les manifestants d’El Hoceima ont eu droit, comme à Agadir, à l’hostilité du Makhzen. Les quatre avenues menant à la place du centre-ville de Hoceima ont été bloqué par la police et les manifestants ont été encerclés par les forces de répression du Makhzen puis bloqué au niveau de la place Mohammed VI dans le centre-ville d’El Hoceima. A El Hoceima, la route principale a été fermée sept heures durant et une trentaine de militants ont été arrêtés

Il est à noter que Abdelkrim Khattabi, héro de la guerre du Rif contre laquelle s’étaient ligué le Makhzen, la France et l’Espagne était omniprésent. C’est peut-être ce qui explique l’interdiction de la marche dans le Rif. La forte référence à Abdelkrim qui avait crée la première république amazighe n’est certainement pas du gout du Makhzen.


A Rabat :

C’est la seule ville où la manifestation n’a pas été interdite. Le Makhzen a probablement jugé d’une moindre participation que dans le Rif ou le Sousse. Cependant, le régime marocain s’est trompé puisque pas moins de 2000 manifestants y ont participé. Le royaume du Maroc a cependant interdit aux manifestants les abords de la gare de Rabat-ville. A Rabat, la marche s’est déroulée de la place Bab Lhad au parlement. Elle s’est distinguée par la présence très remarquée de drapeaux de l’Azawad et des drapeaux Kurdes. Sur une grande banderole, on pouvait lire : Vive l’Azawad libre ! Non à la colonisation française.

zp,
SIWEL 041726 FEV 13




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