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Maroc : Les Amazighs exigent la généralisation de l'enseignement de tamazight

26/10/2013 - 12:15

KHENIFRA (SIWEL) — Dans une correspondance particulière adressée à Siwel, Ali Khadaoui, militant amazigh marocain et poète revient sur les manifestations qui ont eu lieu, hier, à Khénifra. Les revendications des manifestants se résument à la généralisation de l'enseignement de la langue amazighe et l'arrêt de la politique d'apartheid à son égard. Ci-joint le communiqué de l'Association des enseignants de la Langue Amazighe Khénifra.


Par Ali Khadaoui

Aujourd’hui à 15h30mns, à l'appel de l'Association des Enseignants de la Langue Amazighe dans la Délégation de Khénifra, des dizaines de manifestants ont protesté devant la Délégation Provinciale de l'Enseignement contre le refus de cette Délégation d'appliquer les directives et les circulaires du Ministère de l'Éducation Nationale. (Voir communiqué).

Rappelons que la Délégation Provinciale en la personne du Délégué avait auparavant organisé deux rencontres avec la société civile Amazighe et l'Association des Enseignant de la langue Amazighe, rencontre où le Délégué avait fait des promesses jusqu'ici non tenues. De plus, le Délégué, au lieu de gérer ce dossier extrêmement sensible avec la perspicacité et l'intelligence requises, a eu recours à la démagogie, à des intrigues dépassées pour diviser le mouvement des enseignants de langue amazighe et les détourner ainsi d'un combat doublement légitime. Cette attitude alimentée par des propos méprisants, voire insultants pour les enseignants et tous les Amazighs, a exacerbé les enseignants et les militants amazighes qui ont rejeté un appel du pied du Délégué à la veille de la manifestation, appel jugé non sérieux par le bureau de l'association, et qui n'avait d'autres objectifs que de faire avorter la manifestation d'aujourd'hui.

Ce que ce Délégué a oublié, c'est que Khénifra est la capitale des Izayanes, la capitale des Atlas, où le Roi, en 2001, a posé la première pierre symbolique d'un chantier hautement sensible, le règlement de la question amazighe au Maroc. Ce que ce Délégué ignorait certainement, c'est la capacité du Mouvement Amazigh, capacité démontrée à maintes reprises, à mobiliser des forces insoupçonnées. Surtout à un moment où le dossier de tamazight connaît une léthargie à tous les niveaux des institutions du royaume, à cause justement du retard-programmé- mis par le Gouvernement et le Parlement à accoucher des lois organiques, lois déjà condamnées par le Mouvement Amazigh comme étant discriminatoires en elles-mêmes. En effet, la langue arabe, officielle depuis l'indépendance, n'a fait l'objet ni d'une consultation démocratique, ni soumises à des lois organiques.

Ceux qui ignorent à quel point la question amazighe peut déraper vers l'inconnu à tout moment, ne méritent pas de se voir confier des responsabilités à risques, mais ceux qui confient de telles responsabilités à de telles personnes, sont doublement irresponsables.
A bon entendeur, salut.

AK

ⵜⴰⵎⵙⵎⵓⵏⵜ ⵉⵙⵍⵎⴰⴷⵏ ⵏ ⵜⵓⵜⵍⴰⵢⵜ ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ ⵅⵏⵉⴼⵔⴰ

Association des enseignants de la Langue Amazighe Khénifra

Communiqué

Vu le retard non justifié mis par la Délégation Provinciale de l’Enseignement de Khénifra à exécuter les directives et circulaires ministérielles concernant l’enseignement de la langue amazighe qui tendent à généraliser cet enseignement sur les plans horizontal et vertical, telles les circulaires no 12 -952 du 09 Juin 2012 et 13-384 du 09 Octobre 2013 ;

Vu que le Délégué n’a pas respecté la parole donnée et les engagements pris publiquement lors des deux réunions qu’il a tenues avec les représentants de la société civile au début de cette année scolaire ;
Vu la non prise en compte du Délégué des résultats du concours organisés conformément à la circulaire no 1647 du 25 décembre 2012 en chargeant les lauréats de ce concours d’enseigner d’autres matières que la langue amazighe ;
Vu l’entêtement du Délégué qui continue à considérer le dossier de l’enseignement de la langue amazighe comme le dernier de ses soucis comme il l’a affirmé et réaffirmé à plusieurs reprises ;

Le Bureau de L’Association des Enseignants de la langue Amazighe à Khénifra s’est réuni le 21-10-2013 et a décidé ce qui suit :
-Condamne fermement la gestion du dossier de l’enseignement de la langue amazighe par la Délégation Provinciale de Khénifra, gestion qui émane d’un mépris provocateur à l’égard d’une langue officielle de notre pays ;
-Demande au Ministère de tutelle d’intervenir incessamment et équitablement en faveur de l’enseignement de la langue amazighe dans l’école marocaine en mettant à la disposition de cet enseignement les conditions matérielles et humaines permettant la réussite de ce chantier national important d’une part, et de mettre un terme aux comportement individuel et d’humeur dans ce dossier ;

-Invite les organisations amazighes, syndicales et des droits de l’homme à participer au sit-in qui sera organisé devant le siège de la Délégation Provinciale de l’Enseignement à Khénifra le Vendredi 25 Octobre à quinze heures trente (15h30mns) ;
Le Bureau déclare enfin qu’il se réserve le droit de défendre inlassablement ses droits légitimes et justes en optant pour d’autres moyens d’action plus vigoureux tout en rappelant aux instances concernées la responsabilité de leur entêtement

Le Bureau de l’Association des enseignants de la Langue Amazighe
Khénifra

SIWEL 26 1215 OCT 13




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