Marches, sit-ins, routes coupées : la révolte s’installe en Kabylie

02/03/2011 - 14:43

TIZI-OUZOU (SIWEL) — La wilaya de Tizi-Ouzou vit depuis ce matin, mercredi, au rythme des actions de protestations, initiées par plusieurs parties simultanément. La cité sociale de la wilaya est devenue, l’espace d’une matinée, un lieu de rassemblement pour les enseignants, les expropriés du barrage de Souk N’Tleta, les gardes communaux et les élèves du centre de formation professionnelle, tous sont venus crier leurs « ras-le-bol » et déposer une plate forme de revendications sur le bureau du wali.


Protestation des téudiants à Tizi-Ouzou (PH : Siwel)
Protestation des téudiants à Tizi-Ouzou (PH : Siwel)
7h du matin, la « Tour » de la nouvelle-ville, fermée par les jeunes chômeurs
Des les premières heures de la journée, les prémices d’une journée de colère n’ont pas tardé à apparaître. Des jeunes chômeurs ont procédé aux environs, de 7 h, au blocage de la route au niveau du lieu dit « la Tour », longeant le carrefour du 20 avril et donnant sur deux axes routiers très fréquentés : la nouvelle ville et le boulevard Karim Belkacem
L’accès au centre de la ville des Genêts est rendu impossible via cette route, les jeunes l’ont barricadée à l’aide de toute sorte de détritus et bac à ordures.
Interrogés par Siwel, des jeunes affirment avoir procédé de la sorte pour « attirer l’attention » des autorités quant à leurs situations. « On demande un poste d’emploi et non des promesses » déclarent t-ils. Ces jeunes disent se sentir « trahis » par le wali qui aurait promis la prise en charge de leurs doléances « dans les plus brefs délais ».
Voir vidéo

Le barrage est construit, les expropriés attendent leurs indémnité (PH/DR)
Le barrage est construit, les expropriés attendent leurs indémnité (PH/DR)
10h, les expropriés du barrage de Souk N’Tleta forcent le portail du siège de wilaya
Alors que d'énormes bouchons de circulation se formèrent sur le réseau routier de la ville de Tizi-Ouzou, les protestataires affluaient vers le siège de wilaya. Une centaine d’expropriés du barrage de Souk N’Tleta entament un rassemblement pour demander « l’actualisation des prix d’expropriation ». Les citoyens, visiblement très remontés contre l’Administration locale, ont accroché des pancartes sur lesquelles on peut lire : « le directeur de l’hydraulique = Ben Ali », ou encore « les domaines = Kadhafi ».
Quelques minutes seulement, après l’entame de leur action de protestation, les expropriés du barrage de Souk N’Tleta décident de forcer le portail de la cité sociale.
Certains d’entre eux criaient, en direction des forces antiémeutes stationnées depuis trois semaines sur les lieux, « tirez si vous voulez, nous n’avons pas peur de mourir ! ».
Les contestataires finiront par défoncer le portail et occuper l’entrée du siège de la wilaya. Une délégation a été reçue par le wali pour débattre de leurs revendications.


Les Gardes communaux, un corps exposé au terrorisme islamiste (PH/DR)
Les Gardes communaux, un corps exposé au terrorisme islamiste (PH/DR)
Les gardes communaux organisent un sit-in à l’intérieur de la cité sociale de la wilaya
Pratiquement au même moment où se déroulait l’action des expropriés du barrage de Souk N’Tleta, une centaine de gardes communaux, venus des quatre coins de la wilaya de Tizi-Ouzou, ont réussi à tenir un sit-in devant les bureaux du cabinet du wali, à l’intérieur, même de la cité sociale de la wilaya.
Les participants à l’action de protestation, la deuxième du genre en trois jours, ont déclaré à Siwel qu’ils revendiquent « l’amélioration de leur situation socio professionnelles ».
Ils citeront « l’augmentation des salaires » et « l’annulation définitive de la décision de leur affectation aux rangs de l’ANP ».


Les enseignants lors d'une action de protestation (PH/DR)
Les enseignants lors d'une action de protestation (PH/DR)
11h30 les enseignent marchent sur le siège de wilaya
Mettant leurs menaces à exécutions, les enseignants ont investis, ce matin, mercredi, la rue à l’appel de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef). Ils étaient quelques trois cents enseignants à marcher dans les rues de la ville de Tizi-Ouzou, après avoir tenu un rassemblement devant le siège de la Direction de l’éducation de la wilaya.
Au cours de leur action de protestations, les enseignants ont dénoncé « le laxisme » des autorités de wilaya quant au traitement des arriérés de salaires. On apprend que plus de 11000 situations restent suspendues au niveau du trésor public, faute du visa du contrôleur financier. Les enseignants tiendront, par la suite, un sit-in devant l’entrée du siège de wilaya où deux autres actions du même genre se tenaient en parallèle.


Les transporteurs sont en débrayage à Tizi-Ouzou (PH/DR)
Les transporteurs sont en débrayage à Tizi-Ouzou (PH/DR)
12h, des transporteurs bloquent la RN 12 reliant Tizi-Ouzou à Alger
Exacerbés par l’état « piteux » de la route donnant sur leurs stations, plusieurs dizaines de transporteurs desservant les quatre coins de la ville de Tizi-Ouzou, ont bloqué la RN 12 au niveau du carrefour "Matoub Lounes" , causant, ainsi, un énorme bouchon sur l’autoroute reliant Tizi-Ouzou à Alger.
Les transporteurs revendiquent, via des déclarations recueillies par Siwel, « l’ouverture du tronçon routier faisant face au commissariat centrale fermé depuis des années pour des raisons sécuritaires ». Les protestataires bloqueront par la suite l’accès à la Gare routière.

tr/aai
SIWEL 021504 MAR 11





Kabylie | Afrique du nord | Politique | International | Sport | Culture | Economie / Finances | Sciences Tech



Recherche

Dépêches en continu