Mali : le régime né des putschistes de Bamako lance un mandat d'arrêts contre le MNLA

10/02/2013 - 13:33

BAMAKO (SIWEL) — Issues d'un putsch orchestré par le capitaine Sanogo mais apparemment consacrées par la communauté internationale qui ne dit mot, les "autorités maliennes", qui ne disposent d'aucune légitimité institutionnelle, ont émis à travers le parquet de Bamako, un mandat d'arrêt international contre des membres du MNLA. Le procureur général près la Cour d’appel de Bamako tente de faire passer "la pilule" en associant à ce mandat d'arrêt des islamo-terroristes d'Ansar Dine, du Mujao et d'Aqmi qui ont tranquillement prospéré, durant 10 longues années, à l'ombre des régimes maliens, y compris, jusque dans le palais présidentiel de Koulouba à Bamako.


Le capitaine Sanogo, Chef des putschistes à la tête de la junte militaire au Mali. (PH/AFP/Getty Images)
Le capitaine Sanogo, Chef des putschistes à la tête de la junte militaire au Mali. (PH/AFP/Getty Images)
Les "autorités maliennes" ne manquent pas d'imagination. Alors que le pouvoir en place à Bamako est tenu par les putschistes du capitaine Sanogo, voilà qu'après l'appel au meurtre de la liste complète des membres du MNLA publié dans "L'express de Bamako", "maliweb.net", et dûment validé par les "autorités maliennes", ces dernières à travers un "parquet" qui n'a de légitimité que le nom, annonce dans un communiqué lu à la télévision publique que "des poursuites ont été engagées contre plusieurs responsables du mouvement criminel MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad). Selon ce comique mandat, les membres du MNLA font l’objet de mandats d’arrêt à exécuter tant sur le plan national qu’international".

Cette "information" est relayée telle quelle par l'AFP, sans autre précision, comme s'il y avait un quelconque Etat au Mali. Bien que cette vérité soit soigneusement cachée à l'opinion publique, il n'a échappé à personne que le Mali est une "république" qui aurait disparu depuis longtemps si ce n'était la France qui persiste encore aujourd'hui à maintenir sous perfusion un Etat artificiel, infantile et corrompu, et de surcroit criminel. Les rapports d'Amnesty international et de Human Right Watch sont suffisamment explicite rien que pour la période actuelle de l'opération SERVAL à la suite du conflit qui oppose les azawadiens au régime d'ATT puis des putschistes de Bamako. Les révoltes Touarègues de 1960 à ce jour ont toujours eu la même réponse, fausses négociations, faux accords, massacres collectifs à caractère racial, exil et dépossession et c'est le régime de Bamako qui lance un mandat d'arrêt international contre un mouvement qui cherche à préserver son peuple d'une disparition programmée.

C'est donc le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Daniel Tessogué, qui a fait l'annonce publique du fameux mandat d'arrêt contre des membres du MNLA. Monsieur Daniel Tessogué précise que "les faits qui leur sont reprochés sont, entre autres: terrorisme, sédition, crimes portant atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, à l’intégrité du territoire national par la guerre, l’emploi illégal de la force armée, la dévastation et le pillage publics, crimes et délits à caractère racial, régionaliste et religieux, trafic international de drogue. Mais enfin, où était ce procureur quand les trafiquants de drogues et les islamo-terroristes du Mujao étaient reçus à Koulouba, dans le palais présidentiel de la "Nation"?

Comment peut-on décemment faire comme si l'Etat malien existait alors que pas plus tard que samedi 9 janvier 2013 "l'armée malienne" s'affrontait, les bérets verts (de Sanogo) contre bérets rouges (les fidèles d'ATT) et que le président intérimaire, installé suite au putsch de mars 2012 se fait passer à tabac dans son "bureau présidentiel". Situation surréaliste mais néanmoins réelle. Le comble dans cette sordide histoire est que c'est avec ces prétendues "autorités maliennes" que la France et la communauté internationale "souhaite" voir le MNLA, avec "d'autres" précise Jean-Yves le Drian, le ministre français de la guerre. Gageons que ces "autres", cités par le ministre de la guerre, ne seront rien d'autre que le fameux MIA, nouveau masque d'Ansar Dine, à la solde d'Alger, et une entité non encore déclarée qui sera dirigée par le colonel Hadj Gamou, le "Touareg loyaliste" qui a pris la fuite au Niger avant de revenir au Mali sur les pas de l'armée française.

Toute cette mise en scène est élaborée dans le but évident de couper l'herbe sous les pieds du MNLA et faire échec à des négociations avec le seul mouvement laïc de l'Azawad dont les revendications sont objectivement plus que légitime au vu de la situation dramatique que vivent les Touaregs depuis ce que l'on appelle abusivement les indépendances en Afrique. Les "autorités" illégitimes de Bamako tentent de réduire le MNLA à négocier leur simple amnistie pour évacuer le fond du problème, leur propre responsabilité et celle de leurs soutiens dans le drame azawadien. Monsieur le procureur à certainement oublié sur sa liste les principaux responsables de ce drame, notamment les deux derniers présidents du Mali et tous les opportunistes à col blancs, pour ne citer que ceux-là.


zp,
SIWEL 101333 FEV 13




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