Mali : Bamako s’oppose à l'envoi d'une force d'interposition onusienne pour le maintien de la paix

05/02/2013 - 18:50

BAMAKO (SIWEL) — Le ministre malien des Affaires Etrangères a fait part des « réticences » de Bamako à la constitution d'une force de maintien de la paix pour le Mali qui serait placée sous l'autorité des Nations Unies, autrement dit le déploiement de casques bleus qui sont clairement une force d’interposition dans les zones de conflits. Tiéman Coulibaly s’est opposé à l’envoi de cette force d’interposition suggéré par Joe Biden au cours de son séjour à Paris. Le ministre malien se demande « entre qui et qui ? » ses forces devraient s’interposer. Une question étonnante au regard de la tragédie que vit l'Azawad depuis 1960 ; une tragédie qui touche son paroxysme avant chaque rébellion et après chaque négociation. Une réalité d'autant plus difficile à nier que les rapports d'Amnesty international et de Human Rights watch ont déjà donné un aperçu des exactions suite au retour de l'armée malienne dans l'Azawad.


Le ministre malien des Affaires étrangères Tieman Coulibaly (g) et le ministre de la Défense Yamoussa Camara (à dte) le 17 septembre 2012 à Abidjan au cours d'une réunion de la CEDEAO(PH/DR)
Le ministre malien des Affaires étrangères Tieman Coulibaly (g) et le ministre de la Défense Yamoussa Camara (à dte) le 17 septembre 2012 à Abidjan au cours d'une réunion de la CEDEAO(PH/DR)
Oubliant toutes les accusations d’exactions commis par l’armée amélienne à l’encontre des « peaux rouges » terme désignant les Touaregs et plus globalement les azawadiens, Tiéman Coulibaly fait mine de s’intérrogé sur le rôle d’une force d’interposition au mali: « S’il doit y avoir une mission de maintien de la paix, il convient de préciser les choses, maintenir la paix entre qui et qui ? » a-t-il décalré

Les casques bleus sont effectivement des forces d’interposition qui semble être la solution vers laquelle s’achemine la communauté internationale pour désamorcer un éventuel génocide, comme le laisse prévoir toutes les "solutions" apportées par touts les accords précédants. Faisant fi du lourd passif historique dans le règlement du "problème Touareg", Tiéman Coulibaly ne voit pas la nécessité de déployer une force entre les maliens, une façon de nier le problème.

Répondant à l'AFP sur l'éventualité d'une une force onusienne de maintien de la paix, le chef de la diplomatie malienne s'est montré inquiet sur les objectifs de cette opération: « Maintien de la paix, pour quel objectif ? » s'est-il interrogé avant de préciser « Aujourd'hui, nous combattons le terrorisme. La Misma est une mission d'assistance au Mali. Si elle doit être transformée en force de maintien de la paix, il faut définir entre qui et qui. Maintenir la paix entre le Mali et des terroristes ? Non. Et des négociations avec des terroristes sont hors de question ».

Clairement, les "autorités maliennes" cherchent à indexer le MNLA et les azawadeins comme étant des terroristes avec qui il est hors de question de négocier. On peut imaginer le sort qui sera réservé aux populations du nord au regard de ce qui s'est déjà passé, notamment à Sévaré où les puits peuvent encore témoigner de la nature de la réconcilation envisagée.

Cependant, malgré les réticences du gouvernement malien , les Etats-Unis et la France, qui a décidé de l'intervention militaire au Mali, prônent tous deux le déploiement rapide de Casques bleus dans le pays pour prendre le relais de la force ouest-africaine prévue à l'origine mais qui risque de mettre gravement en danger les populations azawadiennes. C'est le moins que puisse faire la communauté internationale à moins d'endosser la responsabilité d'un nouveau massacre.

Avec AFP et BBC Afrique,

zp,
SIWEL 051850 FEV 13





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