Mali / Azawad: le couteau sous la gorge, le MNLA et le HCUA acceptent l’accord-cadre de Ouagadougou

12/06/2013 - 16:07

OUAGADOUGOU (SIWEL) — " Le MNLA et le HCUA acceptent l'accord-cadre de Ouagadougou" annonce Mossa Ag Attaher, devenu depuis les discussions de Ouagadougou, porte-parole de la coordination MNLA/HCUA. Mais le Mali tarde à accepter cet accord qui lui fait pourtant la part belle. Le MNLA, lui, sous la menace, à peine voilée, d’un « appui français aux troupes maliennes, en cas d'affrontement entre le MNLA et les troupes maliennes », n’a plus vraiment le choix ; la menace ayant été proférée par François Hollande, en personne, qui, incroyable mais vrai, « durcissait le ton contre le MNLA » au moment-même où l’armée malienne se livrait à des exécutions sommaire contre les civils à Anefis…c’est dire…


La délégation du MNLA à Ouagadougou.(PH/DR)
La délégation du MNLA à Ouagadougou.(PH/DR)
« Nous avons clairement fait savoir qu'en cas d'affrontement avec l'armée malienne, nos hommes se tiendraient aux côtés de ceux de Bamako comme cela est prévu par la résolution de l'ONU]», confiait dès le mois de mars un officier français, révèle le journal français Le Figaro dans son édition du 6 juin 2013.Soit, le lendemain de l'attaque des troupes maliennes contre celles du MNLA à Anefis. La révélation est faite dans un article intitulé « Mali : François Hollande durcit le ton contre le MNLA ». Voilà qui a le mérite d'être clair. C’est d’autant plus clair que cet article est publié au moment où se pratiquent des exécutions sommaires à Anefis. Mais François Hollande "sermonne", non pas l'armée malienne, dont la pratique de l'exécution sommaire de touaregs est pourtant de notoriété publique, mais le MNLA et lui reproche, pour résumer, de ne pas accepter sagement le sacrifice des populations civiles.

Pour rappel, les soldats de Serval avaient rejoint leurs alliés maliens à Anefis, empêchant ainsi que le MNLA ne riposte à l'agression malienne et ne mette un terme aux exécutions sommaires qui se sont allègrement poursuivies malgré la présence des fameux soldats de Serval. Mais, il est vrai que leur tache « n'est pas d'assurer la sécurité des civils » avait dit François Hollande, « la sécurité des maliens revient avant tout aux autorités maliennes » avait encore dit François Hollande.

Toujours est-il que de nouveaux assassinats ethniques ont été dénoncés le 7 juin par Amnesty international, soit le lendemain de la prise d'Anefis. Mais les rapports d'Amnesty ne pèsent aucunement sur les "démocraties internationales", et encore moins sur la France, qui est par définition, LE " pays des droits de l'homme". NON, décidément non...

Non, ce sont les touaregs du MNLA qui sont, le couteau sous la gorge, forcés d’accepter l'inacceptable à moins de mener le peuple azawadien au suicide collectif sous black-out international.

Bref!, C'est le pot de terre contre le pot de fer, et c'est le cœur serré, que nous apprenons que le MNLA n'a pas eu d'autre choix que d'accepter l'accord-cadre de Ouagadougou qui taille la part belle au Mali, grand coutumier du crime ethnique depuis sa prétendue indépendance, une indépendance qui relève plus du protectorat français que de le souveraineté dont se réclament plupart des "démocraties africaines".

Mais dernier petit détail, le Mali n'est pas content, il boude et refuse encore de signer cet accord-cadre. Il estime que les termes de l'accord-cadre ne sont pas suffisants, il lui faut plus: il veut décapiter le MNLA et faire payer aux populations civiles le fait d'êtres touaregs et de se sentir mal dans ce pays à force de crises épisodes d'épuration ethnique.

zp,
SIWEL 121607 JUIN 13

Voici ci-dessous la déclaration du MNLA

Mouvement National de Libération de l’Azawad

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MNLA

Unité – Liberté - Justice


Communiqué : le MNLA et le HCUA acceptent l’accord-cadre de Ouagadougou


Le MNLA informe l’opinion nationale et internationale que dans l’intérêt suprême de l’Azawad, pour la survie de l’Azawad et pour la sécurité des populations civiles, le Mouvement national de libération de l’Azawad accepte, en l’état, l’accord-cadre de Ouagadougou pour la tenue des élections présidentielles, dans la perspective de sortir du cadre de la transition qui permettra enfin la mise en place de négociations politiques en vue d’aboutir à un statut juridique de l’Azawad.

Le MNLA tient à remercier les institutions internationales et les Etats qui n’ont ménagé aucun effort afin de trouver une solution politique négociée au conflit qui oppose l’Azawad au Mali depuis 1960. Aussi, malgré le fait que plusieurs préoccupations du MNLA n’aient pas été prises en comptes par l’accord-cadre de Ouagadougou, et par respect aux efforts de la communauté internationale et des Etats impliqués, le MNLA informe l’opinion nationale et internationale qu’il accepte, dans sa totalité, l’accord-cadre de Ougadougou.

Le MNLA tient à rappeler qu’il porte un intérêt capital à la stabilisation du territoire de l’Azawad, à la paix et à la sécurité des populations civiles. A cet effet, le MNLA tient particulièrement à la poursuite d’un dialogue constant et continu avec les institutions internationales et l’ensemble des Etats impliqué dans la recherche d’une solution politique et pacifique au problème de l’Azawad.



Ouagadougou, le 12 juin 2013




Pour le MNLA et le HCUA,

Mossa Ag Attaher,

Porte-parole de la coordination MNLA / HCUA à Ouagadougou
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