Mali/Azawad : Le nouveau président malien ferme la porte au dialogue avec les touaregs

26/09/2013 - 19:12

BAMAKO (SIWEL) — La mascarade électorale achevée au Mali, l’élut du quai d’Orsay, Ibrahim Boubakar Keita (IBK) n’a pas attendu longtemps pour dévoiler les intentions de son mandat envers les touaregs. De fait, il ne change pas des autres régimes maliens. Tous ont toujours eu la même attitude envers l’Azawad : Injustice, crime et spoliation ! « sauf l’indépendance, le fédéralisme et l’autonomie, tout est négociable…» a déclaré IBK au palais présidentiel de Koulouba. En fait, le président IBK ne consent qu’à négocier la « reddition du MNLA », le « statut quo » et le « retour à la case départ » pour les touaregs qui subissent depuis plus de 50 ans des épurations ethniques à répétition en vertu du principe criminel de l’intangibilité des frontières en Afrique ; principale source des massacres ethniques en Afrique.


Pendant que la France "montre les dents" en exhibant ses chars, ses fusils et ses matraques face à une population civile désespérée, IBK ferme la porte à toute négociation avec l'Azawad. Ici, François Hollande avec Ibrahim Boubakar Keita le 19 septembre 2013 à Bamako (PH/DR)
Pendant que la France "montre les dents" en exhibant ses chars, ses fusils et ses matraques face à une population civile désespérée, IBK ferme la porte à toute négociation avec l'Azawad. Ici, François Hollande avec Ibrahim Boubakar Keita le 19 septembre 2013 à Bamako (PH/DR)
« sauf l’indépendance, le fédéralisme et l’autonomie, tout est négociable…» c’est ce qu’a déclaré le nouveau président du Mali. Au-delà du fait que l’élu du Quai d’Orsay ignore volontairement la distinction entre indépendance, fédéralisme et autonomie, IBK a surtout indiqué que la France, ses alliés et ses serviteurs n’ont jamais eu qu’un seul et même objectif : gagner du temps avec le MNLA et le déstabiliser au maximum pour mieux organiser les soldats maliens et la réoccupation militaire de l’Azawad avec, cette fois, l’appui des forces armées françaises qui sont, en réalité les véritables maitres d’œuvre.

Si certains éléments du MNLA ont accordé une certaine crédibilité à la France et à son opération Serval, beaucoup d’autres ont montré une méfiance justifiée vis-à-vis de la politique française au Mali. En effet, nul besoin d’être un grand politicien ou un féru des relations internationales pour comprendre, et dès le départ, que l’intervention française dans l’Azawad ne visait qu’à réhabiliter un régime qui n’aura pas d’autres buts que de maintenir les choses telles qu’elles l’ ont toujours été depuis les indépendances et la création de ces pseudos-états indépendants en Afrique.

En effet, après avoir fait au MNLA des promesses pour un règlement juste et définitif du problème touareg, (des promesses toujours accompagnées de menaces à peine voilées, notamment d’appui militaires aux maliens), la France a reconquis le territoire de l’Azawad pour le compte de sa création, le Mali. Mais si le MNLA, cerné de partout, s’est laissé abuser par la diplomatie française avec comme arguments des frappes de serval, la population civile n’a jamais cessé de manifester quotidiennement contre la réoccupation malienne de leur territoire avec l’appui des français de « Serval ». Aussi, exaspérée par la ténacité des populations civiles qui s’accrochent désespérément à l’espoir de mettre enfin un terme à un demi siècle de massacres, la France socialiste, celle de la justice internationale et des droits de l’homme, a fini par laisser tomber les masques et a donné une preuve magistrale de ses réelles intentions envers les touaregs en allant jusqu’à réprimer violement une manifestation de femmes à Kidal, après avoir pitoyablement fermé les yeux sur les exécutions sommaires, les viols et les massacres commis par les soldats maliens dans le sillage de son intervention et quasiment sous ses yeux…

D’autre part, alliant le geste à la parole, c’est dans une parfaite coordination et une répartition des taches bien pensée que le président IBK a exprimé le sens qu’il fallait donner à la répression française contre les manifestantes de Kidal. En déclarant « pas de négociation sur l’indépendance, l’autonomie ou le fédéralisme », IBK indique clairement que son gouvernement ne négociera rien du tout avec le MNLA, hormis peut-être sa reddition et le reniement pur et simple de l’essence même de son combat. Et si ça ne convient pas au MNLA, eh bien Serval est là pour régler les aspects « logistiques » ; ses chars, ses matraques et ses fusils se chargeront aussi de réprimer toute contestation populaire, y compris si cette contestation est exprimée par des femmes et des enfants.

A la suite de l’hypocrisie qui a caractérisé la politique française, les objectifs de l’opération Serval et les accords de Ouagadougou, le nouveau président malien n’a fait qu’apporter un nouvel élément de preuve du « traquenard » dans lequel la France, par abus de confiance flagrant, a entrainé les touaregs et le MNLA dans une impasse. Cerné par l’hostilité de l’ensemble des Etats de la région, le MNLA a tenté de faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Il a joué la carte de la négociation et a pris l’énorme risque d’accorder sa confiance aux principaux artisans du malheur de son peuple, c'est-à-dire à l’opération Serval et à la diplomatie française de François Hollande.

Faisant immédiatement suite à la répression des manifestantes de Kidal par les soldats de la Serval, la déclaration d’IBK est en réalité une provocation pour le MNLA. Une façon de lui faire comprendre que « la plaisanterie est terminée ». Mahamadou Djéri Maiga, vice président du MNLA, a immédiatement répondu aux propos d’IBK en précisant la position du MNLA : « nous ne négocierons rien d’autre que l’autonomie de l’Azawad, ou il n’y aura pas de négociations avec les autorités maliennes ». D’autre part, faisant allusion aux « assises nationales » que voudraient mettre en place le président IBK pour « régler la question du Nord » avec « les groupes armés du Nord » pour mieux torpiller le MNLA en le noyant dans des structures à cet effet et qui lui sont viscéralement hostiles, Mahamadou Djéri Maiga a affirmé que « si ces assises ne posent pas la question de l’autonomie de l’Azawad sur la table des discussions, elles sont vouées à l’échec à l’instar des précédentes assises ».

En parallèle, les 15, 16 et 17 septembre, un évènement très grave est venu donner un grand coup à la cohésion du MNLA. En effet, certains membres du MNLA ont été entrainés dans une rencontre entre « les autorités maliennes et différends groupes du nord », dont le Front patriotique républicain qui regroupe les fameuses milices Ganda koy et Ganda Izo, autant dire les spécialistes de la machette contre les populations de l’Azawad. Les militants et les combattants du MNLA, ainsi que les populations civiles et les réfugiés ont été littéralement choqués par cette rencontre où l’on a vu côte à côte des membres du MNLA et des miliciens Ganda. Pour certains, les participants ont été abusé par les français, tandis que pour d’autres, il ne s’agit de rien de moins qu’une haute trahison de la part des membres participants. Depuis que le MNLA a engagé des discussions et des pourparlers avec la France, rien ne va plus au MNLA, les esprits s’embrouillent et la cohésion au sein du MNLA s’effrite.

Depuis ce triste épisode, le conseil révolutionnaire du MNLA a très violement réagit à cette rencontre. Il a officiellement désavoué les participants qui n’avaient « jamais été mandaté pour assister à une telle rencontre ». Après le conseil révolutionnaire du MNLA, le Vice-président, Mahamadou Djéri Maiga a également clarifié la situation sur cette question : « les participants à cette rencontre n’étaient pas mandatée pour la signature d’un accord mais pour assister à une réunion du comité de suivi et d’évaluation et RIEN D’AUTRE ».
Visiblement, ces membres du MNLA, depuis qu’ils ont été mis en contact permanent avec le Quai d’Orsay, ils ont perdu tout sens du discernement, jusqu’à l’instinct de survie, tant il est évident que « l’équipe Hollande » et son bras armé « Serval » œuvrent nuit et jour à organiser le naufrage définitif de l’Azawad.

IBK a raison, il n’y aura effectivement aucune négociation, ni aucun règlement juste et équitable de la question de l’Azawad tant que les ennemis ne seront pas clairement identifiés. Il est vrai qu’ils sont nombreux et variés, il est vrai également qu’ils ne sont pas des moindres mais rien ne peut résister à la volonté d’un peuple pour peu que certains de ses enfants ne se laissent pas séduire par les discours mensongers de la diplomatie françaises et que d’autres ne vendent pas leurs âmes au diable.

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SIWEL 261912 SEP 13





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