" Lwennas Amezyan " poème de Hmimic M At-Lmulud

19/06/2015 - 13:45

USA - DIASPORA (SIWEL) — De la diaspora kabyle des Etats Unis d'Amérique est parvenu à notre rédaction ce poème de Hmimic M At-Lmulud pour publication. En voici ici un extrait:

" Tant de veuves De veufs De mères De pères
Perdant une grande part de Leur chair, Des millions d'orphelins
Lwennas Taxuxt Tamurt, Tizi

Ferhat Lehbus* Kabylie, Assa
Yemmas Mmis, Rebelle et Tizi-Bbwassa
Tawrirt ne peut être oubliée
Imula source d'Amazighité
Amezyan tu es toujours là

De Tawrirt à Azazga, Lwennas je ne sais plus où je te vois
Dans la réalité ou Tirga*, Pas important où
Puisque tu es partout où on va "

Nous publions ci-après l'intégralité du poème


Pont
Deux bouts
D'un coté Lwennas
De l'autre Amezyan
Sous les ponts des milliers de noyés
Noyés depuis la nuit des temps au
Printemps noirci
Sauter et me noyer
Avec les autres
Oublier Mourir
Quelle paix ?

Ou étendre mes bras
Jusqu'à m'entredéchirer
Pour encore exister
Pour rejoindre les deux bouts
Arrêter de pleurer sur mon sort
Et continuer à crier et lutter
Pour ne pas perdre l'équilibre
Et ne pas tomber

Nna Aljiya Ferhat
Les femmes Les hommes
Les enfants
Tant de veuves De veufs
De mères De pères
Perdant une grande part de
Leur chair
Des millions d'orphelins
Lwennas Taxuxt Tamurt
Tizi
Ferhat Lehbus* Kabylie
Assa
Yemmas Mmis
Rebelle et Tizi-Bbwassa
Tawrirt ne peut être oubliée
Imula source d'Amazighité
Amezyan tu es toujours là

De Tawrirt à Azazga
Lwennas je ne sais plus où je te vois
Dans la réalité ou Tirga*
Pas important où
Puisque tu es partout où on va

Le pont encore
Un cauchemar qui m'a
De tout temps terrifié
Cauchemar que je traine
Depuis mon enfance
Et même bien avant ma naissance
Les ponts Le pont
J'ai eu peur des ponts
Qui m'ont conduit de la
Chaleur familiale de
La maison maternelle
A l'école coloniale
Les ponts qui m'ont soutiré
Du confort de mon enfance
Vers un monde où on perd toute innocence
Coupable pour être né Berbère
Et pour vouloir Vivre ma kabylité
Très dur à traverser le pont
Parait solide et bien ancré
Tremble dès que
Je commence à l'aborder

A présent comme par miracle
Je me retrouve au milieu
Les ponts ça fascine
Et ça étourdie
Surtout pour un peuple
Mal compris
Un peuple que l'élite aime mépriser
Vous Rebelles l'avez
Pourtant bien bâti
Pour nous relier tous
Et marcher ensemble vers la Tilelli*

Même si sur du solide vous
L'avez construit
Des taupes ont investi les fondations
Et essayent de le fragiliser
Elles creusent sans arrêt
Jusqu'où pourront-elles fouiner ?

Pas aussi loin que vous êtes allés
Tezram akal amek iga
Vous savez de quoi le sol est fait
C'est le vôtre
C'est le nôtre
Et Personne n'arrivera à me dissuader
à nous dissuader
A rester sur le pont autant que l'on veut
Je n'ai plus peur d'y rester
Et de le traverser autant que je veux
Autant qu'il faudra
Car j'ai pu toucher vos mains
Même si elles se trouvaient
Chacune de l'autre coté du Pont
Lwennas Amezyan
Vos mains qui interpellent
Nos consciences
Vos mains reliées à vos
Cœurs par le cordon de nos espérances
Ne forment plus qu'une seule main
Avec la mienne
Celle du peuple
Celles de ceux "de sous le pont"
Et cette gigantesque-par son histoire-main
Qui puise sa force
De la terre et des immortelles racines de nos ancêtres
Nous montrera le chemin de Tagmat*
Tagmat qui nous guidera et mènera vers
L'éternelle Liberté

Vous serez tous ressuscités
Vous symboles d'Amour de lutte et
D'existence dans la dignité
Vous qui êtes partis pour que soit l'Humanité
Vous qui nous avez jamais réellement quittés
Vous par lesquels
Et pour lesquels Nous sommes
Et serons toujours Ici.
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Lehbus = Prisons
Tirga = Rêves
Tilelli = Liberté
Tagmat = Union

Hmimic M At-Lmulud
USA 25 juin 2006


SIWEL 191345 JUIN 15




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