Lutte antiterrorisme en Kabylie : Policiers, patriotes et garde-communaux brisent l’omerta

19/10/2013 - 13:33

KABYLIE (SIWEL) — Quadrillée depuis plusieurs années sous le prétexte de la lutte contre les groupes terroristes écumant les maquis de la région, la sur-militarisation de la Kabylie répond à un autre impératif autre que celui de la chasse aux terroristes islamistes. Des policiers, des patriotes et des garde-communaux brisent le silence et dénoncent les obstacles dressés par les autorités militaires et politiques algériennes devant la lutte.


Le pouvoir algérine utilise le terrorisme comme un moyen de pression sur la Kabylie. PH/DR
Le pouvoir algérine utilise le terrorisme comme un moyen de pression sur la Kabylie. PH/DR
Selon un patriote de la région de Tizi-Wezzu, la stratégie décidée pour mener la lutte contre le terrorisme dans cette wilaya ne répond à aucune logique. Pour lui, les autorités militaires ont d’autres objectifs que la lutte elle-même. « Nous avions proposé plusieurs fois que la stratégie adoptée ne donne aucun fruit, donc, il faut changer de méthode pour venir à bout de la nébuleuse terroriste, mais en vain », a-t-il confié. Il a précisé que les responsables politiques et militaires se sont dressés contre une lutte efficace, en maintenant un plan de lutte caduque et inefficace.

« Ils ont opté pour une stratégie de pilonnage et ratissage, alors qu’elle ne donne aucun résultat ». Et de poursuivre que les patriotes ont proposé, à maintes reprises « une lutte par embuscades », afin, a-t-il ajouté, « d’en finir avec les éléments des groupes armés qui écument les maquis de Kabylie », car, « les patriotes connaissent ces maquis ». Devant le refus des responsables de mener une vraie lutte, plusieurs éléments des groupes de patriotes ont quitté.

Un autre élément de la garde-communale a confié que les mêmes autorités militaires chargées de mener la lutte anti-terroristes en Kabylie « refusent que nous attaquions les terroristes ». Il a souligné qu’à plusieurs reprises, des terroristes ont été surpris dans plusieurs endroits, « mais nos responsables refusent qu’on les attaque sous le prétexte que l’armée a injecté ses éléments à l’intérieur de ces groupes ». Il s’est interrogé sur l’objectif de la présence des éléments de l’armée dans ces groupes terroristes alors qu’aucune information ne parvienne aux autorités. C’est dés lors qu’il a compris que le prétexte de la lutte anti-terroriste n’a d’objectif que de quadriller la Kabylie et maintenir les citoyens dans la peur et la résignation.

Un officier de police, qui a mené la lutte durant plusieurs années, a dénoncé « la nouvelle loi sur la lutte anti-terroriste », qui n’est autre « qu’un moyen de casser l’engagement contre le terrorisme ». Ce même responsable a révélé qu’aucune action ne peut être menée contre ces groupes sans l’aval du chef du secteur militaire.

Les révélations faites par ces hommes engagés dans la lutte contre le terrorisme en Kabylie renseignent sur les réelles visées du pouvoir algérien. Elles informent aussi sur les objectifs de la forte présence des éléments des services dits de sécurité dans la région. Devant l’engagement de la région à défendre sa liberté, le pouvoir militaro-mafio-assassin algérien conjugue ses efforts avec ses groupes terroristes pour casser la dynamique enclenchée par le MAK-GPK.

aai
SIWEL 19 1333 OCT 13





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