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« Lounès Matoub: le poète qui défia à lui seul la forteresse de l’abîme. ». Contribution de Lahouazi Djillali

26/06/2014 - 18:27

(SIWEL) — Seize ans, jour pour jour, après son assassinat, Matoub Lounès s’impose dans la mémoire collective. Présent éternellement dans la mémoire de ceux qui l’ont connu, il s’installe également dans l’âme de ceux qui sont nés après sa mort. Bien qu’il fût ravi aux siens un jeudi 25 juin 1998, Lounès accède au rang du barde éternel.


Seize ans, jour pour jour, après son assassinat, Matoub Lounès s’impose dans la mémoire collective. Présent éternellement dans la mémoire de ceux qui l’ont connu, il s’installe également dans l’âme de ceux qui sont nés après sa mort. Bien qu’il fût ravi aux siens un jeudi 25 juin 1998, Lounès accède au rang du barde éternel.

Le 25 juin 1998 restera une date ancrée dans les esprits de tous les Kabyles, jour de l’assassinat du chantre de l’Amazighité, Matoub Lounès, à Thala Bounane, près d’Ath Douala, par un commando du DRS.

Un coup dur pour la liberté et Tamazight. Une étoile s’est éteinte. Le courage de Matoub prenait une telle dimension qu’il dérangeait les plus hautes sphères du régime. Lounès est devenu une personnalité kabyle très connue au monde…. plus que tous les chefs d’Etat Algérien.

Il a osé reprendre la musique de l’hymne algérien en affirmant dans son premier refrain le montagnard (le Kabyle) ne sera jamais président quelques soit son statut et ses compétences. En d’autres termes la Kabylie sera éternellement dominé par le régime d’Alger et aucun espoir n’est possible avec le régime du DRS.

Heureux, Matoub Lounès, qui a inscrit son nom dans l’étérnité comme repère identitaire de toute la Tamazgha, destin accompli pour Matoub Lounès, qui est mort tel qu’il l’avait souhaité, c’est à dire, en martyre pour ses idées, et non de vieillesse dans son lit.

Comme disait une pub anti tabagisme aux Etats-Unis, mourir de tabac, c’est mourir pour rien (dying from smoking, is dying for nothing). De ce point de vue, Matoub qui n’est pas mort pour rien et qui a vécu pour quelque chose, a doublement réussi: sa vie et sa mort.

Sans être universitaire, ni, non plus, de ces intellectuels qui produisent des expressions qui garnissent des discours à la démesure de leur engagement, Lounès a vécu en authentique égal à lui-même dans ses qualités et ses défauts, ses manques et ses excès, sa révolte et sa tendresse, il a forgé sa grandeur de la façon la plus dure qui soit pour ainsi durer jusqu’à l’éternité dans la mémoire des hommes.

Il est le produit du sens commun et des choses de la vie, mu par l’instinct de survie qui est celui de tout un peuple, Il est comme le soleil, il est haut, il est bas, il est l’enfant terrible de la Kabylie.

En pensant à Matoub, comment il a vécu et comment il a souhaité mourir, il me revient à l’esprit cette phrase de James Dean qui disait que la seule réussite dans la vie c’est d’être immortel.
Que la meilleure demeure au monde ne soit pas de ces belles villas faites de ciment et de briques, financées à coups de détournements de deniers publics, mais bel et bien le cœur des hommes.

Repose en paix notre rebelle de Kabylie.

Lahouazi Djillali

SIWEL 261827 JUIN 14




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