Libération de Lazarevic, une libération et des questions

12/12/2014 - 12:13

PARIS (SIWEL) — Serge Lazarevic, le dernier otage français détenu par l'AQMI est rentré en France le mercredi 10 décembre 2014. Sa liberté a été obtenue contre la libération de terroristes islamistes, à commencer par ceux qui ont organisé son enlèvement justement. Il est aussi quasi certain qu'une rançon a été versée en plus de la libération de 4 terroristes affiliés à AQMI, Ansar Dine et autres groupes assimilés. La libération de cet otage franco-serbe est aussi trouble que le passé de cet « homme d’affaire » qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment quand il a été enlevé avec son camarade Philippe Verdon, un autre affairiste au parcours tout aussi trouble. Toujours est-il que, comme d’habitude, ce sont les islamistes qui sortent renforcés de ces tractations, à commencer par le HCUA, blanchi par la France, l'ONU et toute cette communauté internationale avant d’être à nouveau imposé au MNLA pour continuer à l’entraver dans sa lutte de libération du peuple de l'Azawad.


Serge Lazarevic après 3 ans de captivité entre les mains d'AQMI...plutôt en forme ! ( PH/DR)
Serge Lazarevic après 3 ans de captivité entre les mains d'AQMI...plutôt en forme ! ( PH/DR)

Quelques temps avant sa libération, Serge Lazarévic apparaissait la tête couverte et la barbe fournie dans une vidéo diffusée par une chaîne arabe de Dubaï. Dans cette vidéo, l’otage évoquait sa « santé chancelante ». Trois semaines plus tard, il est libéré « en pleine forme » selon ses propres mots, juste après son arrivée à Niamey.

Pour rappel, Serge Lazarevic avait été enlevé, avec Philippe Verdon, en novembre 2011 dans la région de Mopti, qui se trouve être la limite exacte entre le Mali et l’Azawad. Philippe Verdon sera retrouvé mort avec une balle dans la tête en juillet 2013, tout près de la frontière algérienne, à Tessalit tandis que l’Aqmi annonçait avoir abattu un « espion » français. L’Aqmi avait d’ailleurs revendiqué l’enlèvement des deux « hommes d’affaire » en les accusant d’appartenir aux services de renseignements français.

Si Philippe Verdon est finalement abattu, Serge Lazarevic, lui, aura plus de chance, il sera libéré au bout de 3 ans de captivité à la suite des mêmes négociations qui ont abouti à la libération des 4 otages d’AREVA. On sait que la libération de ces 4 otages a coûté quelques bons millions d’euros, en plus de la « réinsertion sociale » d’un certain nombre de terroristes d’Ansar Dine et du Mujao, dont trois (3) ont même été « élus » députés sur la liste du parti présidentiel d’IBK, le président malien : deux pour ’Ansar Dine et un pour le Mujao.

La question est : que faisaient donc Serge Lazarevic et Philippe Verdon à Mopti alors que cette zone du Mali est très formellement déconseillée aux Occidentaux ? Officiellement, les deux hommes sont « ingénieur du bâtiment » pour Lazarevic et « géologue » pour Verdon et, au moment de leur enlèvement, ils étaient tous les deux à Mopti pour monter une « affaire » de cimenterie pour le compte d’une entreprise malienne.

Pourtant dès novembre 2011, un quotidien serbe BLIC présentait Serge Lazarevic comme un vétéran de la guerre en ex-Yougoslavie. Il est décrit comme un homme lié depuis longtemps à divers services de renseignements, notamment français, et aurait été un recruteur de mercenaires serbes pour le compte de Mobutu dans l’ex-Zaïre.

Quant à Philippe Verdon, le « géologue » s’est avéré être un affairiste, spécialisé dans les affaires africaines, qui était déjà passé par Madagascar et les Comores. Il se flattait même d’avoir des liens d’amitié avec des mercenaires, relais des services français et pivot des trafics d’armes et des opérations de déstabilisation dans l’océan Indien, dont Bob Denard.

Bien que tout le monde nie tout ce passé pour le moins troublant, il se trouve que les deux futurs otages étaient au Nord du Mali au moment précis où la MNLA s’apprêtait à lancer sa guerre de libération pour l’indépendance de l’Azawad. La suite tout le monde la connait. Une fois l’armée malienne chassée de l’Azawad, par le MNLA, trois groupes terroristes, AQMI, ANSAR DINE et MUJAO, font la guerre au MNLA, le chasse de GAO dont il avait fait sa capitale et applique les lois de la Charia au peuple Touareg dont on connait l’incompatibilité. Un couple de Touaregs, parents de 2 jeunes enfants, avait été lapidé à mort à Aguelhoc parce qu’ils n’étaient pas mariés.

Or tout le monde sait qu’ANSAR DINE et l’AQLMI sont des groupes très fortement liés aux services algériens. L’AQMI est issu du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), lui-même issu du GIA (groupe islamique armé), lui-même issu de l’AIS (Armée islamique du salut) qui est lui-même le bras armé du (FIS) Front islamique du Salut, dont les chefs sont aujourd’hui réhabilité, tandis que les troupes terroristes. Quant à ANSAR DINE, ce groupe touareg islamiste, dirigé par le chef terroriste Iyad Ag Ghaly, a fait (et fait toujours) l’objet de toutes les attentions de l’Etat algérien, au détriment du MNLA bien sûr.

Ansar Dine, après avoir fait le « sale boulot », notamment combattre militairement le MNLA et ouvrir la voie à l’opération française Serval, il a été repêché en lui changeant de dénomination en MIA( Mouvement islamique de l’Azawad) avant d’être de nouveau imposé au MNLA à la table des négociation sous le nom de HCUA ( Haut conseil à l’unité de l’Azawad). On sait par ailleurs, que lors de la libération des 4 otages d’Areva, Iyad Ag Ghaly était au centre des négociations pour leur libération. Une rançon a été versée par la France et deux anciens lieutenant d’Iyad agh Ghaly ont été promus « députés du Nord-Mali », avec la bénédiction de toutes les parties « engagées dans la lutte contre le terrorisme », selon la formule consacrée !

Dans la libération de Serge Lazarevic, le HCUA se targue ouvertement d’avoir joué un rôle déterminant dans la libération de l’homme d’affaire franco-serbe. Ainsi, Alghabass Ag Intalla, secrétaire général du HCUA a lui-même déclaré « Oui, le HCUA a participé à la libération de Serge Lazarevic et nous en sommes fiers. Notre frère Mohamed Akotey et les gouvernements malien et nigérien ont demandé notre aide et nous avons accepté »,
Et bien sûr pour bien faire avaler la pilule et contre balancer le poids des basses manœuvres et autres tractations entre les spécialistes de la « lutte contre le terrorisme » et les terroristes eux-mêmes, la presse française annonce qu’« Un haut responsable du groupe jihadiste al-Mourabitoun au Mali, Ahmed el-Tilemsi, a été tué dans une opération des forces françaises dans la région de Gao, au nord du Mali ».

Cette même presse nous annonce également qu’une « dizaine de membres armés d'un groupe terroriste » ont, en outre, été « neutralisés », selon les informations divulguées par annoncé l'armée française, le jeudi 11 décembre, soit le lendemain de la libération de Serge Lazarévic…. C’est pas beau ça ?!

Les terroristes islamistes sont « neutralisés », « arrêtés » et « emprisonnés » avant d’être « libérés » et « réinsérés » dans la société civile et parfois même avec, en bonus, le titre de députés et quelques millions de dollars pour acheter des armes auprès de charmants « hommes d’affaires » occidentaux.

Le commerce des otages et le terrorisme islamiste ont encore de beaux jours devant eux tant que l’uranium, le gaz et le pétrole continuent à servir aux puissances occidentales et aux Etats voyous ; et tant pis pour les peuples qui subissent de plein fouet ces terroristes.

zp,
SIWEL 121213 DEC 14




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