Lever du drapeau national kabyle hier à Philadelphie

31/05/2015 - 01:01

WASHINGTON -PHILADELPHIE (SIWEL) — La diaspora kabyle établie aux Etats unis d'Amérique était au rendez-vous ce vendredi 29 mai pour procéder au lever du drapeau national kabyle à Philadelphie, en présence de Mas Lhacène Ziani, Ministre de la médiation et Coordinateur de l'action de l'Anavad.

Le lendemain, Mas Lhacène Ziani a animé une conférence à Washington, dans la capitale des USA. Avant le début de la conférence du Ministre de la médiation, le Président de l'Anavad, Mas Ferhat Mehenni, est intervenu par téléphone pour lui adresser un hommage appuyé et le remercier de l'avoir si dignement représenté à Philadelphie et à Washington.

Nous publions, ci-après, le discours prononcé par Mas Lahcène Ziani à l'occasion du lever du drapeau kabyle à Philadelphie ainsi que quelques photos.



Discours de Mas Lhacène Ziani à l'occasion du lever du drapeau kabyle à Philadelphie

L’avènement de la Kabylie sur la scène internationale

La Kabylie arrive petit à petit sur la scène internationale. Elle a commencé à s’y installer dans le deuil et la douleur du « printemps Noir » de 2001. Après sa tentative infructueuse de s’imposer face à l’Algérie en 1963, il a donc fallu attendre près de 40 ans pour la voir repartir à la reconquête de sa place dans le concert des nations.
L’Algérie française qui l’avait annexée en 1857 l’a léguée à l’Algérie arabo-islamiste dont elle refuse toujours de faire partie. Qu’elle soit française ou arabe, l’Algérie est pour elle sa négation et sa mort. Elle n’en veut pas. Elle affirme que si le colonialisme dont elle souffre depuis cette date a changé de visage, il n’a pas changé de nature. Le colonialisme était et reste la réduction d’un peuple à l’esclavage par un Etat qui lui est étranger et oppresseur.

Le peuple kabyle s’en est aperçu dès 1962 quand il y a eu passation de pouvoirs entre e colonialisme français et e colonialisme algérien, arabo-islamiste.

Il est temps que les pays du monde libre, et à leur tête les Etats Unis, se penchent sur l’injustice faite aux peuples par les Etats postcoloniaux. Le président Obama, lors de son discours d’Accra avait reconnu que les frontières africaines étaient » artificielles ». Malheureusement il n’a pas pu aller au-delà du constat. Il pensait que la prescription d’une « bonne gouvernance » était suffisante pour rétablir les torts faits aux peuples humiliés, violentés, oppressés et opprimés, assassinés en toute impunité depuis les pseudos indépendances qui n’avaient rien de « nationales ».

La Kabylie sait que la mort l’attend au bout du statut de « minorité nationale » algérienne auquel la France et d’autres acteurs voudraient la voir souscrire et y aller. Or, parler de nation algérienne c’est déjà et avant tout nier la nation kabyle, la tuer et l’enterrer. Ceci nous est insupportable et inadmissible, car la nation kabyle est une réalité, tandis que la nation algérienne est une escroquerie politique. Il n’y a pas de nation algérienne. Il y a une mosaïque de nations en Algérie qui s’y disputent le leadership politique. Pour le moment le lieu de ces luttes n’est ni dans les urnes, ni dans la rue mais dans l’institution militaire où la mise en retraite anticipée des officiers kabyles est une pratique très courante. L’objectif est d’empêcher la prise du pouvoir en Algérie par la Kabylie. Mais quand bien même ces officiers kabyles seraient en mesure de s’accaparer un jour du pouvoir, la Kabylie les dénoncerait. Elle refuse qu’une dictature algérienne se réclame d’elle pour soumettre les autres peuples d’Algérie. Le peuple kabyle est pour sa liberté et non pour l’asservissement des peuples qui sont ses codétenus, ceux emprisonnés dans un même Etat avec lui. Il leur souhaite tous de vivre en liberté comme il le revendique jusqu’ici pour lui-même. Le peuple kabyle ne veut ni asservir ni être asservi. Il est partisan de la liberté qu’il chérit par-dessus tout.

La Kabylie, meurtrie dans sa chair depuis 1857, ne veut pas de bain de sang pour recouvrer sa liberté. Même en se retrouvant en 2001 en état de légitime défense face au régime militaire algérien qui tirait sur ses enfants, elle s’était gardée de ne pas prendre les armes. Mais continuera-t-elle à avoir le même réflexe en cas de récidive ? La question mérite que la communauté internationale se la pose. Pour éviter ce bain de sang, il vaut mieux prendre les devants et suivre l’exemple écossais, aller vers la réhabilitation du droit à l’autodétermination des peuples pour que la Kabylie, avec le MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie) et l’Anavad (Gouvernement Provisoire Kabyle) organise son propre référendum pour exprimer son droit à disposer d’elle-même.

La Kabylie a la taille d’un Etat moyen, 40.000 km2 avec 10 à 12 millions d’habitants. Elle a toutes les compétences nécessaires pour qu’elle s’autogouverne dans la démocratie et la liberté, le respect des droits humains et le développement durable. Elle est éprise de paix dont elle veut devenir un acteur de premier plan dans la région.

La Kabylie sera alors une sentinelle veillant sur la stabilité régionale et le respect des valeurs universelles.

Elle regarde du côté des pays porteurs de cette liberté et de ces valeurs comme ceux de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Elle voudrait en être l’amie et l’alliée sur la rive Sud de la Méditerranée où elle dispose de 300km de côte.

Les Etats Unis sont pour elle le meilleur des partenaires pour sa sécurité et son développement économique.

Je ne fais qu’introduire le sujet que le président de l’Anavad aura à développer ici plus en détail lors de sa visite aux USA à la mi-octobre 2015.

La Kabylie est une chance pour l’Amérique. Elle espère que celle-ci s’en rende compte.

Je vous remercie.

Washington, le 30/05/2015
Lhacene Ziani, Coordinateur de l’Action de l’Anavad et Ministre de la Médiation






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