Les réponses du gouvernement algérien et du HCA sur la question de Tamazight au HCDH de Genève

07/03/2013 - 18:12

GENEVE (SIWEL) — Les réponses du gouvernement algérien au Haut Commissariat aux Droits de l’Homme à Genève, HCDH, ont été apportées par un représentant du HCA et un représentant du ministère de l’intérieur (sic)…Le HCA et le ministère de l’intérieur ont répondu « de concert » aux questions posées par l’institution onusienne sur la discrimination concernant les Amazighs et Tamazight. Tous deux répondent en cœur qu’il n’y a pas de discrimination, qu'il y a de grandes avancées et que le HCA prend en charge les problèmes "techniques" de tamazight. En somme, il n'y a aucune mauvaise volonté de la part de l'Algérie officielle et les amazighs ne sont que des affabulateurs.


Excellente affiche illustrant parfaitement le HCA. Affiche empruntée au blog kabyle "Amghid".(PH/DR)
Excellente affiche illustrant parfaitement le HCA. Affiche empruntée au blog kabyle "Amghid".(PH/DR)
Avant de voir les réponses données par ses deux institutions algériennes dont relève visiblement la question amazighe en Algérie, à savoir le HCA et le ministère de l'intérieur algérien, nous nous permettons de faire un petit rappel sur le lieu de détention de Tamazight, le HCA: le Haut Commissariat à l’Amazighité. Le ministère de l'intérieur, de triste mémoire, ne nécessite, quant à lui, pas de rappel, il est omniprésent en Kabylie étant donné qu'il constitue, quasiment, le seul interlocuteur de la Kabylie.

Le HCA est une « institution », mise en place à la suite d’une année entière de BOYCOTT par la Kabylie de toutes les institutions scolaires algériennes qui imposent l’Arabe comme langue OBLIGATOIRE et interdit Tamazight dans les institutions. Le HCA a été placée directement sous la tutelle de la présidence de la république, laquelle est aujourd’hui occupée par celui qui était venu à Tizi-Ouzou « crever le ballon de baudruche » de ces « nains » de kabyles à qui il a asséné que « tamazight ne sera jamais langue officielle »… au-delà du fait que l’officialisation de tamazight ne changera rien à la question, tout comme sa « nationalisation » n’a rien changé ; eh bien, il s’est même trouvé des « gens » à Tizi-Ouzou pour applaudir cette déclaration. Certains, pour se défendre du déshonneur qui s’est abattu sur eux, n’ont rien trouvé de mieux à dire qu’ils ne comprenaient pas l’arabe. SOIT…sauf que Bouteflika ne s’est pas exprimé en Arabe à Tizi, il a utilisé une autre « langue empruntée », en l’occurrence le Français…Mais passons, revenons plutôt à ce HCA.

Ainsi, le HCA est donc un commissariat ayant pour « première tutelle », la présidence de la république et pour « seconde tutelle » le ministère de l’intérieur aux côtés duquel il est missionné, auprès des Commissions des Droits de l’homme à Genève, pour donner, en guise de réponses au problème Amazigh, les mensonges éhontés de la république algérienne démocratique et populaire (sic)…confirmant une fois de plus que le HCA n’est rien de moins qu’un commissariat, comme son nom l’indique, où l’on a enfermé tamazight pour mieux la soustraire aux siens; et comme cela ne suffisait pas, ils sont passé au stade supérieur, la «nationalisation » de tamazight, en attendant l’officialisation pour CLOUER définitivement le bec à ses « djbayliyin » amazighs.

Ces deux structures, l’une ouvertement oppressive et criminelle (dont les 128 martyrs du printemps noir sont les dernières victimes en date) tandis que l’autre pratique la fameuse « Taqia » des arabo-islamistes qui consiste à ériger la ruse et le mensonge en principe fondateur pour arriver à ses fins, c’est le cas du Haut Commissariat dans lequel sont enfermés les Amazighs/ le HCA.

Voyons maintenant la réponse de ses deux structures négationnistes

Sur la question générale de tamazight, la réponse est : « « Il y a participation des amazighs dans la prise de décision. Le HCA « s’occupe » avec les associations et les « autorités locales » de consultation des populations concernées dans les prise de décisions les concernant »
HA BON !!!! C’est curieux, les populations « concernées » ne semblent pas être au courant de leur implication, tout comme elles ignoraient que le HCA et le ministère de l’intérieur étaient les deux institutions de tutelle de tamazight et qu'ils étaient fondés à répondre de concert aux questions sur la discrimination de Tamazight sur son propre territoire.

Mais, le HCA, pour ne pas être en « trop grand flagrant délit », nuance sa position concernant la question de « Tamazight langue nationale mais pas officielle ». Aussi, le HCA recommande au gouvernement d’officialiser la langue amazighe…voilà de quoi inquiéter sérieusement les défenseurs de Tamazight, car si l’officialisation est de la même veine que sa « nationalisation », ce serait remettre la victime aux mains exclusives de ses bourreaux et tamazight sera alors plus que jamais en danger.

Les autorités algériennes précisent que « Beaucoup de progrès ont été réalisés depuis la création du HCA » ; « Tamazight est langue nationale » et « Quarte départements de tamazight ont été créés à Tizi-Ouzou, Bejaia et le 3eme au cours de réalisation à Bouira et Batna. » FAUX ! la réalité est que : des départements ont été péniblement, et à contrecœur, concédés suite à la colère populaire et sont situés exclusivement en Kabylie et dans les Aurès où la contestation et les « risques » de nouvelles colères sont majeurs (cf Printemps Noir, Evènements de Tkout). A la création de ces département, l’Etat a bien pris soin de leur « accorder » des moyens dérisoires et de les "doter" de tracasseries administratives insurmontables qui les occupera à tout autre chose qu’à la prise en charge réelle de Tamazight.

Le HCA fait également état de « Créations des radios locales » FAUX !!! ou VRAI mensonge Ces radios locales s’expriment majoritairement en arabe et sont directement gérées par le DRS, comme c’est le cas de la radio locale de Tizi-Ouzou avec une orientation islamiste et des prêches culpabilisateurs.

L’Etat et le HCA parlent de la reconnaissance de Tamazight en faisant étalage de tous les « Festivals du cinéma amazigh , « Festival de la chanson amazighe », « Festival du théâtre amazigh » Festival de la poésie amazighe, etc ; … Bref ! Tout un tas de Festivals où l’on admet sans aucun problème le folklore, comme l’ahwach au Maroc ou la cérémonie du thé dans l’Azawad.

Le HCA met également dans la liste des avancées sa « Revue amazigh du HCA », un vrai patchwork où, après l’avoir refermé, on se demande sérieusement : c’est quoi au juste tamazight ???

Le plus cocasse est dans cette réponse : « Il y a pas d’interdit pour les habilles et signes amazighs » nous dit le HCA et « Aucune plainte de la part des citoyens sur les discriminations raciales » précise encore le ministère de l’intérieur. D’autre part, dit le HCA, « le gouvernement algérien a pris des mesures » pour « Valoriser les variantes locales amazighes » et « Créer un tamazight standard ». Là, on commence sérieusement à s'inquiéter.

Le HCA, en bon pratiquant de la « Taqia », fait mine d’émettre quelques réserves car il remarque nous dit-il que « le contenu de la Tv4 la télévision amazighe ne répond malheureusement pas aux attentes » mais il prend tout de même soin d’en faire porter la responsabilité « aux journalistes » qui manquent de « professionnalisme et de formation ».

Cette TV4, qui ressemble à une chaine qatarie où les présentatrices sont emmitouflées dans des hidjabs et où les prêches islamistes se font désormais…en kabye, est un excellent outil de dépersonnalisation, autrement plus « efficace » que l’interdiction des prénoms amazighs ; un autre « problème » que le HCA a pris en charge nous dit-il car il a engagé « Un travail avec les wilayas et les daïras pour compléter la liste des prénoms ».

OUI, Tamazight avance à grands pas, tant et si bien, que le budget du HCA est « revu à la hausse » et passe de 96 millions à 117millions et nous savons tous que Tamazight en sera la grande bénéficiaire.

Enfin, l’Etat algérien dit refuser les statistiques ethniques pour « préserver l’unité nationale »…autour, bien sur, des constantes nationales de « l’arabo-islamité » et accessoirement, tant que ces amazighs survivront encore un peu, de « l’amazighité » au même titre que « nos ancêtres les gaulois » repris du jacobinisme français, modèle favori de l'Etat algérien avec l'arabo-islamisme. La combinaison des deux constitue un puissant dissolvant qu'il faudra rapidement mettre en échec ou alors c'est tamazight qui sera échec et mat...et la partie sera alors définitivement terminée!

npc,
SIWEL 071812 MARS 13


cerd_c_dza_co_15_19_fr.pdf rapport du comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU  (186.32 Ko)





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