Les fillettes «kamikazes»: nouvelles munitions des terroristes islamistes

17/12/2015 - 14:41

(SIWEL) — Abusivement qualifiées de «jeunes femmes», les fillettes utilisées par le groupe islamiste Boko Haram pour mener des attentats-suicides "ne savaient probablement pas qu’elles portent des explosifs". C’est ce qu’a affirmé Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés qui pense que "les explosions sont déclenchées à distance"


Les fillettes «kamikazes»: nouvelles munitions des terroristes islamistes
Ainsi en juillet 2014, le Nigeria avait été touchée quatre fois en l’espace d’une semaine par des attentats-suicides menés par des fillettes dans des marchés. «Bon nombre d’entre elles ne savent probablement pas qu’on va les faire exploser», a déclaré à la presse Leila Zerrougui. «Personnellement, je doute que les enfants savent», explique-t-elle, en soulignant que ces «kamikazes» n’ont souvent que «11 ou 12 ans».

La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés pense que les explosifs sont déclenchés à distance. En janvier, une bombe portée par une fillette de 10 ans avait fait au moins 20 morts. Le 22 février 2015, c’est une fillette de 7 ans qui s’introduit sur un marché de Potiskum où elle se fait exploser, ou plus probablement on la fait exploser.

Comment sont recrutées ces jeunes filles ?

Certaines «sont données par leur famille, dans un contexte où toute la famille a rejoint Boko Haram», affirme Seidik Abba, journaliste et analyste de l’actualité africaine, «Dans ce cas, les fillettes n’ont pas conscience de ce qu’on leur demande de faire».

«D’autres “kamikazes” sont recrutées directement dans les écoles coraniques» affirme le journaliste, et «De fil en aiguille, Boko Haram réussit à les recruter, en leur vendant l’idée qu’elles vont aller au paradis. Et si l’on vous dit que se faire exploser est un raccourci pour rejoindre le paradis, c’est une idée qui peut être reçue par certaines personnes».

Par ailleurs, faisant référence à l’enlèvement des 300 écolières à Chibok en avril 2014, le journaliste ajoute également que parmi ces jeunes filles qui se font exploser, «on retrouve sûrement certaines qui ont été enlevées, dont on a perdu la trace et qui ont été mariées de force à des combattants de la secte islamiste».

Selon un rapport publié en octobre 2014 par l’ONG Human Rights Watch (HWR), «plus de 500 femmes et jeunes filles du nord du Nigeria ont été kidnappées depuis l’émergence de la secte islamiste en 2009». Il faut espérer qu’on n’en fera pas autant de kamikazes… d’autant plus que ces écolières, converties de force et exploitées sexuellement pourraient être tentées de voir dans la mort la seule issue à leur calvaire.

Emmanuel Igah, directeur de la société de conseil Phobos international et spécialiste du Nigeria, interrogé par France 24, souligne quant à lui le rôle de la pauvreté dans le recrutement des fillettes : «Dans le Nord du Nigeria, avec la pauvreté et la polygamie, il y a énormément d’enfants dont les familles ne peuvent pas s’occuper. Beaucoup sont recueillis par la secte qui leur demande, en échange d’un toit et d’un couvert, un retour en action».

Sources: Times24 & Abidjantv.net

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SIWEL 171441 DEC 15




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