Les apprentis sorciers de la politique et Mouloud Mammeri

21/07/2016 - 12:03

AT-YANNI (SIWEL) — La statue de Mammeri, réalisée par un sculpteur kabyle de génie, Olivier GRAÏNE, sera officiellement inaugurée à At Yanni, le 23/07/2016. Quoi de plus normal que ce géant kabyle de l’amazighité ait enfin sa statue pour l’entretien de sa mémoire et de son œuvre gigantesque. Mammeri mériterait d’avoir sa statue, non pas seulement dans son village natal, en Kabylie, mais aussi partout en Afrique du Nord.

La nouveauté réside autant dans cette reconnaissance officielle tardive que dans la conjoncture politique dans laquelle elle se déroule : à un moment où la Kabylie est devenue indépendantiste. C’est l’occasion qu’ont saisie les officiels du FFS pour rappeler qu’ils sont toujours acoquinés avec le pouvoir algérien depuis le Printemps Noir 2001.

On se rappelle douloureusement que le Président de l’APW FFS de Tizi-Ouzou d’alors, (équivalent du président Conseil départemental en France) avait décoré les gendarmes qui venaient d’assassiner plus de 120 manifestants pacifiques kabyles. Au lieu de tout faire pour ne plus exhiber cette sanguinolente image de leur organisation, les responsables FFS d’aujourd’hui récidivent.


Prise en étau entre l’arabité et l’islamité, la berbérité n’a aucune chance de survie en dehors d’un PASSÉE LOINTAIN et  RÉSOLUMENT RÉVOLU (PH / Affiche édifiante de l’APC d’At-YANNI, tenue par le défunt FFS)
Prise en étau entre l’arabité et l’islamité, la berbérité n’a aucune chance de survie en dehors d’un PASSÉE LOINTAIN et RÉSOLUMENT RÉVOLU (PH / Affiche édifiante de l’APC d’At-YANNI, tenue par le défunt FFS)
L’affiche qu’ils ont diffusée pour l’inauguration de cette statue de Mouloud prévue pour samedi 23/07/2016, est non seulement mise aux couleurs algériennes (blanc, vert et rouge) mais comporte une citation manipulée, faisant dire à l’illustre écrivain kabyle : « Quand je travaille à la berbérité, c’est à l’algérianité que je travaille ! ».

Ainsi, on veut manipuler Mammeri contre la Kabylie. « La Colline oubliée » est là pour rappeler que chez Mammeri, la Kabylie n’était pas une région d’Algérie, mais le centre du monde, son âme et sa passion. Et s’il avait écrit autant sur la Kabylie et sur l’amazighité c’était d’abord parce qu’il avait la liberté de la Kabylie chevillée au cœur.

C’est pour les Kabyles qu’il avait dédié la conclusion de son entretien avec Tahar Djaout en disant : « Quel que soit le point de la course où le terme m’atteindra, je partirai avec la certitude chevillée que quels que soient les obstacles que l’Histoire lui apportera, c’est dans le sens de sa libération que mon peuple, et à travers lui les autres, ira. »

Mammeri est un géant kabyle dont la lumière inonde tout ce que son regard avait pu embrasser. La Kabylie puise en lui sa spécificité universelle et l’en honore !

Le FFS qui tente de manipuler sa mémoire contre le combat de la Kabylie pour sa liberté, contre le MAK et l’Anavad est une forfaiture que le peuple kabyle ne saurait tolérer.

La Kabylie libre est appelée à être massivement présente à cet événement pour que les fossoyeurs de l’Histoire ne privent plus ses enfants de ses repères et de sa mémoire de lumière et de liberté.

La rédaction,
SIWEL 211203 JUL 16



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