Les APW de Kabylie face aux Walis algériens : Comme un serf face à son maître

11/09/2016 - 15:44

CONTRIBUTION (SIWEL) — Un groupe de patriotes kabyles a adressé à Siwel cette contribution dans laquelle il fustige le rôle de faire-valoir auquel sont réduites les Assemblées Populaires de Wilaya des département de Kabylie face aux Walis installés par le pouvoir dans son entreprise éhontée d'arabisation et de salafisation de la Kabylie.


Les APW de Kabylie face aux Walis algériens : Comme un serf face à son maître
À défaut de peser sur les décisions politiques, culturelles ou économiques en Kabylie, l’Assemblée Populaire de Wilaya, censée être un contre-pouvoir élu face à un Exécutif dont tous les membres sont, eux, choisis et nommés par le pouvoir central d’Alger, cette Assemblée donc, accepte d’être un faire-valoir du préfet qui lui confie les tâches secondaires. Un peu comme le seigneur et son serf.

Depuis qu’ils se croient investis par des élections qu’ils savent truquées et qu’ils ont acceptées, les élus de cette Assemblée populaire, toutes obédiences confondues, rivalisent de zèle pour démontrer leur sujétion en proposant des actions qu’ils pensent originales.

C’est ainsi que feu Rabah Aïssat, un ancien président FFS de cette Assemblée, a proposé l’organisation annuelle du concours du village le plus propre dans le département de Tizi Ouzou. Ce concours est doté d’une prime suffisante pour aiguiser des convoitises et entretenir une compétition malsaine dont l’objectif final est d’exacerber une zizanie entre villages et tribus.

Notre propos n’est pas pour mettre en cause l’honnêteté de feu Rabah Aïssat car, dans le fond, il s’agit d’une belle initiative qui peut servir à faire prendre conscience au citoyen de l’importance et des bienfaits d’un environnement sain.
Sauf que l’initiative est devenue aujourd’hui clairement comme un levier de chasse à l’électorat. C’est aussi et surtout un mobile de discorde entre les villages postulants savamment entretenu et encouragé par l’Administration.

Et pour cause ! Ce concours comporte une bien curieuse originalité : les critères d’évaluation et donc de désignation des lauréats sont des secrets. Ce qui permet à la commission une appréciation sur mesure et à la tête du client. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lors de l’édition 2013 où le village d’At Waɛvan a contesté le résultat acquis au profit du village de Zuvegga. Et cette contestation d’At Waɛvan s’appuie sur les scores obtenus (87,33 points contre 86,66) à son profit.
Les citoyens d’At Waɛvan dénoncent des « agissements lamentables, abjects, vindicatifs de bas échelle d'un organisme censé être juste et impartial »

Plus grave encore, l’envergure, la situation et le maintien de la mosquée sont des critères déterminants. Critères discrétionnaires, jamais avoués car il s’agit d’un cadeau royal fait aux missionnaires de la salafisation de la Kabylie. Le secret bien gardé qui entoure le traitement spécial de la mosquée est vécu par les citoyens comme une véritable trahison des élus, censés porter les revendications citoyennes de développement économique et culturel.

Au fil des années, il s’avère aussi que cette élection relève plus de l’appartenance politique de l’exécutif communal que d’autre chose. Se faisant le relais de la police coloniale algérienne, cette commission d’évaluation a recalé dernièrement le village Iger n Yedmimen à cause d’un drapeau kabyle qui flotte sur la place centrale.

Bien évidemment, il faut donner à ce prix une apparence d’intérêt public et de neutralité. Pour cela, on recourt à la presse dont les représentants locaux sont soumis à des pressions diverses, au chantage alimentaire et aux intimidations pour les contraindre à cautionner la folklorisation de la Kabylie.
Soyons un peu sérieux. Le RCD est interdit d’activité à Tamanrasset par la volonté d’un secrétaire général de wilaya. Le FFS invective les kabyles par l’entremise d’un fédéral de Constantine.
Et puisque l’un comme l’autre se targuent d’être des partis « nationaux », pourquoi n’organisent-ils pas le concours Aïssat à Tamanrasset et Constantine au lieu de rivaliser de zèle dans la déstructuration de la kabylitié de notre pays ?

Cependant, une chose est sûre aujourd’hui. Le peuple kabyle tout entier sait que l’électoralisme sert à maintenir indéfiniment le statu quo colonial imposé par le régime à la Kabylie avec la complicité du FFS et du RCD au plus haut point. Et il ne pardonnera pas cette forfaiture.

Tizi Ouzou, le 11 septembre 2016
Un Groupe de patriotes kabyles


SIWEL 111544 SEP 16



Kabylie | Afrique du nord | Politique | International | Sport | Culture | Economie / Finances | Sciences Tech



Recherche

Dépêches en continu