Le journaliste-chroniqueur, essayiste et romancier kabyle,Chaâbane Ouahioune, n’est plus.

06/04/2016 - 11:07

TASSAFT OUGUEMOUN (SIWEL) — Chaâbane Ouahioune, journaliste-chroniqueur, essayiste et romancier kabyle, est décédé lundi 4 avril 2016 à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans dans son village natal à Tassaft Ouguemoun.

Auteur des célèbres chroniques « Lettres de Kabylie » et du non moins célèbre roman « Tiferzizouit ou le parfum de la mélisse », Chabane Ouahioune a écrit à quatre-vingt-neuf ans son dernier roman « L'Aigle du rocher » dans lequel il est, encore et toujours, question de sa Kabylie natale à laquelle il vouait un amour.

Grand homme de culture, Chaâbane Ouahioune était surtout connu pour sa chronique « Lettres de Kabylie », mais il est aussi l’auteur de plusieurs livres dont le thème central reste toujours cette Kabylie qu’il aimait par-dessus tout.


Chaâbane Ouahioune, journaliste-chroniqueur, essayiste et romancier Kabyle, décédé lundi 4 avril 2016 à l’âge de quatre-vingt-quatorze (PH/DR)
Chaâbane Ouahioune, journaliste-chroniqueur, essayiste et romancier Kabyle, décédé lundi 4 avril 2016 à l’âge de quatre-vingt-quatorze (PH/DR)
Mais qui est Chaâbane Ouahioune ?

Chaâbane Ouahioune est le fils de Mohand Ameziane Ouahioune, un normalien de Bouzareah qui écrivait des articles dans « La voix des humbles », le journal des instituteurs du début du vingtième siècle en Kabylie. Comme Mouloud Feraoun, Mohand Ameziane Ouahioune sait que seule l’instruction peut vaincre la misère. Le jeune Chaâbane marche sur les pas de son père et entre lui aussi à l’école normale en 1942 mais il est « réquisitionné » par l’administration coloniale française sur les fronts de la seconde guerre mondiale. Beaucoup d’élèves de sa section, des jeunes montagnards comme lui, ont été sacrifiés pour la France libre contre le fascisme. Plus chanceux que plusieurs de ses camarades, Chabane Ouahioune retrouve Tassaft Ouguemoune une fois l’armistice signé et reprend ses études à l’école normale de Bouzaréah.

Chaâbane obtient son baccalauréat et s'inscrit à la faculté de droit d'Alger et décroche son Certificat d'aptitude au grade de bachelier en droit le 26 juin 1948. Il obtient son diplôme de licence en droit en 1949. Chaâbane était étudiant en droit, lorsqu’il rencontre Mouloud Mammeri alors enseignant au lycée de Ben Aknoun. C’est dans un hôtel d'Alger-Centre, où il avait loué une chambre avec un de ses amis, qu’il fait la connaissance de Mouloud Mammeri. Ce dernier apprécie grandement les qualités morales et intellectuelles de Chaâbane Ouahioune et lui confie sitôt écrites, les pages du manuscrit de son premier roman, « La colline oubliée ».

Le premier contact avec l'écrit romanesque date de cette rencontre décisive avec Mouloud Mammeri. Chaâbane Ouahioune écrit sur la Kabylie et aborde différents thèmes relatifs à la Kabylie, et notamment celui de l'émigration, dans ses « Lettres de Kabylie ». Pourtant Chaâbane Ouahioune vivra tout au long de sa vie dans son village de Tassaft Ouguemoune, sur les hauteurs de sa Kabylie qu’il n’acceptera jamais de quitter, même pas pour se soigner, préférant de fatiguant allers retours en France pour se soigner, plutôt que de s’y établir.

En plus de sa célèbre chronique « Lettres de Kabylie », Chaâbane Ouahioune est l’auteur de huit (8) livres ayant pour thème central la Kabylie, dont «La maison au bout des champs», «Tiferzizouith ou le parfum de la mélisse», «Parmi les collines invaincues», «Ce mal des siècles», «Itinéraires brûlants», «Randonnées avec Ait Menguellet», «L'aigle du rocher».

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SIWEL 061107 AVR 16



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