Le Mali bloque les négociations de Ouagadougou

13/06/2013 - 12:14

OUAGADOUGOU (SIWEL) — Alors que les touaregs ont dû signer le fameux accord-cadre proposé par la médiation burkinabé, les poutschistes de Bamako restent insatisfaits et refusent toujours de signer l'accord qui répond pourtant à toutes leurs exigences, excepté celle de rentrer seuls à Kidal et massacrer du Touareg. Les caméras du monde entier seront à Kidal pour plébisciter les élections de François Hollande, il ne sera donc pas possible, du moins tout de suite, de poursuivre l'épuration ethnique.


Ce que le Mali veut poursuivre à Kidal.(Ici un corps à peine enfoui dans un terrain vague à Sévaré. Photo/le Monde)
Ce que le Mali veut poursuivre à Kidal.(Ici un corps à peine enfoui dans un terrain vague à Sévaré. Photo/le Monde)
Pour rappel, cet accord doit permettre un retour de l'armée malienne à Kidal dans la perspective du show de la présidentielle malienne prévue le 28 juillet par François Hollande. Cependant, l'accord prévoit le retour de l'armée malienne "encadrée" par les forces militaires de la Minusma, les forces africaines qui doivent se déployer dans l'Azawad sous la casquette de l'ONU. Mais cet encadrement est refusé par les maliens, et pour bloquer davantage les négociation de Ouagadougou, les "autorité maliennes de transition", c'est à dire les putschistes du capitaine Sanogo qui détient toujours un très fort "pouvoir de persuasion" dans la vitrine malienne de la transition, remettent en avant leurs mandats d'arrêts contre les leaders du MNLA, c'est à dire exactement les mêmes avec qui ils ont engagé les négociations de Ouagadougou.

Toutes ces tergiversations sur cet accord, entièrement en leur faveur, prouve encore, si besoin est, que le Mali n'a jamais voulu la paix avec les Touaregs. Ce que le Mali veut c'est qu'on le laisse poursuivre son épuration ethnique, qu'on lui donne des armes et de l'argent pour mener à bien sa mission épuratrice. Le Mali ne veut même pas que son parrain et protecteur sauve les apparences, à défaut de son honneur perdu depuis bien longtemps dans les charniers de l'Azawad, du Rwanda et des républiques "démocratiques" France-africaines.

Comme nous le disions hier, le MNLA a signé l'accord-cadre de Ouagadougou malgré le fait que plusieurs des préoccupations des touaregs n'aient pas été prises en compte. Mais cela reste insuffisant pour les génocidaires maliens. Ils veulent que leur armée entre en maître à Kidal, ils veulent avoir les mains libres, ils veulent désarmer le MNLA et mettre la main sur des victimes sans défense, ils veulent capturer les chefs du MNLA avec leur prétendus mandats d'arrêts alors que c'est le protectorat du Mali et ses ignobles massacres ethniques qui devraientt être jugés pour crime contre l'humanité, tandis que la communauté internationale devrait, quant à elle, être jugée pour non assistance à personnes en danger.

Pour les Touaregs, l'encadrement de l'armée malienne par la Minusma constitue un garde-fou qui vise à freiner l'ardeur vengeresse des soldats maliens sur les civils touaregs, une ardeur encore dénoncés la semaine dernière par un rapport accablant d'Amnesty international qui n'a pas empêché l'ONU d'affirmer mercredi à Genève que " Les cas de représailles à l'encontre des Touareg et des communautés arabes dans le nord du Mali ont diminué depuis la mi-mars" tout en relavant relevant toutefois "une persistance des violations des droits de l'Homme". On ne sait vraiment plus s'il faut en rire ou en pleurer.

nbb,
SIWEL 131214 JUIN 13





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