La Turquie, cet "allié" de l'Occident

15/10/2014 - 16:00

(SIWEL) — La stratégie grotesque de l'Occident qui consiste à s'allier avec les géniteurs du fondamentalisme islamique est incompréhensible. Elle amène forcement à se questionner sur la réalité de cet engagement contre l'Etat islamique. L'alliance occidentale avec le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie est un non sens. Le Qatar et l'Arabie saoudite sont les idéologues et les sponsors de la secte terroriste. Quant à la Turquie, personne n'ignore les penchants nettement islamistes de Recep Tayyep Erdogan et sa haine primaire des Kurdes en général et du PKK en particulier.


Ces combattantes kurdes font le serment de défendre leur peuple(PH/DR)
Ces combattantes kurdes font le serment de défendre leur peuple(PH/DR)
La Turquie joue clairement la carte djihadiste pour "nettoyer" le nord de la Syrie et la débarrasser des kurde. De leur côté, les puissances occidentales se sont prêtées au jeu de la Turquie en refusant de livrer des armes aux kurdes de Syrie. On se souvient qu'au moment où se discutait l'éventualité de fournir une aide à la" rébellion syrienne" , François Hollande déclarait, "nous accorderons un soutien logistique à la rébellion syrienne, à l'exception du nord de la Syrie"...autrement dit aux forces kurdes dont le monde entier a pu constater qu'ils sont finalement bien les seuls à combattre "réellement" la secte criminelle de l'Etat islamique.

Avec le fameux "soutien logistique" accordé aux rebelles syriens, dont il savait parfaitement qu'ils étaient dominés par les groupes islamistes (desquels naîtront le front Al Nosra et plus tard l'Etat islamique), l'occident est directement responsable de la grande qualité de l'armement de l'Etat islamique et à l'inverse, de la vétusté de l'armement des kurdes qui combattent et résistent héroïquement à la secte criminelle de l'EI, en dépit de la lâcheté de la "coalition" face à ses "alliés"...islamistes.

Dés le début du conflit syrien, Ankara a œuvré, et avec la bénédiction de ses "alliés", à la destruction des forces kurdes qui affrontent les islamistes de tous bords, le dernier en date étant l'Etat islamique. Pour Ankara, la priorité c'est la destruction du Kurdistan de Syrie. La chute de Kobanê signera de fait l’éradication de la Rajova ( kurdistan de Syrie) et c'est précisément là que se trouve LA priorité d'Erdogan et certainement pas dans la lutte contre le Deach.

La stratégie grotesque, mais surtout dramatique, de l'Occident qui consiste à s'allier avec les géniteurs du fondamentalisme islamique est incompréhensible. Elle amène forcement à se questionner sur la réalité de cet engagement contre l'Etat islamique. L'alliance occidentale avec le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie est un non sens. Le Qatar et l'Arabie saoudite sont les idéologues et les sponsors de touts les sectes islamistes terroristes. Quant à la Turquie, personne n'ignore les penchants nettement islamistes de Recep Tayyep Erdogan et sa haine primaire des Kurdes en général, et du PKK en particulier. Dans ce contexte, comment peut-on imaginer un seul instant que la Turquie puisse être un allié contre son propre courant idéologique et contre le massacre du peuple kurde ?

Depuis 2012, la Turquie, cet "allié" de l'occident, accumule les preuves de bienveillance envers les djihadistes. Dès le début du conflit, les Kurdes se plaignaient déjà des facilités accordées aux islamistes pour traverser la frontière turco-syrienne. Les djihadistes sont toujours plus nombreux à venir combattre les kurdes et ils bénéficient, de surcroît, de structures de soins efficaces sur le territoire turc pour soigner les djihadistes du monde entier. Des djihadistes Marocains, Libyens, Égyptiens, Irakiens, Tchétchènes, Pakistanais, algériens, français, anglais arrivent à passer une frontière qui demeure hermétiques aux kurdes. Tous ces djihadistes convergent vers la zone kurde pour combattre les YPJ. La majeure de ces étranger à la Syrie transitent par la Turquie où officiellement, ils se rendent avec des visa "touristiques".

La chute de Kobanê, signifie la destruction de la Rojawa , ce fameux Kurdistan de Syrie qui porte un projet démocratique, laïc, multiethnique et appliquant l'égalité entre hommes et femmes. La chute de Kobanê, c'est donc la chute de ce projet-là et c'est à cela que la Turquie œuvre. Voilà pourquoi, la frontière reste hermétique à toute aide pour les kurdes et voilà pourquoi Ankara cherche absolument à instaurer une zone tampon sur ce territoire kurde, le but étant de contrôler la région et de la soustraire aux kurdes du YPG, alliés du PKK. Pendant que les puissances occidentales attendent (?) de la Turquie qu’elle s'implique dans la lutte contre l'Etat islamique, celle-ci envoie ses forces aériennes bombarder les positions kurdes du PKK... Du coup, les frappes aériennes de la coalition sont devenues miraculeusement efficaces à Kobanê! Tant mieux pour les Kurdes mais faudrait-il encore que cela dure et que des armes leurs soient enfin fournies. C’est le moins que puissent faire la "coalition" pour se racheter de son attitude honteuse...

maa,
SIWEL 151600 OCT 14




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