Islande : le volcan Grimsvotn en éruption

22/05/2011 - 00:21

REYKJAVIK (SIWEL) — Le volcan le plus actif d'Islande est entré en éruption ce samedi 21 mai 2011 vers 17:15 UTC (19:15 à Paris), selon l'office météorologique islandais. Le panache de l'éruption a atteint, à 21:00 UTC (23:00 Paris), une altitude de près de 20 km.


En jaune, l'islande. Le nuage de fumée du volcan Grímsvötn atteignant 20km d'altitude, photo satellite du 22/05/2011 à 03:30 (GMT+2). Photo : SIWEL avec Google
En jaune, l'islande. Le nuage de fumée du volcan Grímsvötn atteignant 20km d'altitude, photo satellite du 22/05/2011 à 03:30 (GMT+2). Photo : SIWEL avec Google
La commission islandaise de la sécurité publique a avisé les compagnies aériennes pour réajuster si nécessaire les itinéraires de leurs plans de vol.

Selon un communiqué des autorités routières du pays, la route du sandur du Skeiðarárjökull au sud du glacier Vatnajökull a été temporairement fermée, elle fait partie de la rocade longue de 1339 km autour de l'Islande, la route nationale n°1 (Hringvegur) ouverte en 1974 . Ce trançon fut en partie emporté par le jökulhlaup (débâcle glaciaire, ndlr) de 1996, lors de l'avant-dernière éruption du Grimsvötn et a été reconstruit depuis.

Le Grímsvötn (en islandais « les lacs de Grímur ») est un volcan dont les éruptions sont assez fréquentes, à peu près tous les dix ans en moyenne et sont généralement courtes et petites, la dernière ayant eu lieu entre le 1er et le 4 novembre 2004. Il émet en permanence des fumerolles, la chaleur sous-jacente a créé un lac sous glaciaire de huit kilomètres de long sur six de large.

Depuis 1920, les éruptions avaient eu lieu en 1922, 1933, 1934, 1938, 1945, 1954, 1983, 1996 et 2004. La plupart des éruptions durèrent entre une à trois semaines, celle de 2004 avait duré quatre jours seulement.

La plus grande calotte glaciaire d'Europe, le Vatnajökull « glacier des lacs » couvre 8 % de la superficie de l'Islande avec une superficie de 8 390 km2 soit l'équivalent de la Corse. Son épaisseur maximale est d'environ 1 000 mètres. C'est sous ce glacier que se trouvent plusieurs volcans dont le Grímsvötn, au nord-ouest, recouvert par des lacs sous-glaciaires sous lesquels se trouve des chambres magmatiques alimentant ce volcan.

Plusieurs mois avant l’éruption, la présence de magma à faible profondeur fait fondre la base du glacier Vatnajökull, soulevant ainsi le sol de la région. L’éruption se déclenche lorsque le volume d’eau sous-glaciaire, devenu trop important, rompt la résistance du glacier déclenchant une débâcle fluvio-glaciaire ou jökulhlaup.

La baisse de pression induite permet l’arrivée du magma en surface. De violentes explosions se produisent formant des panaches qui atteignent plusieurs km d’altitude. Mais l’activité se calme vite. En 2004, après 4 jours d’éruption on découvre un petit cône au milieu du lac sous-glaciaire alors à l’air libre.

Le nuage d'éruption à 22:02 UTC. Photo : Icelandic Met Office
Le nuage d'éruption à 22:02 UTC. Photo : Icelandic Met Office
La figure ci-dessus montre une image du nuage d'éruption à 22:02 UTC (00:02 Paris). L'image est tirée de l'Icelandic Met Office grâce à son radar météorologique situé à l'aéroport international de Keflavik, à 220 km du volcan.

Le nuage avait atteint 20 km à 21:00 UTC, selon un pilote d'une compagnie aérienne islandaise volant entre Reykjvík and Akureyri.

Le nuage s'étend au-dessus d'une grande partie de la calotte glaciaire du Vatnajökull.
La ligne marque l'emplacement approximatif du volcan Grímsvötn.


Augmentation de l'activité sismique après 17:30 UTC. Photo : Icelandic Met Office
Augmentation de l'activité sismique après 17:30 UTC. Photo : Icelandic Met Office
La figure ci-dessus montre l'association de l'activité sismique et l'éruption du volcan Grímsvötn.

En 2010, du 20 mars au 27 octobre, un autre volcan islandais, l'Eyjafjöll dont le crachat d'énormes quantités de cendres avait paralysé le trafic aérien en Europe. Il avait causé l'annulation de quelques 100 000 vols et le blocage de 8 millions de voyageurs. Les dommages pour l'économie mondiale avaient été estimés à 1,27 milliard d'euros (experts). Durant les 3 premiers jours, l'éruption avait projeté dans l'atmosphère quelques 80 millions de mètres cubes de cendres, soit 200 millions de tonnes, qui contiennent vraisemblablement 600 tonnes d'uranium et 1 800 de thorium, dont la radioactivité aurait un potentiel toxique du même ordre de grandeur que celui de l'accident nucléaire de Tchernobyl.

wbw
SIWEL 220021 MAI 11

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