Interview de Nafa Kireche à Tamurt : "Les antikabyles sont des antisioniste adossés à l’arabo-islamisme"

07/05/2016 - 10:44

EXIL, DIASPORA (SIWEL) — Nafa Kireche, ministre chargé des Institutions et les Organisations en France au sein du Gouvernement Provisoire Kabyle en exil, a accordé une interview à nos confrères de Tamurt.info dans laquelle il revient notamment sur la panique qui a gagné le pouvoir colonial algérien devant les démonstrations magistrales de la rue kabyle pour l'indépendance de la Kabylie ainsi que sur la polémique suscitée par de la presse algérienne aux ordres suite au soutien du philopsophe français Bernard Henri Lévy au droit du peuple kabyle de disposer de son propre Etat

Ci-après l'interview dans son intégralité :


Le ministre kabyle, Nafa Kireche (PH/SIWEL)
Le ministre kabyle, Nafa Kireche (PH/SIWEL)
Plusieurs médias algériens et certains sites “antisionistes” d’extrême droite, ont attaqué le MAK et les kabyles en mettant en avant le soutien apporté par le philosophe français Bernard-Henri Levy. Cela traduit-il de la panique de la part de vos adversaires et détracteurs ?

Je constate encore une fois beaucoup de délires et de fantasmes autour de la personnalité et du rôle de BHL. Au delà de la bêtise et de la haine des auteurs de ces attaques, il est bon d’expliquer clairement les choses.

Dans le cadre de la marche à laquelle a appelé le Gouvernement provisoire kabyle pour mobiliser les kabyles à Paris, nous avons informé les médias français et leur avons demandé de relayer cet appel. Nous avons malheureusement, et nous nous y attendions, été l’objet d’un black out total de la part des médias hexagonaux. A notre grande surprise, le journal électronique “la règle du jeu”, fondé par Bernard-Henri Lévy, a lui choisi de relayer notre appel et nous l’en remercions vivement.

L’autre surprise est la panique qui a gagné d’abord les journaux algériens et la plupart des sites “antisionistes”, d’extrême-droite, adossés à l’arabo-islamisme, à l’image du site “Oumma.com”, dirigé par Saïd Branine, pour qui aucune cause n’est légitime si elle n’est “arabo-islamiste”.

Que savez-vous de ce milieu “antisioniste”, qui veut discréditer les kabyles en tant que peuple aspirant à sa liberté ?

Cette “fachosphère” n’est pas forcément homogène, dans le sens ou elle ne se limite pas aux musulmans. Elle transcende les clivages politiques, ethniques et religieux. Mais on peut tous les classer à l’extrême-droite, même si leurs intérêts peuvent parfois diverger. Leur seul véritable ciment est leur haine des juifs. Concernant les arabo-musulmans, cette haine englobe toutes les minorités qui aspirent à s’extirper du colonialisme arabo-musulman. Les berbères, les kurdes, les chrétiens d’orient, les coptes, les yazidis… Autant de communautés dont les souffrances sont niées par ces défenseurs de l’arabo-islamisme.

Mais pourquoi veulent-ils maintenir ses peuples sous leur domination ?

Comme je vous l’ai dis, ces gens ont identifié un ennemi : le sionisme, qui est pour eux la cause de tous les maux de la Terre, par exemple le déclin des nations. Ils se sont mis en tête de combattre cet adversaire. Pour cela, il faut un front arabo-musulman puissant et uni. Dans cet optique, toute aspiration des minorités colonisées par l’arabo-islamisme est contraire à leurs intérêts. D’ou cette haine farouche à l’endroit des indépendantistes kabyles.

Quels sont les principaux acteurs de l’antisionisme en France ?

Le site de référence de l’antisionisme est “égalité et réconciliation”, dirigé par Alain Soral. C’est un ancien libertaire, ancien communiste, ancien du front national et compagnon de route de l’humoriste Dieudonné. Ces deux là ont d’ailleurs contribué à donner un visage “branché” à l’islamofascisme. Soral s’en est d’ailleurs pris aux indépendantistes kabyles à plusieurs reprises, pour rassurer sa clientèle, notamment certains algériens très attachés au fantasme du caractère arabe et musulman de leur pays d’origine. Les perdre nuirait à son business, qui consiste entre autre à vendre des anciens bouquins susceptibles de conforter ses groupies dans un antisémitisme destructeur pour eux.

J’aimerais aussi me pencher sur le cas de Salim Laibi, qui s’autoproclame “libre penseur” même si sa libre pensée ne doit pas dépasser une ligne rouge : la critique de l’arabo-islamisme. Il me semble d’ailleurs qu’il est lui même d’origine kabyle ce qui, déjà, est une épine dans son pied, car cela l’oblige à en faire des tonnes contre les kabyles indépendantistes. Il lui faut sans cesse rassurer ses maîtres. Comme beaucoup de kabyles antikabyles, il invoque son origine kabyle pour mieux nier sa singularité et mieux la mettre au service de l’arabo-islamisme. Ce type est un déraciné, donc “dégénéré” pour le paraphraser lui même.

Il se dit spécialiste de la pensée traditionnelle, notamment de René Guénon ou encore de Julius Evola. Il oublie juste que la véritable tradition des kabyles tend a être détruite par l’arabo-islamisme.

On peut aussi citer Panhamza, un adepte de la théorie du complot. Il met tous les attentats, passés ou à venir, sur les dos des juifs. Cela lui évite de trop se torturer le cerveau sur le véritable rôle des arabo-musulmans eux-mêmes, qui ne sont que des victimes innocentes bien entendu.

Il y en a d’autres, plus ou moins insignifiants, comme Jean-Michel Vernochet, Youssef Hindi, qui a les indépendantistes kabyles dans le viseur, ou encore les Indigènes de la République, dont Houria Bouteldja, l’une des dirigeantes, d’extrême droite elle aussi, qui a dernièrement fait part de son appartenance à “l’islam” et à “l’Algérie”… Une indigène dans un pays dont les autochtones sont ceux qu’elle combat. Si elle appartient à l’Algérie, il serait bon pour elle d’aller y vivre. Cela lui permettra de se rendre compte que la-bas, les indigènes sont… les kabyles.

Source : Tamurt.info

SIWEL 071044 MAI 16



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