Hommage de Ferhat Mehenni à Krim Belkacem à Francfort (Archive)

18/10/2016 - 19:59

ARCHIVE (SIWEL) — Le 05/05/2007 à Francfort, l'actuel président du GPK, Ferhat Mehenni rendait hommage à Krim Belkacem (1922-1970), vice-président du GPRA, le seul signataire coté algérien des Accords d'Evian ayant acté l'indépendance de l'Algérie, assassiné en 1970 par le pouvoir arabo-islamique algérien, le 18/10/2970 à Francfort, en Allemagne


Quand un Kabyle libérateur de la Kabylie rend hommage à un autre Kabyle libérateur de l'Algérie (Crédit Photos : Malek H. - tiddukla.de)
Quand un Kabyle libérateur de la Kabylie rend hommage à un autre Kabyle libérateur de l'Algérie (Crédit Photos : Malek H. - tiddukla.de)
ARCHIVE DU 05/05/2007 :

M. Ferhat Mehenni, porte-parole du MAK a déposé ce samedi 05/05/07 à 15h devant l'Hôtel Intercontinental de Frankfurt sur le Main une gerbe de fleurs sur laquelle était écrit "La Kabylie pour Krim Belkacem" à  la mémoire de KRIM Belkacem qui y a été assassiné le 18/10/1970 par les services algériens.

KRIM Belkacem surnommé "Izem Idurar" [le lion des montagnes], fut le signataire des accords d'Evian ayant abouti à  l'indépendance de l'Algérie en mettant un terme à  la colonisation française. Nous vous livrons ci-après la déclaration lue à cette occasion.

DÉCLARATION DE FERHAT MEHENNI

Je suis venu rendre hommage à l'homme qui a payé de sa vie son opposition à l'exécrable régime algérien en général et à celui du dictateur, le colonel Houari Boumediene, en particulier.

C'est en tant que père, réclamant vérité et justice pour mon fils assassiné le 19/06/2004 à Paris dans le but de me faire payer mon combat pour la Kabylie, que je viens crier à la face de l'humanité : HALTE A L'ASSASSINAT POLITIQUE en Algérie et dans le monde.

C'est en tant que Kabyle que je me déplace jusqu'en Allemagne exhumer la mémoire d'un autre Kabyle pour relier dans notre Histoire l'ensemble des personnes pour lesquelles la Kabylie a communié dans le deuil.

Que cette gerbe de fleurs que je dépose à la mémoire de KRIM Belkacem soit aussi à la mémoire des berbéristes BENNAI Ouali, Amar OULD HAMMOUDA et M'barek AIT MENGUELLET assassinés au début de la guerre d'Algérie, ainsi qu'à la mémoire d'ABANE Ramdane.

Je la dédie enfin aux martyrs du FFS de 1963-65, à Me Ali MECILI, à Lounes MATOUB, aux martyrs du « printemps noir » et Ameziane MEHENNI.

La Kabylie saura, sûrement un jour ; pardonner mais une fois justice rendue. Entre-temps, nous entretenons le souvenir de nos martyrs et de leurs combats.

- HALTE AU CRIME POUR DÉLIT DE KABYLITÉ
- HALTE AU CRIME CONTRE LA LIBERTÉ EN GÉNÉRAL ET CELLE DU PEUPLE KABYLE EN PARTICULIER
- HALTE AU TERRORISME POLITIQUE
- GLOIRE A NOS MARTYRS
- LE COMBAT DE LA KABYLIE POUR SES DROITS CONTINUE

Frankfurt/Main, le 05/05/2007
Ferhat Mehenni

SIWEL 181959 0CT 16

La sentence d'exécution de Krim Belkacem par le dictateur algérien Boumédiene (Paru in La Nouvelle République, édition du 8 avril 1969)
La sentence d'exécution de Krim Belkacem par le dictateur algérien Boumédiene (Paru in La Nouvelle République, édition du 8 avril 1969)

Hommage de Ferhat Mehenni à Krim Belkacem à Francfort (Archive)
Article paru dans le "Jornal do Brasil" dans son édition du 22 Oct 1970, page 19 sur 69
Siwel propose ci-dessous la traduction du portugais vers le français :

LA POLICE À LA CHASSE DES ASSASSINS DE BELKACEM

Francfort (AP-UPI-JB) La police allemande a demandé hier l'aide d'Interpol pour localiser deux Marocains et un Algérien soupçonnés d'avoir assassiné par strangulation l'ancien ministre des Affaires étrangères de l'Algérie, Krim Belkacem, dans un hôtel de cette ville.

Cependant, il y a encore des doutes sur l'identité du mort, parce que jusqu'à hier soir, personne n'avait identifié le cadavre et la police n'avait pas les empreintes digitales de Belkacem pour les comparer avec celles de la victime.

VENGEANCE POLITIQUE

On attribue l'assassinat pour des raisons politiques, comme Belkacem a conduit l'opposition à l'extérieur contre le régime de Houari Boumédiène. Le compagnon de Ben Bella dans la lutte pour l'indépendance algérienne a constamment voyagé à travers l'Europe, dans un effort pour éviter ses adversaires.

Il était récemment en Suisse, France, Allemagne de l'Ouest et en Belgique. Selon les informations obtenues par la police allemande, il est retourné en Allemagne le dimanche, apparemment en réponse à un appel téléphonique mystérieux.

Ce jour-là, Belkacem est venu à l'hôtel de luxe Hôtel Intercontinental, où il a déposé deux Marocains et un Algérien. Il a été étranglé avec une cravate et une ceinture le même dimanche, mais c'est seulement le mardi qu'une femme de chambre de l'hôtel a trouvé le corps. Ses trois escortes ont disparu.

Article paru dans le Lewiston Evening Journal - 2dition du 8 Avril 1969, page 2 sur 10
Article paru dans le Lewiston Evening Journal - 2dition du 8 Avril 1969, page 2 sur 10
Article paru dans le Lewiston Evening Journal - Edition du 8 Avril 1969, page 2 sur 10

Siwel propose ci-dessous la traduction de l'anglais vers le français :

ORAN, Algérie (AP) - Belkacem Krim, héros révolutionnaire algérien et ancien ministre du gouvernement, a été condamné à mort par contumace lundi pour avoir comploté pour tuer l'un des principaux collaborateurs politiques du président Houari Boumediene.

Krim est considéré comme en France. Le tribunal a également condamné à mort Belkacem Tansaout, un autre fugitif en France, et Amirat (et non Amitar, ndlr) Slimane, qui devrait passer devant un peloton d'exécution plus tard cette semaine.

Une déclaration du tribunal a déclaré 56 personnes ont été jugées pour une tentative, le 24 janvier 1968, pour assassiner Kaid Ahmed, chef du Front de libération nationale au pouvoir. L'annonce dit 13 ont été acquittés, huit ont été condamnés à la prison à vie et les autres ont reçu des peines moins sévères.

L'un des accusés a blâmé la CIA américaine et les "Sionistes" pour être derrière cette intrigue. Il a obtenu un sursis de deux ans.

Krim, l'un des chefs de la révolte algérienne contre les Français, était un ministre sous Ahmed Ben Bella. Il a fui en France en 1965, lorsque Boumédiène a déposé et emprisonné Ben Bella. Après son évasion Krim s'est engagé à renverser Boumediene, l'accusant de mettre «l'anarchie, le chaos, la faim, l'ignorance, le chômage et la dictature" en Algérie.



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