Ghardaia / Quand le racisme d’Etat s’exprime à travers des slogans « populaire »

04/02/2014 - 16:08

GHARDAIA (SIWEL) — Une interdiction de rassemblement devant le tribunal de Ghardaïa a été signifiée aux Amazighs mozabites venus soutenir trois des leurs qui comparaissaient aujourd’hui devant la « justice algérienne » pour avoir tenté de se défendre contre les agression répétées dont leur communauté est victime à travers des actes de pillage, de saccage, de profanation de cimetière, avant d’en arriver carrément à l’assassinat. Pendant ce temps, les assassins et les pillards ne sont nullement recherchés par la justice algérienne ; et au moment même où les jeunes mozabites sont traduits en justice, la police algérienne encadre une manifestation de Châambas qui battent le bitume sous le slogan « malikia, quwa watania », autrement dit le « malékisme est une force nationale », indiquant clairement que cette marche « nationale » vise une communauté bien précise : les amazighes mozabites qui sont ibadites et non malékites, contrairement aux Châambas qui sont arabes et malékites, comme l’exigent les fameuses « constantes de la Nation algérienne ».


Qu’on le veuille ou non, nous sommes, en Afrique du Nord, confronté à une véritable guerre de civilisation  (Photo/ Amazighs.fr)
Qu’on le veuille ou non, nous sommes, en Afrique du Nord, confronté à une véritable guerre de civilisation (Photo/ Amazighs.fr)
L’État algérien ne cesse de prouver son racisme envers les amazighs, qu’ils soient musulmans, chrétiens, animistes, athées ou laïcs. L’État algérien est en réalité allergique à tout ce qui n’est pas stricto sensu arabe, musulman et "musulman malékite" : un Islam officiel qui s’oriente de plus en plus vers le wahabisme de la péninsule arabique qui, grâce à son pétrole, distille son venin intégriste dans le monde entier, et à plus forte raison dans des contrées dirigées par des individus souffrant du complexe du colonisé comme les dirigeants nord africains qui se veulent arabes, quand ils ne sont en fait que des berbères colonisés.

Ce sont ces derniers, squattant les institutions des Etats bâtis sur l'usurpation des peuples et des territoires qui inculquent à des millions d’individus la haine de soi, le racisme et le mépris envers les peuples authentiques de l’Afrique du Nord : les peuples amazighs.

Il faudra bien un jour se rendre à l'évidence et admettre que le fond du problème est bien là ! Qu’on le veuille ou non, nous sommes, en Afrique du Nord, confronté à une véritable guerre de civilisation et pour être encore plus claire, nous somme confronté à une civilisation arabo-islamique qui tente de supplanter totalement la civilisation amazighe sur son propre territoire.

Le même phénomène est visible à l’œil nu, aussi bien en Algérie, qu’au Maroc, qu’en Lybie et encore plus en Tunisie où les amazighs ne sont même pas évoqués, probablement considérés comme « quantité négligeable », y compris par les pseudos défenseurs de la "diversité", comme M. DELANOE, le Maire de Paris qui se dit fier de la nouvelle Tunisie « arabe et musulmane », comme si cette terre Nord-Africaine, numide, amazighe, était née avec les conquêtes arabo-islamiques.

Mais pour en revenir à l’Etat algérien, il est très intéressant de noter à quel point cet Etat ne réalise même plus l’ampleur de son racisme criant. En effet, même dans des circonstances où il a été clairement établi (comme c’est le cas ici pour les événements de Ghardaia) que l’État algérien est impliqué dans de graves discriminations raciales, ce dernier rencontre des difficultés à maîtriser ses pulsions racistes et discriminatoires envers les amazighs. Il faut dire qu’il est largement encouragé en cela par le silence complice des instances internationales, comme des grandes organisations de soi-disant défense des droits de l’Homme et des peuples, etc.

C’est donc ainsi que le régime algérien se permet aujourd’hui d’interdire aux Mozabites de tenir un rassemblement de soutien à trois jeunes mozabites traduit devant une justice que le monde entier connait comme une justice aux ordres…Et, plus grave encore, au même moment, pendant qu’elle interdit aux Mozabites de protester contre l’arbitraire et l’injustice, elle autorise et encadre elle-même une « manifestation populaire » de Châambas sous le slogan « Malikia, quwa watania », c'est-à-dire « le malékisme est une force nationale », par opposition aux Mozabites dont tout le monde sait qu’ils sont de rite ibadite et donc non malékite…donc non nationale, c'est à dire non algérienne !

Cette manifestation qui, nous a-t-on dit était organisée pour défendre « l’unité de la Nation algérienne », a au contraire apporté la démonstration de l’impossible cohabitation des cultures et des identités quand l’une ne conçoit son existence que par la négation et l’élimination de de l’autre….

Rappelons simplement à ces nouveaux "nationalistes" que l'existence de Ghardaia précède de quelques bons siècles la "Nation algérienne" dont l'existence ne tient qu'à un décret et à un tracé territorial qui ne reflète que la seule volonté de la France coloniale !

zp,
SIWEL




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