Enquête : le racisme, une réalité dont souffrent les étudiants kabyles à Sétif

15/11/2011 - 00:30

SETIF (SIWEL) — Des témoignages d'étudiants kabyles racontent comment le racisme se pratique à l'université de Sétif. Ils ont saisi l'occasion pour tirer la sonnette d'alarme.


Université de Sétif. (PH/DR)
Université de Sétif. (PH/DR)
L'enquête réalisée par Siwel auprès des étudiants kabyles ayant vécu en octobre dernier les événements de la faculté de Gestion qui regroupe le plus nombre d’étudiants Kabyles (4.200), montre que le racisme se pratique non seulement au niveau des étudiants mais aussi de la part des enseignants.

Une rencontre entre les étudiants kabyles avec des représentants du Conseil universitaire MAK-Sétif a permis de rassembler les détails des événements ayant conduit au saccage de la faculté de Gestion.
« Même dans ma salle de TD et de cours, je me sens étranger, loin de mon pays. Le racisme est flagrant ! Nous vivons dans des conditions catastrophiques. Racisme, insécurité, niveau très faible des études, quel avenir pourrais-je avoir avec un cursus universitaire pareil ? » s'interroge I.Ayad, un étudiant originaire d'At Smaïl.

« Au début de l’année, nous voulions faire entendre notre voix aux responsables. Nous étions entrain de finaliser une plate-forme de revendications pour un débrayage. La veille de la grève, aux environs d’une heure du matin, nous avons entendu les cris des étudiantes Kabyles résidentes à la cité Baz 1 située dans le bidonville Chouf Lekdad, connu pour être l'un des plus dangereux quartiers de Sétif. Ces étudiantes criaient aux secours et demandaient de l’aide après avoir été agressées par des individus extérieur à la cité. Suite à quoi, nous nous sommes dépêchés pour les secourir. En arrivant sur les lieux, les agresseurs étaient déjà partis. Le lendemain, nous avons entamé notre grève. Dès la matinée, des étudiants arabophones exigeaient de nous l’arrêt de la grève, en scandant des slogans racistes du genre "retournez dans votre pays pour étudier en français", "enfants de la France"…etc ».

La tension est montée et des affrontements ont éclaté, dit-il. « Il y avait même des personnes extérieures avec des armes blanches qui sont arrivées peu de temps après. Nous avons quitté notre faculté vers la résidence universitaire Débbaghine mais les agresseurs nous ont poursuivis avec des projectiles et des armes blanches. Devant le risque de perdre nos vies, nous avons demandé au vice recteur des bus universitaires pour quitter Sétif. Mais aucune suite n'a été donnée à notre demande malgré les promesses. Alors, nous sommes allés via le transport urbain à la gare routière pour enfin rentrer à Vgayet ».

Karim.M. un autre étudiant de la même faculté confie à Siwel qu’il y a même des enseignants Kabylophobes qui interdisent aux étudiants de parler en Kabyle. « L'une des enseignantes avait dit qu'à sa séance, on ne devait parlez qu'en arabe ou en anglais mais pas de kabyle ».

H.Sofiane a poursuivi qu'« un autre professeur a demandé dans une séance de TD de séparer les rangées entre les Kabyles d'un côté et les non Kabyle de l'autre ». il a ajouté qu'« au moins 40% des enseignants à Sétif sont Kabylophobes ».

Tous les étudiants Kabyles rencontrés ont manifesté leur malaise et leurs inquiétudes quant aux conditions de vie dans leurs cités universitaires, notamment l’insécurité. Les cités comme les campus, sont toujours envahis par des voyous de l’extérieur qui ne trouvent aucune difficulté pour y accéder, nous ont-ils raconté.

Ces étudiants ont également exprimé à Siwel leur souhait de revenir à l'université de Vgayet. « Une université Kabyle où au moins où il y a ni d’anti-kabylisme ni de Kabylophobie car nous voulons étudier en paix », soutient Karim.M.

uz
SIWEL 142230 NOV 11




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