En plein cœur de la Kabylie : les prénoms amazighs interdits par les représentants de l'administration centrale

20/09/2012 - 13:48

TIZI-WEZU(SIWEL) — Dans une déclaration rendue publique, l'Observatoire des droits de l'Homme de Tizi-Wezu a dénoncé la mairie des genêts qui a « encore une fois, interdit un prénom amazigh». Le père d'un enfant, prénommé « Aylan », s'est vu opposer un refus de la part des agents de l'Etat-Civil de Tizi-Wezu aux motifs que ce prénom ne figurait pas dans la liste des prénoms autorisés.


Mairie de Tizi-Wezu. PH/DR
Mairie de Tizi-Wezu. PH/DR
M. Hammami, père du petit Aylan, n'a pas pu inscrire son enfant aux registres des naissances de la ville de Tizi-Wezu parce que le prénom « Aylan » n’existe pas dans la fameuse liste des prénoms autorisés par l'Etat central d'Alger.

Rappelons qu'il ne s'agit pas là d'un cas isolé que l'on pourrait mettre sur le compte du zèle d'un fonctionnaire à la solde d'une administration inique. En juin 2010, la petite Masintha n'avait déjà pas pu être inscrite au registre des naissances durant plus de 8 mois. En mars 2011, et durant plus de 20 mois, la même mairie récidive et persiste dans son refus d'inscrire deux prénoms amazighs «Stera» et «Winrigh» exactement sous le même prétexte que pour Aylan; faisant ainsi des enfants kabyles à prénoms amazighs, les plus jeunes « clandestins » sur la terre-même de leurs ancêtres.

Il est utile de préciser que faute d'inscription à l'Etat-Civil, les enfants ne peuvent disposer d'actes de naissances, ni de fiches familiales. Ils ne peuvent donc pas bénéficier des droits liés à la petite enfance tels que les inscriptions en crèche ou encore les allocations familiales, décourageant ainsi les familles kabyles contraintes à recourir à un mode de garde ou encore dans le besoin de bénéficier d'allocations familiales.

Toujours est-il qu'un bras de fer est aujourd'hui engagé entre les parents du petit Aylan et l'Etat-Civil de Tizi-Wezu puisque le père de l'enfant, n'ayant pas l'intention de se laisser faire, a aussitôt déposé un dossier devant le procureur. Il faut rappeler que les parents de la petite Masintha, avaient recouru au même procédé mais le procureur de Tizi-Wezu leur avait émis un avis défavorable sans pour autant le leur signifier par écrit. Ce procédé avait eu l'avantage de les priver de tout recours juridique puisqu'ils étaient dans l'impossibilité d'apporter la preuve du refus signifié par le procureur.

Enfin, il y a lieu de préciser qu'aucune interdiction n'a jamais été relevée sur les prénoms tels que « Oussama », puisque nombre d'enfants, particulièrement dans les milieux islamistes, portent le prénom du plus sinistre personnage ayant marqué l'histoire du terrorisme international. Et pourtant ,les prénoms de ce genre sont loin d'être interdits, tout comme ceux des dictateurs arabes tels que « Saddam ». En revanche, les prénoms à consonance amazighe sont sournoisement interdits, et ce, dans la capitale-même de la Kabylie du Djurdjura.

zp,
SIWEL 201348 SEP12




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