En dépit de ses mensonges, l’AFP se résigne à reconnaître l’existence du combat de la Kabylie pour son autodétermination.

29/04/2014 - 19:09

ALGER & PARIS (SIWEL) — Bien que l’AFP réduise, encore plus que la presse algérienne, les milliers de marcheurs kabyles ayant répondu à l’appel du MAK, à « environ 2000 personnes », elle a tout de même évoqué, dans une dépêche plutôt grotesque, et visiblement à contrecœur, la formidable marche du peuple kabyle que le MAK a initié pour répondre à la provocation du régime algérien contre des manifestants kabyles pacifiques et pour réaffirmer le droit de la Kabylie à son autodétermination. Exactement, comme pour le déjeuner public du 3 aout 2013, l’AFP n’a pas pu s’empêcher de parler de « Tizi-Ouzou, la ville algérienne de Kabylie », exactement comme elle avait parlé des « algériens de Tizi-Ouzou en Algérie », pour évoquer les non jeuneurs kabyles et cela pour que tout le monde comprenne que cela se passe en Algérie alors que cela se passe exclusivement en Kabylie et nulle part ailleurs en Algérie.


Ainsi si nous devions décortiquer la dépêche de l’AFP, nous nous rendrions compte que sur une information qu’elle n’a pu rapporter qu'à contrecœur, à savoir la marche du peuple kabyle pour son autodétermination et contre la répression, il y a mille et un mensonges et contrevérités :

Premier paragraphe de la dépêche de l’AFP : « Environ 2.000 personnes ont défilé dimanche à Tizi Ouzou, principale ville de la région algérienne de Kabylie, contre la répression de manifestants lors de la célébration le 20 avril du 34e anniversaire du Printemps berbère, selon un correspondant de l'AFP ». Dans ce premier paragraphe, il y a déjà 4 mensonges :

1) Le nombre de « 2000 marcheurs » est drastiquement réducteur, même la presse algérienne, qui est loin d’être pro MAK parle d’au moins 5 mille marcheurs et cela parce qu’ils n’ont pas le choix. D’ailleurs, pour se rendre compte de la marée humaine qui a répondu à l’appel du MAK, il suffit de voir les photos et les vidéos…heureusement, l’information n’est désormais plus du ressort des Etats…sinon, ils auraient annoncé quelques centaines de personnes, comme l’ont d’ailleurs fait certains

2) « Tizi-Ouzou, principale ville algérienne de Kabylie », renvoie au même réflexe pavlovien des « algérien de Tizi-Ouzou en Algérie » parce qu’il faut ancrer dans la tête des gens que la Kabylie c’est l’Algérie. Or, en tout premier lieu l’Algérie est devenue une nation arabo-islamique dans laquelle la Kabylie ne peut absolument pas se reconnaitre. Ensuite, si la Kabylie fait aujourd’hui partie de l’Algérie, cela ne date que de 50 ans, depuis la pseudo indépendance algérienne où l’on est passé du colonialisme au néocolonialisme avec une régence arabo-islamique à Alger, chargée de mater les peuples berbères d’Algérie et d’ailleurs (Kabyle, Touareg et Mozabite, comme on peut le voir concrètement).

3) Les manifestations du 20 avril ne sont pas QUE la célébration du printemps berbère mais bien la célébration d’un double printemps : le printemps berbère de 1980 et le printemps noir de 2001. Il y en a beaucoup, et pas seulement l’AFP d’ailleurs, qui aimerait voir disparaître le printemps noir de toute commémoration et qui évitent soigneusement de le mentionner. OR, la mémoire des jeunes victimes assassinées par la gendarmerie algérienne au cours du printemps noir étaient omniprésents ce 20 avril, comme tous les 20 avril depuis 2001. Omettre de les mentionner, c’est les assassiner une seconde fois.

4) Parler d’un « correspondant de l’AFP », suppose qu’un journaliste de l’AFP était sur place, or cela est un mensonge car si tel avait été le cas, il y aurait eu au moins une photo même avec une légende du genre les « algérien de Tizi-Ouzou en Algérie ». Personne n’a mentionné la présence de correspondant de l’AFP.


Deuxième paragraphe : « "Pour l'autodétermination du peuple kabyle", pouvait-on lire sur l'unique banderole brandie par les manifestants qui ont défilé sur la principale artère de cette ville du centre-nord de l'Algérie, à l'appel du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK, non reconnu), du célèbre chanteur contestataire kabyle Ferhat Mehenni.
A l'origine de leur indignation, la brutalité de la police durant les célébrations du 34e anniversaire du Printemps berbère, le 20 avril à Tizi Ouzou. ». Dans ce paragraphe, il y moins 2 mensonges, dont un qui se répète, comme pour bien s’ancrer dans les esprits.

1) L’unique banderole dont parle l’AFP peut être multipliée par au moins une dizaine de banderoles rien pour le slogan de l’autodétermination de la Kabylie, mais il y avait aussi « Bouteflika n’est pas le président de la Kabylie », « la Kabylie demande le divorce », des dizaines de posters de Ferhat Mehenni, des centaines et des centaines de drapeaux amazighs, dont certains étaient frappés des logos du MAK et du GPK, des pancartes dans lesquelles on pouvait lire : Algérie= gaz + pétrole ; Kabylie= argaz+ tamettut ! (Kabylie= des hommes et des femmes, alors que l’Algérie= gaz et pétrole) etc, etc,

2) célébrations du 34e anniversaire du Printemps berbère, le 20 avril à Tizi Ouzou. Comme ses collègues de la presse algérienne, le régime algérien et la plupart des formations politiques algériennes, y compris les formations kabyles, l’AFP s’évertue à faire OUBLIER le printemps noir et à l’effacer de toute commémoration. Tous sont d’accord pour n’évoquer que le printemps berbère alors que le printemps noir est omniprésent dans la tête et le cœur des kabyles.

Troisième paragraphe : « Des images de l'intervention policière diffusées sur internet ont suscité des réactions indignées dans le pays. On y voit des policiers tabassant sans ménagement des manifestants, traînant au sol l'un d'entre eux, visiblement inconscient. Les policiers impliqués ont été ensuite suspendus, selon le ministre de l'Intérieur Tayeb Belaïzqui qui a évoqué jeudi des "actes isolés" de ces membres des forces de l'ordre. ».

1) « Des images de l'intervention policière diffusées sur internet ont suscité des réactions indignées dans le pays » on n’a vu aucune réaction indignée dans le pays, en dehors des Chaouis dans les Aurès et de la diaspora berbère en France et en Amérique du nord. L’AFP a d’ailleurs été interpellée devant son siège par le Collectif des Amazighs en France et n’a pas daignée le mentionner alors qu’elle parle d’une indignation dans le pays qui n’existe que dans ses colonnes et dans celles d’El Watan.

2) Des images de l'intervention policière diffusées sur internet ont suscité des réactions indignées dans le pays :Et là il s’agit d’un mensonge flagrant dans lequel l’AFP se fait directement complice du régime terroriste algérien dans la mesure où l‘AFP sait très bien que les policiers en question ne sont ni suspendus ni sanctionnés. L’AFP sait également qu’il ne s’agit nullement d’actes isolés, comme l’ont prouvé les contingents entiers de policiers qui ont agressé les Mozabites et les brigades entières de de gendarmes qui ont assassiné des kabyles.

Le quatrième paragraphe : « Une manifestation de soutien aux Kabyles a été organisée jeudi par des associations amazighs des Aurès à Batna (455 km au sud-est d'Alger) parmi lesquelles le Mouvement culturel amazigh dans les Aurès (MCA). ». Et là aussi, l’AFP reprend mots à mot la presse algérienne qui parle du « Mouvement culturel amazigh » qui n’a plus aucune structure organique, exactement comme le MCB (Mouvement culturel Berbère) et les militants chaouis qui ont voulu se porter solidaire des kabyles trépignent de rage de voir que leur solidarité sert à ressusciter les morts pour mieux assassiner les vivants.

Enfin, dans le dernier paragraphe, : « Il y a 34 ans, alors que l'Algérie était encore sous le régime du parti unique, la Kabylie s'était soulevée pour la reconnaissance de l'identité et de la culture berbères. La répression du mouvement avait culminé le 20 avril 1980 quand les forces de l'ordre ont pris d'assaut l'université de Tizi-ouzou, fer de lance de la contestation. Depuis, cette date est commémorée chaque année par des manifestations souvent festives.»
Alors, ici l’AFP revient, dans un discours "pédagogique" pour enfoncer le clou et gommer pour la troisième fois, dans la même dépêche, la commémoration du printemps noir pour ne parler que du printemps amazigh de 1980 et de la répression qui s’était abattue sur l’université, et de conclure que la date du 20 avril est "commémorée chaque année par des manifestations souvent festives", ignorant royalement les 128 victimes de la gendarmerie algérienne alors que le 20 avril 2014, comme les précédents leur sont aussi dédiés…

Et ainsi va l’AFP

zp,
SIWEL 291909 AVR 14




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