Contribution de M. Benarous: "Je plaide non coupable! "

04/06/2015 - 16:48

(SIWEL) — "Je reconnais que parfois, excédé, je vais très loin dans mes propos et que ceux-ci peuvent dépasser parfois ma pensée. Mais j'ai peur pour mon pays, la Kabylie, et je ne peux cacher ce qu’il y a de plus profond au tréfonds de mon cœur, cet amour envers cette Kabylie, terre éternelle de mes aïeux, terre qui a vu naître depuis des millénaires des hommes et des femmes, indomptables, libres et égaux, incapable d'accepter la servitude à laquelle on tente encore aujourd'hui de nous enchaîner au nom d'une fausse nation, une nation préfabriquée dans les salons de l'Elysée, une Nation de pacotille dont l'unique ambition de faire disparaître ma Nation: La nation Kabyle."

Extrait de la contribution de Mohamed Benarous dont voici, ci-après l'integralité.


Contribution de M. Benarous: "Je plaide non coupable!  "
Je souhaite tirer tout au clair avant de changer d’air. En effet, je vais quitter pour quelques semaines ma terre Kabyle pour rejoindre celle du Sahara appartenant à l’Algérie afin de gagner ma croûte et à philosopher...

Certains m’accusent de racisme ou de xénophobie quand d’autres me désignent comme un extrémiste comparable à l’islamiste ou encore de faire l’apologie du colonialisme... NON, je ne suis ni raciste, ni xénophobe et encore moins colonialiste. Je suis l'exacte contraire car le racisme, la xénophobie et le colonialisme c'est bien moi, le kabyle, qui le subit.

Suis-je encore obligé de m’expliquer sur mon engagement envers ma patrie ? Je crois que cela n’est pas nécessaire, mes agissements ne peuvent en être que témoins. Par contre je préfère montrer et dénoncer les blessures, devenant cicatrices ou hémorragie, afin que je puisse, de mon vivant, contempler mes plaines, mes montagnes et ma méditerranée, mutilées et ravagées par le silence, l’inaction et la complaisance, passés et actuels, qui meurtrissent encore aujourd’hui mon peuple en le dénaturant et en ne lui offrant que misères et véritable colonisation.

Je ne veux pas que la terre et la patrie de mes aïeux disparaisse au profit d'une autre crée pour nous asservir et nous déposséder de notre existence millénaire. Je me battrai encore et encore, quitte à paraître parfois excessif, mais je n’abandonnerai ce militantisme que lorsque la décolonisation de la Kabylie sera effective. Cette colonisation qui ne dit pas son nom nous ronge à petit feu, elle nous dévore petit à petit jusqu’à atteindre son objectif final : Effacer définitivement notre Histoire et surtout notre mémoire.

Nous devons, pour nous libérer, nous organiser comme nos aïeux et tirer le meilleur de nos coutumes et traditions et non pas accepter ce qui se passe sous nos yeux, contre notre gré, aujourd’hui en Kabylie. La Kabylie n’a jamais été autant en danger qu’aujourd’hui, même l’opération coloniale « jumelle » n’a pu avoir l’âme et l’esprit ancrées dans les gènes Kabyle, celui de la liberté.

Après avoir énoncé une partie des sentiments qui habitent mon âme et mon cœur de kabyle, je reviens au vif du sujet, celui énoncé en introduction, le moteur de cette réflexion.

Non, non et non, je ne suis ni raciste, ni xénophobe, et la j’insiste car si parfois j’exagère, et je le reconnais, c’est uniquement pour repousser jusqu'aux au dernier retranchements les opposants sans convictions qui, le plus souvent, sont à cours d’arguments. En effet, en dehors de leur slogan " l’Algérie unie et indivisible", aucun argument valable n'est avancé pour apporter la contradiction. Et quoi ? ils voudraient nous uniformiser, nous modeler à l'image de cette Algérie "une et indivisible" qui se nourrit de l'arabisme et de l'islamisme, et si nous refusons de nous dissoudre dans leurs dessins morbides, alors nous sommes des racistes, des xénophobes.

Ce n’est pas le fait de dire que les autres sont différents de nous qui devrait faire de moi, une personne haineuse de l’étranger. Je refuse ce raccourci qui n'est en définitive qu'une nouvelle manière de me museler pour m'obliger à accepter de voir sous mes yeux la Kabylie sommée de renoncer à elle-même, à sa langue, à son identité à sa civilisation pour se fondre dans l'arabité et en cas de refus, les kabyles sont alors taxés de racistes !

Moi, en tant que kabyle, j’aime les Targuis, les Chawis, les Chanouis, les Chinois, les Syriens, les subsahariens et le monde entier mais je les apprécie si, et je dis bien si, ils respect mon pays, ma langue et mon identité. en d'autre terme, en Kabylie, c'est aux autres de s'adapter au pays kabyle et non l'inverse, comme c'est au kabyle de s'adapter au pays targui, au pays cahoui, au pays chenoui, chinois, arabe syrien ou tout autre pays. Il n'y a pas un seul kabyle au monde qui tente d'imposer sa langue, sa culture et son identité à son pays d'accueil, par respect à ce pays d'accueil et dorénavant, nous exigeons, nous aussi la réciprocité. Au respect que nous portons aux autres, nous exigeons, nous aussi que notre patrie soit respectée.

Encore est-il nécessaire de rappeler qu’en Kabylie, il manque de tout, du travail bien sûr et surtout le logement. Alors je me demande comment se fait-il que les migrants étrangers arrivent à s’installer si facilement dans notre pays, la Kabylie, sachant que les kabyles, chez eux, n'ont ni travail, ni logement ? Comment se fait-il que tous ces migrants, arabisants pour la plupart, trouvent travail et logements ?

La preuve en est que je suis moi-même dans l’obligation d’aller par-delà nos frontières pour aller travailler et gagner quelques deniers. Aucun Kabyle ne trouve plaisir à quitter les siens et pourtant, nous sommes obligés, parce que nous ne trouvons ni travail ni logement et pour ne pas "crever de faim", nous sommes obligés de nous exiler alors que toutes sortes de migrants trouvent tout cela chez nous chez nous et occupent les places que nous sommes obligés, nous kabyles, de migrer ailleurs pour les trouver ? est-ce normal ?

Moi j'y vois une volonté bien précise de dépeupler la Kabylie de ses kabyles pour les remplacer par d'autres qui se plieront à l'uniformisation arabo-islamique que l'Etat algérien cherche à nous imposer chez nous en Kabylie, à travers eux, en plus de tout le reste, école, administration, justice, police, gendarmerie, police etc., etc.,

Enfin, je ne pense pas que penser au siens avant de penser aux autres soit du racisme ou de la xénophobie. Un père de famille fera tout pour nourrir ses enfants avant de donner aux autres et voir partir ses enfants, un à un, chez le voisin pour aller manger.

Je me suis aussi permis de caricaturer ces Kabyles Algérianistes, qui activent contre les intérêts collectifs de la Kabylie. Le but est d’ouvrir et de provoquer un débat et pour les faire réagir, en dehors de leurs slogan favori " l'Algérie une et indivisible", il faut pousser le bouchon très loin et aller jusqu'aux limites de la provocation. En quelques mots, je préfère donner un grand coup de pied dans une fourmilière afin de bousculer les consciences et exporter notre combat dans les têtes, bouches et oreilles de tous. Un Kabyle endormi tout comme un Kabyle Algérianiste, sert l’intérêt de l’occupant, sauf que l'Algérianiste lui est carrément nuisible à la Kabylie car si l'endormi, lui dors par définition, l'algérianiste lui agit contre la Kabylie.

De mon point de vue, je considère que "Qui ne dit mot consent". Moi, j'ai décidé de parler et d’écrire pour ne pas être pris entre le marteau Algérien et l’enclume Algérianistes.

Je terminerai par le fait d’avoir été caricaturé comme nostalgique à différentes colonisations, que j’avais comparées d’ailleurs, et que j’aurais insinué que celle subit par la France était la meilleure. De deux choses l'une, ou bien ceux qui me jugent m'ont mal compris, ou bien ils sont de mauvaise foie. Car la colonisation française, si elle a été meilleure que celle que nous subissons aujourd'hui, c'est parce qu'elle était franche et ouverte alors que celle que nous subissons aujourd'hui est sournoise et hypocrite, elle se cache derrière une fausse "fraternité algérienne", totalement fausse et manipulatrice, qui œuvre sans relâche à nous éliminer pendant qu'elle nous abreuve nuit et jour de discours mensonger qui nous enfonce chaque jour un peu plus dans la tombe.

Ainsi, si se dire "Kabyle" est extrémiste, alors je le suis et je l’assume! Le temps de la culpabilisation est terminé. Le temps d’avant est passé, je suis kabyle et je regarde au loin, aux confins de l’horizon, et je vois flotter notre drapeau, bercé par l’hymne National Kabyle chanté par les filles et les fils de la Kabylie de demain. Et demain c'est déjà aujourd'hui, car c'est aujourd'hui que nous le construisons.

M. Benarous,

SIWEL 041648 JUIN 15




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