Contribution - La vallée du Mzab aujourd’hui, la Kabylie demain

12/05/2013 - 15:10

KABYLIE (SIWEL) — Ce qui arrive aux frères mozabites nous arrivera surement si nous ne prenons pas notre destin en mains. La même politique de ségrégation et de colonisation de peuplement est appliquée à la Kabylie depuis de nombreuses années. Leur but est la Kabylie sans kabyles. Nous avons, nous aussi, dans nos villes, des quartiers complètement arabisés, complètement dénaturés. Dans certains endroits de la vile de Tizi-ouzou, de Vgayat ou de Tuvirats, le kabyle n’est plus parlé et notre culture est y moquée et humiliée.


Par: Farid Attoui

Encore une fois les mozabites sont victimes de leur hospitalité et de leur tolérance légendaires. Depuis des dizaines d’années, sous la bénédiction du régime pourri et arabe d’Alger, la vallée du mzab, terre berbère par excellence, s’arabise par petits bouts successifs en y important des populations arabes. Tous les nouveaux logements construits ou les terres distribuées gracieusement sont automatiquement donnés par le pouvoir arabe aux familles arabes qui viennent des régions environnantes. Une politique de ségrégation qui n’a jamais cessé et continue toujours de sévir et de faire d’énormes dégâts. Comme à leur habitude, quand les arabes arrivent sur les terres berbères, ils se comportent comme les maîtres des lieux, comme les conquérants de nouveaux territoires, piétinant la culture et les traditions locales, insultant et humiliant ceux qui étaient déjà là depuis la nuit des temps.

Petit à petit, la colonisation de peuplement donne les résultats escomptés par le régime arabe d’Alger, une forte communauté arabe s’est constituée sur les terres mzab et petit à petit des quartiers entiers se vident de leurs mozabites qui fuient les intimidations, les menaces, les insultes et l’arrogance des nouveaux arrivants.

Peu à peu, Ghardaïa la berbère devient Ghardaïa la bédouine. Ghardaïa la paisible devient Ghardaïa la dégueulasse, tous les vices y sont importés, ils étaient déjà dans les valises des nouveaux conquérants. Dans certaines parties de la vallée du Mzab complètement conquises et arrachées aux mozabites, la délinquance a explosé, les vols et les viols sont devenus la routine, l’incivilité est quotidienne, la culture du moindre effort est la règle, l’irrespect envers la culture locale une habitude, les agressions en pleine rue, les moqueries sur les traditions mozabites et leur langue... Les arabes ne se cachent pas pour casser du mzab. La police est arabe, l’armée est arabe et tout le pouvoir est arabe, de quoi alors peuvent-ils avoir peur ? De personne. Ils savent que leurs frères arabes tiennent le pays. Ils tiennent le pays des berbères. Tout est à eux, rien pour les autres fussent-ils les vrais autochtones. C’est l’Arabe le conquérant face au berbère le soumis et le résigné. Les mozabites rasent les murs, se font très discrets et se recroquevillent sur le bout de terre qui leur reste, ils veulent y vivre dans la tranquillité et en harmonie avec leur culture et avec ce qu’ils sont réellement. Mais les arabes sont insatiables, ils veulent tout, tous ces petits bouts de terres, tous les coins et recoins de la vallée du Mzab, ils veulent les magasins des mozabites, leurs maisons, leurs richesses acquises par le travail et le sacrifice… Ils aspirent même à prendre leurs femmes et leurs filles. C’est la razzia à l’ancienne. Les arabes veulent que la vallée du mzab soit la vallée sans mozabites. Le peuple mozabite, malgré de nombreuses concessions, continue à subir l’enfer et les humiliations quotidiennes.

Les populations arabes, toujours sous la bénédiction et les encouragements de leurs frères arabes détenteurs du pouvoir en Algérie, veulent tout accaparer. C’est l’expansion du territoire arabe ! Il faudrait donc que le mozabite vive dans la peur et la terreur, le seul moyen de le faire partir à jamais. Ils ont jadis déjà expérimenté ces méthodes envers les Berbères Juifs de cette région, le climat de terreur fomenté par les arabes avait poussé vers l’exil de nombreux vrais fils et filles de ce pays. La vallée du Mzab s’était vidée des mozabites juifs, maintenant c’est autour de tous les mozabites de déguerpir. Ils s’attaquent alors sauvagement à leurs familles, agressent leurs filles, incendient leurs maisons et leur magasins, des assassinats, des harcèlements quotidiens…Rien ne les arrête dans leur folie raciste, et si le mozabite ose se plaindre auprès de la police ou de la gendarmerie, ça sera alors la double peine, il sera tabassé deux fois. Un apartheid anti-mzab s’est instauré sur les propres terres des mzab.

A force d’abuser de la passivité et de la tolérance envers les intolérants, on finit pour ne plus être libre chez soi, on finit pour être leur proie et leur prise sur lesquelles ils pourront se défouler à volonté. La passivité face à de tels agresseurs racistes amène souvent la soumission et la servilité. Les mozabites ne sont plus tranquilles chez eux, ne sont plus maîtres chez eux, ils vivent dans la peur quotidienne. C’est la soumission à l’arabe ou le cercueil.

Ce qui arrive aux frères mozabites nous arrivera surement si nous ne prenons pas notre destin en mains. La même politique de ségrégation et de colonisation de peuplement est appliquée à la Kabylie depuis de nombreuses années. Leur but est la Kabylie sans kabyles. Nous avons, nous aussi, dans nos villes, des quartiers complètement arabisés, complètement dénaturés. Dans certains endroits de la vile de Tizi-ouzou, de Vgayat ou de Tuvirats, le kabyle n’est plus parlé et notre culture est y moquée et humiliée. Des femmes en robes kabyles qui osent s’aventurer dans ces zones complètement arabisées sont sifflées et insultées… en arabe. Les agressions, les assassinats, les vols, l’incivilité, la prostitution… sont souvent l’œuvre de personnes ne parlant pas un seul mot de kabyle, mais par contre les agressés et les victimes ne sont que kabyles.

En Kabylie aussi, notre destin et nos affaires ne sont pas entre nos mains, la police est arabe, l’armée est arabe, la gendarmerie est arabe, le wali est arabe, le pouvoir est arabe… animés tous par la même haine profonde de tout ce qui est kabyle. A qui se plaindre si demain nos maisons seront brûlées par ces populations arabes comme dans le mzab ? Qui nous défendra de leur racisme et de leur violence en plein cœur de notre Kabylie ? Qui épargnera à nos filles et à nos femmes leurs agressions, leurs voiles et leurs tchadors ? Qui défendra notre honneur, nos valeurs et notre langue ? Qui défendra nos biens ? Qui protégera nos enfants de leur sauvagerie et de leurs plans macabres ? Personne ne viendra à notre secours, nous serons livrés pieds et poings liés à la fureur arabe, ils feront de nous ce qu’ils voudront, ils nous tueront, nous assassineront, ils cracheront sur nos cadavres, ils violeront nos filles et nos femmes, ils nous chasseront de nos maisons, de nos terres… La police et l’armée ne leur porteront que aide et soutien dans leur sale besogne afin qu’ils nous achèvent complètement et irréversiblement.

Un peuple qui a offert son destin à un autre peuple, se compromet et s’anéantit petit à petit jusqu’à sa disparition complète. Seule notre souveraineté nous préservera du déluge haineux des arabes. Le peuple Kabyle, comme aussi pour le peuple Mzab, a besoin de sa police et de son armée pour le défendre des agressions de nos ennemis très résolus à nous faire disparaître. Seules notre police et notre armée défendront notre honneur, préserveront notre sécurité et nous épargneront la soumission aux autres. La sécurité des kabyles, comme son destin, doit être aux mains des kabyles.

Le temps est l’ennemi de l’illusion et de l’utopisme, l’arabisation et la clochardisation de notre société est déjà fortement entamée, ils avancent vite, il n’est plus possible de perdre d’avantage du temps. Le moment est venu pour bâtir notre souveraineté, notre état, et surtout il est temps enfin de rendre les coups… avant que la Kabylie soit rendue définitivement muette de sa kabylité.

FA



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