« Cette Kabylie qui résiste », une contribution de Kaci MEZAA

19/01/2016 - 10:58

CONTRIBUTION (SIWEL) — "Par le passé, maintes fois accusés d'être berbéristes, kabylistes, régionalistes, indépendantistes et plus récemment, MAKistes par l’Etat algérien, á présent, nous lui précisons que non seulement nous sommes tout cela à la fois mais nous le revendiquons de vive voix pour couper court à ses velléités d'asseoir sur nos Terres millénaires d'Hommes libres l'islamisme et l'arabisme aussi exécrables qu'infâmes l’un comme l’autre".

Extrait de la contribution de Kaci MEZZA dont voici, ci-dessous, l'intégralité


Akbou : Lever du drapeau kabyle sur la place des martyrs du Printemps Noir, à l’occasion de la Journée de la Nation kabyle, le 14 juin 2015
Akbou : Lever du drapeau kabyle sur la place des martyrs du Printemps Noir, à l’occasion de la Journée de la Nation kabyle, le 14 juin 2015
D'année en année, la Kabylie fait parler d'elle en Algérie comme à l'étranger. Elle renoue avec son Histoire millénaire que le régime d'Alger veut étouffer. « Azul », « Assegaz amegaz », « Yennayer 2966 », « 20 avril »… Autant de vocables et de dates naguère méconnus du commun des Kabyles fleurissent aujourd’hui comme des amandiers au printemps ; ils se font connaitre en Kabylie et au-delà… Des prénoms kabyles, sortis des tiroirs de l'histoire et dépoussiérés sont remis au gout du jour malgré les interdictions que les gardiens du temple arabo-musulman tentent d'y opposer, en vain…

Des dates sont commémorées en grandes pompes, les drapeaux kabyle et berbère sont brandis dans les rues, déployés sur les toits des maisons et les façades des bâtiments publics. Ils flottent à présent plus haut dans le ciel immaculé de la Kabylie que les plus hautes cimes du Djurdjura.

Les événements sanglants qui ont jalonné l'histoire récente de la Kabylie ne sont pas de nature à apaiser les esprits mais à rendre la protestation chaque fois plus véhémente, plus déterminée. Et chaque répression, nous impose des dates nouvelles à célébrer dans le fracas des manifestations de masses et nous pousse à multiplier les sorties dans les rues de la Kabylie et d'ailleurs ; l'occasion pour faire flotter le drapeau bleu et jaune, de déployer des slogans à la gloire des Femmes et des Hommes qui ont fait son histoire, de porter le costume traditionnel, de nous retrouver en communion autour d'un idéal partagé contre les forces du mal qui soufflent sur les braises de la haine et de la discorde.

Par le passé, maintes fois accusés d'être berbéristes, kabylistes, régionalistes, indépendantistes et plus récemment, MAKistes par l’Etat algérien, á présent, nous lui précisons que non seulement nous sommes tout cela à la fois mais nous le revendiquons de vive voix pour couper court à ses velléités d'asseoir sur nos Terres millénaires d'Hommes libres l'islamisme et l'arabisme aussi exécrables qu'infâmes l’un comme l’autre.

Ni la constitution rafistolée au gré des évènements adverses ou favorables au régime des Bachaghas, ni le discours des partis politiques de pacotille créés par des terroristes repentis et d’autres délinquants, ni encore les medias anti-kabyles n'arrivent à bout de la protestation en Kabylie. La Kabylie échappe d'une façon irrémédiable à la mainmise de la pensée unique d'Alger qui s’acharne à l’inféoder dans le cadre d'une Algérie arabe et musulmane aux régimes « frères » du Moyen-Orient, honnis dans le monde entier. Toutes les tentatives visant à la museler ou à la domestiquer produisent un effet boomerang et ne font qu'apporter du grain à moudre au moulin de la protestation.

Le militantisme prend des formes diverses et va de la simple prise de position sur les réseaux sociaux jusqu’à la chanson engagée en passant par les associations et les organisations politiques. Chacun contribue selon ses moyens et à sa façon, le tout participant de la conscientisation des masses afin d'ouvrir les yeux a ceux qui croient encore en une Algérie moderne et inclusive, susceptible de renouer avec son passé millénaire et de cesser de s’auto-flageller, chose qui s’avère plus d’un demi-siècle après l’indépendance un conte pour enfants périmé. Que du temps perdu et avec lui, des pans dans notre culture risquent d’être dissouts a jamais dans le magma arabo-musulman.

Notre combat n’est pas simple mais ardu ; et c’est parce qu’il est ardu que nous sommes déterminés à le mener. Des Femmes et des Hommes l’ont payé de leur vie. La liste de ceux qui ont été assassinés, emprisonnés ou exilés est très longues et ne cessent de s’allonger. Pour eux, pour nos enfants, pour notre Kabylie, notre lutte n’aura pas de répit, notre détermination ne flanchera pas, notre volonté restera inébranlable, car notre kabylité nous l’avons dans le sang, elle coule dans nos veines. Nous vaincrons !

Vive la Kabylie libre et souveraine !

Kaci MEZAA


SIWEL 191058 JAN 16



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