Ce soir, JE SUIS FERHAT, par Djaffar Ben.

19/02/2015 - 23:22

Ce soir, j’écoute donc Ferhat, car lui sait provoquer en eux la panique. Il porte toujours en lui les idées révolutionnaires, les pensées insurrectionnelles, l’engagement réfléchi, la bravoure amazighe, l’endurance des suppliciés. Il fait croître en eux un grand sentiment d’anxiété. Grâce à lui, la rumeur imminente d’un soulèvement fait bouillonner leurs neurones ; ils vivent une déconnexion à risques.


Que l'on crie à l'imposture ou que l'on parle de génie, force nous est d'avouer que Bouteflika est passé maître dans l'art de charmer les serpents. Et c'est d'une aisance qui mord le ciel qu'il les lance, Qassaman en fanfare, à l’assaut du peuple le temps d'une immersion dans l'aphasie. Parmi les collabos admis à la première classe dans sa crasse émergent des figures privilégiées d’un type kabyle accentué.

Évidement, ce sont les plus zélés. Vipéreaux hyperactifs. Tellement dévoués au ventre et bas ventre qu’ils se dressent menaçants à chaque attaque le concernant quitte à faire écran de leur âme pour préserver la sienne. Hélas, notre histoire se remplit ainsi de noms qui nous proposent à chaque combat la plus honteuse déposition.

Quelques uns de ces chenapans kabyles ont eu par le passé une promenade suggérée dans la résistance mais, ils avaient d’avance fixé des limites à leur effort, rejetant le risque d’hypothéquer quelques profits.

À l’heure du Daesh ; à l’heure d’un Madani Mezrag qui se targue sans nulle crainte d’être inquiété d’avoir assassiné des algériens ; à l’heure d’un Hamadache qui promet l’instauration prochaine d’un État islamique tout en se refusant le respect de l’hymne national sur le plateau d’une télévision contrôlée par Bouteflika, l’urgence est d’agir afin de sauvegarder ce que l’ancêtre nous à légué.

Les destins s’empoignent et chez nous le pouls de l’histoire bat encore magnanime avec la vermine solidaire de l’appétence tarée des renégats. À Dieu vat, aurais-je dit si j’étais un gentil résigné aux seuls textes sacrés, laissant par affaissement moral la lumière des belles intentions asphyxiées et cédées à l’éternel... C’est là, la dédaigneuse mise au point mort du courage et du combat. Je suis d’une autre conviction.

Ce soir, j’écoute donc Ferhat, car lui sait provoquer en eux la panique. Il porte toujours en lui les idées révolutionnaires, les pensées insurrectionnelles, l’engagement réfléchi, la bravoure amazighe, l’endurance des suppliciés. Il fait croître en eux un grand sentiment d’anxiété. Grâce à lui, la rumeur imminente d’un soulèvement fait bouillonner leurs neurones ; ils vivent une déconnexion à risques.

19/02/2015 - 17:23
Djaffar Ben.

PS. Comme à chaque fois que je cite Ferhat, je m’attends de lire ces lâches qui vont encore se couvrir de faux comptes pour lancer contre moi leur arme favorite : la rumeur.



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