Brahim Merad : en pleine session de l’APW de Tizi-Ouzou, il cite nommément le MAK comme «un ennemi à abattre»

01/04/2016 - 11:57

TIZI-OUZOU (SIWEL) — La haine viscérale que nourrit le nommé Brahim Merad à la liberté naturelle du peuple kabyle n’est un secret pour personne, tout comme son «obsession» du MAK.

Anti-kabyle viscéral, exerçant les fonctions de premier commis de l’Etat algérien à Tizi-Ouzou, Brahim Merad a profité de la session de l’APW (30 & 31 mars 2016) pour déverser son fiel contre le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) qu’il a accusé d’avoir « reçu une mission de l’étranger pour diviser le pays et porter atteinte à l’unité nationale algérienne »…

Dans ses attaques au vitriol contre la nation kabyle, ses défenseurs et ses représentants légitimes, le préfet Brahim Merad en est même arrivé à reprocher aux deux partis à base kabyle, le Front des Forces Socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) de nourrir «probablement» de la «sympathie»… pour le MAK (sic !)


Au village de Tizit, pour l’enterrement de Taleb Rabeh, le préfet Brahim Merad (au milieu avec les lunettes de soleil), ne pardonne pas au MAK de l’avoir obligé à faire passer sous les drapeaux de la Kabylie et de Tamazgha sa délégation d’officiels composée de l’arabiste Mihoubi, faisant office de ministre de la culture, et du bachagha Ould Ali, faisant office de ministre de la jeunesse et des sport    (PH/MAK)
Au village de Tizit, pour l’enterrement de Taleb Rabeh, le préfet Brahim Merad (au milieu avec les lunettes de soleil), ne pardonne pas au MAK de l’avoir obligé à faire passer sous les drapeaux de la Kabylie et de Tamazgha sa délégation d’officiels composée de l’arabiste Mihoubi, faisant office de ministre de la culture, et du bachagha Ould Ali, faisant office de ministre de la jeunesse et des sport (PH/MAK)
Voilà des « soupçons de sympathie » pour le moins surprenants quand le FFS et le RCD ne cessent de multiplier les déclarations d’hostilité envers le MAK, la dernière en date émanant du président « officiel » du RCD qui n’a rien trouvé de mieux à dire que de qualifier le MAK « d’extrémistes », de « Moutataghifines » plus précisément et ce, dans une ITW en langue arabe accordée de surcroît à une télévision panarabiste…

Mais les déclarations de Mohcine Bellabas ne semblent pas suffire à satisfaire le wali qui en demande apparemment encore plus. Une élue du RCD se distingua néanmoins, Lila Hadj-Arab en l’occurrence. Cette élue du RCD a répondu au préfet Merad en ces propos : « Le MAK est un mouvement pacifiste et en tant que tel, il a le droit de mener ses activités. Moi, le MAK ne me dérange pas ! Ce qui me dérange en revanche, ce sont les projets de développement destinés à la Kabylie que bloque le pouvoir algérien qui me dérangent. Pourquoi donc le gel des projets structurants ? Qu’est-ce qui justifie ce gel ? (…) »

Du côté du FFS, c’est le Dr. Begriche qui se distingue en déclarant à son tour : «Même si au FFS, nous ne nous inscrivons pas dans la démarche du MAK, je tiens à observer toutefois que le pouvoir ne met pas au même pied d’égalité les citoyens de la Kabylie avec les citoyens des autres régions du pays. Pourquoi donc, tamazight ne jouit pas des mêmes avantages que l’arabe ? Pourquoi est-ce que notre région a toujours été le souffre-douleur de ce pouvoir ?... »

Rosa Habachi, députée du RND, le parti du KDS Ahmed Ouyehia, a lu quant à elle une «déclaration de soutien» au wali et à la gloire de l’Etat algérien et de ses forces armées et de l'unité de la "nation" …

Le MAK est devenu une véritable obsession pour Brahim Merad. Depuis son intronisation au poste de préfet (Wali) de Tizi-Ouzou, Merad ne cesse de subir les humiliations que lui inflige le Mouvement souverainiste kabyle : obligé de rebrousser chemin à l'enterrement d'Ait-Ahmed; impossibilité d'inaugurer officiellement une stèle à Illulen Umalu; obliger de passer sous une banderole en kabyle et les drapeaux flottants aux vents de la Kabylie et de Tamazgha pour accéder au village de Tizit et à l'enterrement de Taleb Rabah.

Le préfet Brahim Merad ne pardonne pas non plus au MAK la réussite de son Congrès à At-Zellal, malgré tous les efforts du préfet et des responsables locaux de la police et de la gendarmerie algérienne pour les en empêcher. Cet échec a valu à tous des blâmes et des sanctions. Le préfet Merad veut se rattraper au yeux de Bachir Tartag, il a promis "lui aussi" de se débarrasser du MAK, ce 20 avril 2016...

st/zp/wbw
SIWEL 011157 AVR 16

Le Bachagha Ould Ali Lhadi, le wali Brahim Merad et Mihoubi, le ministre algérien de la culture arabo-islamique, à l'entrée du village de Tizit, sous les drapeaux de la Kabylie et de Tamazgha Fédérale (PH originale / MAK)
Le Bachagha Ould Ali Lhadi, le wali Brahim Merad et Mihoubi, le ministre algérien de la culture arabo-islamique, à l'entrée du village de Tizit, sous les drapeaux de la Kabylie et de Tamazgha Fédérale (PH originale / MAK)



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